Développement d'un usage compulsif de cocaïne : étude du rôle du cortex prélimbique au moyen d'un modèle animal reproduisant les critères de l'addiction chez l'homme.

par Dana Conlisk

Projet de thèse en Neurosciences

Sous la direction de Véronique Deroche-Gamonet.

Thèses en préparation à Bordeaux , dans le cadre de École doctorale Sciences de la vie et de la santé (Bordeaux) , en partenariat avec Piazza (laboratoire) et de Physiopathologie de l'addiction et des mémoires traumatiques (equipe de recherche) depuis le 13-11-2018 .


  • Résumé

    L'addiction se caractérise par un comportement inadapté de prise de drogue, maintenu malgré ses conséquences néfastes. Il s'agit d'une pathologie chronique, les tentatives de sevrage sont infructueuses, dans la majorité des cas. Pour la cocaïne, les solutions thérapeutiques font totalement défaut. Il est décisif d'accroître nos connaissances sur les mécanismes neurobiologiques qui sous-tendent la pathologie. Les études cliniques et précliniques suggèrent que l'addiction pourrait résulter d'un déséquilibre entre les circuits cortico-sous-corticaux qui gèrent la motivation pour la drogue et ceux qui gèrent le contrôle cognitif inhibiteur. Dans ce contexte, un rôle croissant est attribué au cortex prélimbique (PL). Cependant, jusque récemment, des données contradictoires identifiaient une influence facilitatrice ou inhibitrice du PL dans le comportement de recherche de cocaïne. Pour la première fois, nous avons démontré que, chez le même individu, le PL peut faciliter ou inhiber la recherche de cocaïne, selon les contingences expérimentales (Martin-Garcia et al., Neuropsychopharmacology, 2014). Les travaux sur ce rôle paradoxal du PL ont porté pour l'instant sur un usage contrôlé de cocaïne. Notre objectif est d'étudier comment cette contribution du PL à la recherche de cocaïne évolue avec le développement d'une addiction, à savoir la transition d'une prise contrôlée à une prise compulsive de drogue, qui ne se développe effectivement que chez 15 à 20% des usagers. Dans ce but, nous utilisons le premier modèle animal multi-symptomatique d'addiction à la cocaïne développé par notre équipe (Deroche-Gamonet et al., Science, 2004). Ce modèle permet de mettre en évidence, de façon unique, après usage prolongé, une perte de contrôle sur l'autoadministration intraveineuse de cocaïne chez environ 20% des individus. Nous combinons ce modèle comportemental avec des techniques de pointe de psychologie expérimentale (basées sur l'étude des différences interindividuelles) et d'étude des circuits neuronaux (optogénétique et électrophysiologie sur animal se comportant).

  • Titre traduit

    Transition to compulsive cocaine seeking: study of the role of the prelimbic cortex using a DSM-based animal model.


  • Résumé

    Drug addiction is characterized by pathological drug seeking and taking, maintained despite their negative consequences. This is a chronic pathology, withdrawal attempts being unsuccessful in most cases. Regarding cocaine, therapeutic options are totally lacking, which could be explained by the relatively poor understanding of the neurobiological mechanisms underlying the pathology, to date. Clinical and preclinical studies propose that addiction results from an imbalance between the cortical-subcortical circuits that process motivational value of drug-related stimuli versus those involved in cognitive inhibitory control. In this context, a growing role is attributed to the prelimbic cortex (PL). However, until recently, contradictory data identified either a facilitatory or an inhibitory influence of the PL on cocaine seeking. For the first time, we have evidenced that the PL can have a dual role, i.e. promoting and refraining cocaine seeking in the same individual, depending on the experimental contingencies (Martin-Garcia et al., Neuropsychopharmacology, 2014). For the moment, the work on this paradoxical role of PL concerned controlled use of cocaine. Now, our goal is to study how this contribution of the PL to cocaine seeking evolves as cocaine use transits from controlled to compulsive, with the development of cocaine addiction, which eventually occurs only in about 15 to 20 % of habitual users. We use the first multi-symptomatic animal model of cocaine addiction that was developed by our team (Deroche-Gamonet et al., Science, 2004). This model uniquely allows evidencing loss of control over cocaine seeking and taking after protracted cocaine self-administration and in about 20% of individuals. We combine this model with complementary advanced techniques of experimental psychology (based on the study of individual vulnerabilities) and for the study of neural circuits (optogenetics and electrophysiology on animal behaving), to eventually increase our knowledge on the role of the PL in loss of control over cocaine seeking.