Profilage métabolique et immunitaire aux différents stades de la carcinogenèse cutanée

par Pauline Michon

Projet de thèse en Biologie Cellulaire et Physiopathologie

Sous la direction de Hamid-Reza Rezvani.

Thèses en préparation à Bordeaux , dans le cadre de École doctorale Sciences de la vie et de la santé (Bordeaux) , en partenariat avec Taieb (laboratoire) et de Dermathologie (equipe de recherche) depuis le 12-11-2018 .


  • Résumé

    Les cancers cutanés se développent dans leur grande majorité à partir des kératinocytes (carcinomes basocellulaires ou spinocellulaires) ou des mélanocytes (mélanomes). Le carcinome basocellulaire (BCC ; 75% des cas) est rarement fatal, mais son agressivité locale peut être dévastatrice. Le carcinome spinocellulaire cutané (cSCC) représente 20% de cas dont certains mortels. En Europe, l'augmentation annuelle de la fréquence du cancer cutané est de 5 à 7%, ce qui est principalement imputable à la surexposition aux UV. Ces données montrent bien la nécessité urgente d'améliorer les mesures de prévention et de protection des cancers de la peau ainsi que le développement de nouveaux biomarqueurs pronostiques et diagnostiques pour les cancers cutanés. Des anomalies génétiques ont été identifiées au cours de la dernière décennie et on pensait qu'elles pouvaient être utilisées comme biomarqueurs. Cependant, malgré l'identification de certaines mutations spécifiques dans TP53, les récepteurs NOTCH et RAS, les efforts pour caractériser le paysage génétique de cSCC ont été entravés par le bruit de fond très élevé des mutations associées aux dommages induits par les UV, qui peuvent être de 5 à 15 fois plus nombreuses que pour les tumeurs non cutanées. Par conséquent, la recherche de nouveaux biomarqueurs pour les différentes étapes de la carcinogenèse cutanée devient une étape cruciale vers le développement d'outils de prise de décision clinique qui pourraient potentiellement prédire le devenir de chaque lésion. En résumé, des biomarqueurs prédictifs de différentes étapes de la carcinogenèse cutanée et des stratégies thérapeutiques à proposer pour chaque étape restent à identifier. De nombreuses études démontrent l'importance du remodelage des voies du métabolisme énergétique et du système immunitaire pour la progression des tumeurs, mais peu d'informations sont disponibles concernant leur implication dans les étapes précoces d'initiation du cancer. Nous allons donc déterminer si les altérations métaboliques et immunitaires au niveau de la peau à différents stades de carcinogenèse peuvent être utilisées pour développer des biomarqueurs cliniques spécifiques.

  • Titre traduit

    Metabolic and immune profiling at different stages of skin carcinogenesis


  • Résumé

    Skin cancers are the most common cancers worldwide. The incidence of common skin cancers, including basal cell carcinomas (BCCs), squamous cell carcinoma (SCC) and melanomas, continues to rise by 5 to 7% per year, mainly due to ultraviolet (UV) exposure and partly because of increased longevity in general population and immunosuppressive medication. On a yearly basis skin cancer incidence is higher than the combined incidence of breast, prostate, lung and colon cancers, with a huge economic impact. This data suggests an urgent necessity to improve the level of prevention and protection for skin cancers as well as developing new prognostic and diagnostic biomarkers of skin cancers. Cutaneous SCC (cSCC) typically manifests as a spectrum of progressively advanced malignancies, ranging from a precursor actinic keratosis (AK) to cSCC in situ, invasive cSCC and finally metastatic cSCC. Genetic aberrations have been identified in the past decade and were thought to have potential utility as biomarkers. However, despite the identification of some specific mutations in TP53, NOTCH receptors and RAS, efforts to characterize the genetic landscape of cSCC have been hampered by very high background mutation rates associated with UV damage, which can be 5 to 15 times greater than what is found for non-cutaneous tumors. Therefore, determination of other biomarkers for different stages of skin carcinogenesis is becoming a critical step toward developing clinical decision-making tools that can potentially predict the fate of each lesion. We plan to determine whether the metabolic and immune profile of skin at different stages of carcinogenesis can be used to develop specific clinically-oriented biomarkers.