Du roman au texte bref : l'appréhension du temps dans l'oeuvre de Michel Tournier

par Mathilde Bataillé

Thèse de doctorat en Littératures française et francophone

Sous la direction de Arlette Bouloumié.

Thèses en préparation à Angers , dans le cadre de École doctorale Sociétés, Cultures, Echanges (SCE) (Angers) depuis le 04-11-2005 .


  • Résumé

    Dans ses essais ou lors d'entretiens, Michel Tournier oppose souvent deux manières d'appréhender le temps à travers les concepts de « primaire » et de « secondaire », empruntés à la caractérologie. Pour Tournier, les « primaires » n'éprouvent ni regret ni angoisse de l'avenir, et vivent au présent. Les « secondaires », au contraire, gardent un pied dans le passé et redoutent l'inconnu. Ces deux modes d'appréhension du temps, affirme Tournier, se retrouvent en littérature, aussi bien dans la conception du temps qui ressort de la lecture des textes d'un auteur que dans sa mise en œuvre esthétique. C'est à cette vision du temps – qui suppose également de préciser les différentes acceptions du mot dans l'œuvre de l'auteur – que s'attache la présente étude. L'hypothèse défendue est que l'œuvre de Tournier témoigne d'une évolution de la perception du temps et qu'à travers elle, l'auteur apparaît comme un « secondaire » cherchant à se rapprocher d'un idéal « primaire ». Par ailleurs, si l'œuvre de Tournier évolue des grands romans mythologiques – Vendredi ou les limbes du Pacifique (1967), Le Roi des Aulnes (1970), Les Météores (1975) – vers des formes brèves – contes et nouvelles (Le Coq de bruyère, 1978 ; Le Médianoche amoureux, 1989), courts romans (Gaspard, Melchior et Balthazar, 1980), recueils de textes brefs non-fictionnels (Petites proses, 1986, Célébrations, 1999, Journal extime, 2002) –, l'idée soutenue est que cette évolution générique, mais plus largement esthétique, épouse un changement de perception, et qu'il existe, chez Tournier, une configuration du temps propre à chacun de ces genres. Pour le montrer, cette étude adopte une double approche chronologique et générique, qui permet de mettre en valeur l'existence de plusieurs périodes dans l'œuvre de Tournier, malgré sa grande unité, qui repose notamment sur la convocation d'un même imaginaire.


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