Développement d'un cadre conceptuel et d'un indicateur associé pour la prise en compte de la « dissipation des ressources abiotiques non-énergétiques» en Analyse du Cycle de Vie

par Alexandre Charpentier Poncelet

Projet de thèse en Génie des Procédés

Sous la direction de Guido W. Sonnemann et de Bertrand Laratte.

Thèses en préparation à Bordeaux , dans le cadre de École doctorale des sciences chimiques , en partenariat avec Institut des Sciences Moléculaires (laboratoire) et de Analyse du Cycle de Vie et Chimie Durable (CyVi) (equipe de recherche) depuis le 07-11-2018 .


  • Résumé

    Dans un contexte de développement de l'économie circulaire et de politiques visant à améliorer la productivité des ressources, l'analyse du cycle de vie (ACV) joue un rôle majeur dans les décisions industrielles et institutionnelles. Néanmoins, les méthodes actuelles d'évaluation des dommages causés par la consommation des ressources sur l'aire de protection « ressources naturelles » souffrent d'un manque de consensus et de contenu sémantique qui prive la plupart des études ACV de critères de décision utilisables, en particulier pour l'éco-conception. Ainsi, la déplétion, qui suppose qu'une fois la ressource extraite de la croûte terrestre, elle est considérée comme épuisée, est actuellement l'impact le plus courant pris en compte. Cependant, les ressources abiotiques se retrouvent dans le système anthropique sous forme de stock et peuvent être disponibles pour des utilisations futures. Elles ne sont donc pas « épuisées » après avoir été extraites, mais seulement du fait de pertes dissipatives qui les rend inutilisables. L'objet de la thèse, en lien, est donc de développer un cadre conceptuel et un indicateur associé pour la prise en compte de la « dissipation des ressources abiotiques non-énergétiques » en ACV. La recherche devra en premier lieu trouver les moyens de comptabiliser à toutes les étapes du cycle de vie la « dissipation » de la ressource (pertes en production, en utilisation, en corrosion, pertes de fonctionnalité en recyclage, etc.). En second lieu il faudra explorer les limites physiques-chimiques, incluant thermodynamiques, au-delà desquelles la ressource sera définitivement perdue sous forme d'émissions ou de stockage « final », tant en stérile minier qu'en décharge de produits en fin de vie. Il s'agira donc de définir une méthode d'évaluation d'impact non plus basé sur la déplétion mais sur la dissipation afin de distinguer les minéraux dissipés et les minéraux recyclés et maintenu dans l'économie circulaire.

  • Titre traduit

    Development of a conceptual frame and its associated indicator taking into account the dissipation of abiotic, non-energetic resources in Life Cycle Assessment


  • Résumé

    In a context of the development of circular economy and of politics aiming for an increase of the productivity of resources, life cycle analysis (LCA) plays a crucial role in industrial and institutional decisionmaking. However, actual methods for the assessment of resource consumption's environmental impacts in the "natural resources" area of protection are lacking semantic content, and struggles to reach a consensus within LCA actors. This limits most LCA studies from establishing usable criteria for decisionmaking, especially for ecoconception. As of now, depletion, which considers that extracted resources from earth crust are exhausted, is the most used criterion in impact assessment. This method, however, omits to take into account abiotic resources stocked within the anthropic system which are potentially still available for future uses. These resources are not exhausted after their extraction, but are solely unavailable if dissipative loss renders them unusable. The goal of this thesis, in link with this matter, is to develop a conceptual frame and an associated indicator in order to take into the account the dissipation of abiotic, non energetic resources in LCA. Firstly, research will aim at evaluating the most appropriate ways to assess the resource's "dissipation" (through production, use, corrosion, loss of functionality after recycling, etc.). Secondly, it will be necessary to explore the resource's physicochemical limits, including thermodynamic limits, above which it will be permanently lost as emissions or under final stock forms, for instance as mine tailing or in end-of-life products' discharge. In short, a dissipation-based method will be defined in order to distinguish dissipated from recycled abiotic resources, since the recycled part remains within circular economy.