Une histoire d'une jeunesse des marges. Mobilisations sociales et accueil informel des MNA en Europe.

par Julien Long

Projet de thèse en Histoire

Thèses en préparation à Nantes , dans le cadre de STT - Sociétés, Temps, Territoires (Nantes) , en partenariat avec Energie Collective (association) depuis le 16-10-2018 .


  • Résumé

    Depuis 2014 l’Union Européenne connait un accroissement du nombre de Mineurs Non Accompagnés (MNA). Leur nombre croissant et le contexte général du durcissement des politiques migratoires en Europe posent la question de l’accueil au sein des métropoles. Entre protection de l’enfance et politiques migratoires, les dynamiques officielles d’accueil des MNA participent à une logique institutionnelle du soupçon, une obsession de la fraude et un effacement éducatif. Cette crise de l’accueil structure ainsi des répertoires d’actions militants et une configuration locale particulière de l’espace de la cause des étrangers. Cela se traduit notamment par l’occupation de lieux dans une dynamique assistancielle et contestataire qui répondent aux carences de la chaine d’intervention sociale de l’Etat et visibilise la vulnérabilité de ces mineurs. Quelles expériences de l’attente sont vécues par les jeunes migrants dans cette configuration particulière ? Quels modes de sociabilité de cette jeunesse vivant sur les marges des villes ? Quels rapports aux politiques et quels engagements sur l’espace de la cause ? Quels freins et résistances dans l’interaction avec les militants solidaires ? Dynamique pluridisciplinaire (histoire contemporaine et sociologie), nous questionnons cette histoire de la jeunesse en exil en Europe (Paris, Nantes, Londres et Bruxelles) exclue des dispositifs institutionnels de prise en charge. Nous avons choisi de nous décentrer de l’approche uniquement migratoire, pour questionner particulièrement, à travers une sociologie de la jeunesse et des mouvements sociaux, les conditions particulières de vie de cette nouvelle jeunesse des marges de nos villes.


  • Résumé

    Since 2014, the European Union has known an increase in Undocumented and Unaccompanied Minors (UM). Although their arrival is not recent, the increase rises the question of UM hosting in large cities in the general context of European immigration laws getting stricter. The official dynamics at work in welcoming UM, operating under both child protection and immigration laws, contribute to the institutional logic of suspicion and to an obsession with fraud, to the detriment of education [Bricaud & Thibaudeau, 2017]. This derogatory child protection system is more and more delegated to community-based operators [d’Halluin, 2012], thus favouring exclusion and administrative assessment of isolated teenagers going through various social obstacles. Such a crisis in welcoming perspectives gives structure to activist mobilisations repertoires [Tilly, 1995] and specifically local spatial layouts of the migrants' cause [Bereni, 2012]. In particular, this translates into takeovers (in squats, camps, streets) motivated by aid and contestation dynamics [Combes et al., 2016], creating informal waiting territories [Vidal & Musset, 2016] that complete the gradual disengagements of social intervention policies [Bouillon, 2009] and make the minors' vulnerableness more apparent. Our research deals with the question of the physical space as the main framework underlying social mobilisations [Nichols, 2007]. How are these marginal spaces created and organised in European cities ? How do young migrants experience waiting times in their configuration? Are there differences between countries? How do these young migrants experience sociability ? What are their political commitments and their relationship with social policies ? What curbs or strengthens their relationships with activists ? Following an interdisciplinary approach uniting contemporary history and sociology, we seek to question the short history of a youth excluded from institutional child protection mechanisms in Europe (Paris, Nantes, London, Brussels). Bearing in mind relevant socio-historical analyses, as well as youth sociology and social movements studies, we have chosen to shift our focus from a purely migratory approach to the particular living standards of this new subset of marginal city youth.