La trajectoire des Grandes Maisons de Commerce Protestantes bordelaises, 1848-1973

par Joel Francois

Projet de thèse en Histoire moderne et contemporaine

Sous la direction de Christophe Bouneau.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Centre d'études des mondes moderne et contemporain (Pessac, Gironde) (equipe de recherche) depuis le 21-10-2018 .


  • Résumé

    Sans pour autant négliger des approches sociologiques qui peuvent être explicatives, cette recherche a d’abord vocation à s’inscrire dans le champ de l’Histoire d’entreprise ; les Grandes Maisons de Commerce protestantes bordelaises pouvant, de par leur forte homogénéité, être considérées comme constituant un groupe stratégique, la recherche porte donc prioritairement sur la trajectoire de ce groupe stratégique et du système économique qu’il a contribué à constituer et dans lequel il s’intègre. La première borne chronologique, 1848, marque à cet égard l’affirmation d’un modèle économique qui contient en germes sa forme définitive ; la seconde, 1973, correspond à l’affaire des Vins de Bordeaux, qui constitue un des marqueurs de sa disparition. La recherche s’attache d’abord à reconstituer la genèse de ce modèle, d’une part en l’inscrivant dans le cadre d’une filière vitivinicole européenne constituée autour de pôles portuaires marchands et de communautés interportuaires structurées autour de liens forts, la référence confessionnelle étant alors interrogée dans sa dimension explicative et déterminante, et d’autre part, et s’agissant plus spécifiquement de la filière vitivinicole bordelaise, en mettant en évidence le rôle central, moteur et structurant du négoce d’élevage. Elle s’attache ensuite, dans une démarche relevant de l’audit stratégique, à décrire et analyser l’organisation et le fonctionnement du modèle, l’analyse portant, d’une part sur les caractéristiques communes à ces entreprises, d’autre part sur les stratégies collectives mises en place par le groupe stratégique, constituant autant de facteurs clés de succès qui lui ont permis de surmonter les crises qui ont impacté la filière dans la deuxième moitié du XIXème siècle. Elle s’attache enfin, dans une démarche donnant toute sa place au contingent, à en reconstituer le déclin, les origines de celui-ci étant recherchées, d’une part, et certes, dans des « aléas » successifs de court terme, politiques et de marchés, qui, durant la première moitié du XXème siècle, fragilisent le groupe stratégique, mais d’autre part, et surtout, dans une redistribution des rôles et des fonctions à l’intérieur de la filière vitivinicole bordelaise se traduisant sur le long terme par la délégitimisation puis in fine la disparition du traditionnel négoce d’élevage, et dans l’incapacité du groupe stratégique, incapacité dont il faut rechercher les causes


  • Résumé

    Although considering sociological approaches, this research is nevertheless expressly and essentially dedicated to be part of the field of Business History: because of their very homogeneity, the Protestant Bordeaux Major Business Companies can be considered as constituting a strategic group, and therefore the research focuses on the trajectory of this strategic group and the economic system that it has contributed to and in which it fits. To this regard, the first chronological marker, 1848, points the affirmation of an economic model which contains in its germs its definitive form, and the second, 1973, corresponds to what is called the « affaire des Vins de Bordeaux », which can be considered as one of the markers of its collapse. At first, the research focuses on the genesis of this model, on the one hand by inscribing it within an European wine sector constituted around merchant port poles and inter-port communities structured around strong links, confessional reference being then questioned in its explanatory and determining dimension, and on the other hand, and more specifically in the Bordeaux wine industry, by pointing and highlighting the central and structuring role of business houses in making wines, wine-blending and wine-ageing. At first, the research focuses on the genesis of this model, on the one hand by inscribing it within an European wine sector constituted around merchant port poles and inter-port communities structured around strong links, confessional reference being then questioned in its explanatory and determining dimension, and on the other hand, and more specifically in the Bordeaux wine industry, by pointing and highlighting the central and structuring role of business houses in making wines, wine-blending and wine-ageing. Next, in a strategic auditing approach, it focuses on describing the organization and operating patterns of the model, analyzing, on the one hand, the characteristics common to these companies, and, on the other hand, the collective strategies put in place by the strategic group, constituting the key factors of success that enabled it to overcome the crises that impacted the sector in the middle of the nineteenth century and contributed to what is called the ”âge d’or” (1860-1873) of the Bordeaux wine business. Lastly, in an approach that gives its full place to contingency, the research attempts to describe its decline, the origins of which are sought, on the one hand in successive random short-term political and market “aleas”, which, during the first half of the twentieth century, weaken the strategic group, and on the other hand, and above all, in a long term redistribution of roles and functions within the wine business in Bordeaux resulting in the delegitimization and ultimately the disappearance of it traditional function of wine-makers, and in the incapacity of the strategic group, an incapacity whose endogenous causes must be sought, to proceed the mutations made indispensable by this major change in its environment.