Les fausses couches, leurs impacts pour la mère et sa famille

par Agnes Segura (Pellissier)

Projet de thèse en Psychologie

Sous la direction de Denis Mellier et de Sylvie Nezelof.

Thèses en préparation à Bourgogne Franche-Comté , dans le cadre de École doctorale Sociétés, Espaces, Pratiques, Temps (Dijon ; Besançon ; 2017-....) , en partenariat avec Laboratoire de Psychologie (laboratoire) depuis le 01-10-2016 .


  • Résumé

    Problématique. Les fausses couches précoces représentent en moyenne 12 à 24 % des grossesses (Carter et ali, 2007). C'est un événement fréquent en médecine, banal, mais qui reste pour autant difficile à vivre pour les femmes et couples concernés, sans que son impact soit bien étudié, notamment lors de la venue d'un nouvel enfant. Du point de vue psychologique, le vécu de fausse couche est classiquement considéré comme une perte périnatale (Wallerstedt, Higgins, 1996), mais n'est-ce pas aussi l'indice d'une perte de l'enfant à venir, d'une potentialité créatrice pour la femme, d'une possibilité de devenir parent et de « faire famille » ? Comment va être vécu dans ce contexte une nouvelle grossesse ? Comment envisager les effets de ce vécu sur l'accueil du bébé ? État de l'art. Différentes études ont mis en évidence des perturbations psychologiques importantes suite à des fausses couches précoces (Friedman, 1989 ; Lee, 1996 ; Lamb, 2002 ; Swanson, 2003). L'étude récente de Séjournée, Callahan et Chabrol (2009, 2011) sur une population tout venant confirme que cet événement n'est pas anodin mais qu'il est très différemment vécu selon le type de fausse couche et selon l'histoire singulière de chaque femme. Des affects de honte, une anxiété (Athey, Spielvogel 2000), des symptômes dépressifs (Lok, Neugebauer, 2007) et un état de stress post-traumatique pourraient apparaître et contaminer une nouvelle grossesse. Par ailleurs plusieurs études sur le « deuil périnatal », montrent aussi l'impact négatif de ce deuil sur le devenir d'une nouvelle grossesse (Rousseau, 1995 ; Nezelof, 2006, 2010 ; Soubieux, 2013). Très récemment (De Wailly, 2015) une étude illustre la difficulté que peut avoir une mère de « faire le deuil » d'une situation où le bébé n'est pas encore perçu comme un être séparé d'elle. La double prise en compte de la dimension corporelle de la grossesse de la mère (son image du corps) et de sa situation intersubjective (ses liens avec le père de l'enfant et ses propres parents) s'avère ainsi nécessaire. L'impact des fausses couches pourra alors être plus facilement approché lors de fausses couches à répétition. L'hypothèse. Le vécu des fausses couches à répétition implique l'image du corps de la mère et ses liens familiaux. Ce vécu a ainsi des effets sur le vécu du couple parental lors d'une nouvelle grossesse et ainsi sur la qualité ensuite des interactions avec le bébé. Originalité. A notre connaissance il n'existe actuellement aucune étude spécifique sur l'impact psychologique de fausses couches à répétition sur la venue d'une nouvelle grossesse, en évaluant de plus les interactions précoces père-mère-bébé durant un an. Par ailleurs cette étude adopte un point de vue nouveau dans la littérature : l'image inconsciente du corps de la mère et ses liens familiaux. Méthode. Étude longitudinale auprès d'une population de parents attendant un enfant dont la mère a précédemment vécu des fausses couches à répétition (critères d'exclusion : les fausses couches induites par un problème médical, les mères ayant des troubles psychiques avérés). Plusieurs rencontres : lors de l'entretien prénatal du 4ème mois, lors du deuxième trimestre et du troisième trimestre de la grossesse, puis un mois après l'accouchement, au trois mois du bébé, à ses six mois et enfin à ses un an. Outils utilisés : entretien semi-structuré (IRMAG, AAI), évaluation de l'attachement prénatal (PAI), Brazelton (NBAS), tests projectifs (Rorschach, TAT, le dessin de la maison de rêve et de l'arbre généalogique) et le Codage de l'interaction (CIB). Collaboration. Cette étude se réalisera avec le professeur Mme Sylvie NEZELOF, Professeur au CHRU de Besançon avec l'aide du Réseau Périnatal de Franche-Comté. Elle s'appuie également sur une action de recherche à laquelle participe notamment Rose-Angélique BELOT, MCF au Laboratoire de Psychologie, et qui a reçu le soutien de la Région en 2014 (action « AFAE ») pour développer l'utilisation d'outils de recueil de données (AAI, NBAS, LTP). Partenariat : cette étude pourra bénéficier de l'apport du « Groupe de recherche sur le deuil périnatal » dirigé par le Dr. Marie-José SOUBIEUX, avec une collaboration du Centre de guidance infantile de l'Institut de puériculture de Paris et de la Maternité Necker-enfants malades dirigée par le Pr Yves Ville Enjeux pratiques : Meilleure connaissance du vécu des couples concernés par les fausses couches, amélioration du suivi anténatale des grossesses et prévention des troubles de la relation précoce. En France, des examens biologiques sont entrepris après trois fausses couches répétées, mais l'impact psychologique est peu reconnu, (en Angleterre par exemple un livret d'information sur les fausses couches est donné aux femmes). Intérêt pour la Région. La prévention périnatale est une question tout particulièrement développée au niveau du Département et de la Région grâce au dynamisme du Réseau Périnatal de Franche-Comté. Cette étude s'appuie sur ce réseau et ses retombées seront ainsi pratiques. Cette thèse se situe sinon dans la suite de l'Action « Attachement, Famille, Environnement Attentionné » (AFAE) validée par la Région en 2014.

  • Titre traduit

    The miscarriages and their impacts for the mother and her family


  • Résumé

    Early miscarriage represent 12 at 24% of pregnancies (Carter and ali. 2007). It's an usual event for medicine, even common, but it's an difficult experience for women and couple. But this impact isn't measured during a new pregnancy. For psychological scientist, the experience of miscarriage is considered as a perinatal loss (Wallerstedt, Higgins, 1996) but it's also a lack of possibility to become parent and the place inside their family. After a miscarriage, how will be felt a new pregnancy? And how to consider the impact of this situation for early interaction? Several studies showed a lot of psychological disturbances (Friedman, 1989; Lee 1996; Lamb 2002; Swamson 2003). The research of Sejournée, Callahan and Chabrol (2009, 2011) inside current population confirmed this event is really traumatic but the feeling could be different according each personal experience. Shame affect, anxiety (They, Spelvogel 2000), depressive affects (Lok, Neugebauer, 2007) and post traumatic stress could appear and contaminate a new pregnancy. Otherwise, several studies on "mourning perinatal" showed the negative effect of this loss on a new pregnancy (Rousseau, 1995; Nezelof, 2006. 2010; Soucieux, 2013). Recently, (De Wailly, 2015) a thesis illustrated all the difficulties of this perinatal mourning for a mother because it's a particular loss, a neonatal loss: This loss interrupt the differentiation-separation process. It's important to take into account the body dimension in a new pregnancy (body 's image). Hypothesis: miscarriage involved body 's image mother and family ties. This event affect couple then a new pregnancy and on early interaction. The originality of our research it's to measure the effect then a new pregnancy. Furthermore, our research study a new angle: the unconscious body's image. Methodology: - Longitudinal study nearby population of parents expecting a child - Women lived a early miscarriage Several interview: 3 during pregnancy and 2 after the birth of the baby Mesuring instruments: semi-structured interview (IRMAG, AAI) Prenatal attachment (PAI) Brazelton (NBAS), projective test (Rorschach and TAT, family tree) ans CIB (mesuring early interaction) Collaboration: Several maternity: Lons le Saunier, Belfort, Pontarlier. Collaboration with midwife and perinatal network Clinical Issues: best knowledge on the effect of miscarriage then a new pregnancy, improvement of care and supported, prevent disturbance of early interaction