Les effets de l'internationalisation sur la formation dans les universités francophones depuis le milieu du XXème siècle.

par Fatima Zelazel

Projet de thèse en Sciences de l'éducation - Cergy

Sous la direction de Gilles Monceau et de Gilles Monceau.

Thèses en préparation à CY Cergy Paris Université en cotutelle avec l'Université libre de Bruxelles , dans le cadre de École doctorale Droit et Science politique (Cergy-Pontoise, Val d'Oise) , en partenariat avec EMA - Ecole, mutations, apprentissages (laboratoire) depuis le 01-09-2018 .


  • Résumé

    En réponse à la globalisation et la mondialisation, les universités francophones développent des stratégies internationales dispersées. Ces institutions concilient la coopération entre partenaires sous le prisme des classements internationaux et l'attractivité des meilleurs étudiants et professeurs au sein d'un marché concurrentiel où la mobilité s'amplifie. Les universités francophones s'adaptent à des normes-standards européens et internationaux, aux prescriptions normatives gouvernementales et aux défis de diversifier les ressources budgétaires. Dans le contexte de l'internationalisation des universités francophones, cette thèse porte sur les effets normatifs, symboliques et culturels de l'internationalisation sur les cursus universitaires : la qualité de la formation et des programmes ; l'ingénierie pédagogique ; la cartographie des disciplines et la diplomation. Pour expliciter les enjeux contemporains de cette internationalisation standardisée et concurrentielle des cursus universitaires, cette étude croise deux périodes historiques - les années 1930 et les années 2010 – via une analyse socio-historique. Entre les deux grandes guerres, le mouvement d'internationalisation est similaire au niveau de mondialisation de notre époque. Dans un contexte de domination impérialiste puis de crise économique et la montée des régimes autoritaires, les universités participent au rayonnement intellectuel des nations et à un idéal pacifiste. Elles contribuent également à créer un universalisme de la société des nations dans un espace universitaire concurrentiel entre les espaces francophone, anglophone et germanophone. Les universités durant cette période des années 1930 sont des viviers de recrutement, d'attractivité et de formation des élites intellectuelles et politiques qui participent au progrès scientifique et social. L'analyse diachronique de ces deux périodes de l'histoire des universités permet de mieux saisir l'évolution et la complexité des effets de l'internationalisation sur la formation. A partir de la recherche analyse, cette thèse explore la construction et la mise œuvre des cursus de formation impactés par l'approche quantitative comme marqueur d'attractivité et de visibilité dans le paysage de l'enseignement supérieur international francophone. Elle soulève une réflexion sur les missions fondamentales de l'université à contribuer au sens et à la qualité de la formation. En s'appuyant sur les concepts de l'analyse institutionnelle, cette étude emprunte également les méthodes de l'observation participante et des entretiens ethnographiques d'acteurs impliqués à différentes échelles institutionnelles dans les universités francophones et en particulier trois constituantes : Université de Cergy Pontoise (France), Université Libre de Bruxelles (Belgique) et une université au Québec (Canada).

  • Titre traduit

    The effects of internationalization on training in Francophone universities since the middle of the 20th century.


  • Résumé

    In response to globalization, francophone universities are developing dispersed international strategies. These institutions reconcile cooperation between partners under the prism of international rankings and the attractiveness of the best students and professors in a competitive market where mobility is growing. Francophone universities are adapting to European and international standards, normative government regulations and the challenges of diversifying budgetary resources. In the context of the internationalization of francophone universities, this thesis deals with the normative, symbolic and cultural effects of internationalization on university curricula: the quality of training and programs; educational engineering; the mapping of disciplines and graduation. To explain the contemporary challenges of this standardized and competitive internationalization of university courses, this study crosses two historical periods - the 1930s and the 2010s - via a socio-historical analysis. Between the two world wars, the movement of internationalization is similar to the level of globalization of our time. In a context of imperialist domination and economic crisis and the rise of authoritarian regimes, universities participate in the intellectual radiation of nations and a pacifist ideal. They also contribute to creating a universalism of the society of nations in a competitive university space between French, English and German-speaking areas. Universities during this period of the 1930s are breeding grounds for recruitment, attractiveness and training of intellectual and political elites who participate in scientific and social progress. The diachronic analysis of these two periods of university history makes it possible to better understand the evolution and complexity of the effects of internationalization on training. From the research analysis, this thesis explores the construction and implementation of training courses impacted by the quantitative approach as a marker of attractiveness and visibility in the landscape of Francophone higher education. It raises a reflection on the fundamental missions of the university to contribute to the meaning and the quality of the training. Based on the concepts of institutional analysis, this study also borrows the methods of participant observation and ethnographic interviews of actors involved at different institutional scales in French-speaking universities and in particular three constituent units: University of Cergy Pontoise (France), Free University of Brussels (Belgium) and a university in Quebec (Canada).