Interaction et coordination parole-respiration-membres pendant la production et la mémorisation d'informations verbales

par Hélène Serre

Projet de thèse en PCN - Sciences cognitives, psychologie et neurocognition

Sous la direction de Amélie Rochet-capellan, Marion Dohen et de Susanne Fuchs.

Thèses en préparation à l'Université Grenoble Alpes , dans le cadre de École doctorale ingénierie pour la santé, la cognition, l'environnement , en partenariat avec Grenoble Images Parole Signal Automatique (laboratoire) et de Parole et cognition : Equipe Parole Cerveau Multimodalité Développement (equipe de recherche) depuis le 01-10-2018 .


  • Résumé

    Interaction et coordination parole-respiration-membres pendant la production et la mémorisation d'informations verbales Un ensemble croissant de recherches comportementales et neurophysiologiques montre les implications des mouvements des membres dans l'activité cognitive. Par exemple, les gestes manuels facilitent l'apprentissage de connaissances abstraites telles que les concepts mathématiques (Cook et al., 2008; Perry et al., 1988; Goldin-Meadow & Wagner, 2005); les systèmes moteurs interagissent avec la compréhension du langage (Glenberg & Kaschak, 2002), et cette dernière implique les zones motrices du cerveau (Pulvermüller et al. 2005). S'inscrivant dans les théories de la cognition incarnée, ces résultats montrent que la majorité de notre activité cognitive est une ‘réactivation d'états perceptifs, moteurs et introspectifs acquis durant une expérience avec le monde, le corps et la pensée' (Barsalou, 2008, p. 618; see also Varela et al., 1993; Clark, 1998). Ces approches modifient les perspectives sur les capacités cognitives, et le langage en particulier (Lakoff,2012; Glenberg, 2015). Pour améliorer notre compréhension de ce dernier, il serait intéressant de prendre en compte les mouvements du corps et les situations spécifiques à ces mouvements. Dans ce contexte, les mouvements des membres pourraient être considérer comme un support éventuel sur lequel s'appuierait le langage verbal. En effet, et comme le suggèrent les travaux précédents, les gestes pourraient influencer le langage verbal en temps réel et pourraient jouer un rôle significatif dans la mémorisation et le souvenir d'informations verbales. Ces influences mutuelles arriveraient, au moins partiellement, à travers un troisième acteur : le système respiratoire, une ressource nécessaire partagée par le système de la parole et le système moteur. Cette thèse vise à évaluer le ‘support corporel' du langage parlé en testant l'hypothèse selon laquelle les gestes amélioreraient la mémoire à long terme d'un événement ou d'une narration et l'apprentissage d'un nouveau vocabulaire. Les individus devraient mieux mémoriser et retenir l'information d'une histoire, et le nouveau vocabulaire qui y est associé, s'ils bougent pendant la phase d'apprentissage : les mouvements stimuleraient l'articulation et consolideraient la trace mnésique, mais changerait aussi le niveau d'oxygène dans le cerveau, ce qui pourrait stimuler l'encodage de la mémoire et sa réactivation. Cette hypothèse sera testée à travers des études empiriques impliquant l'analyse du la coordination parole-respiration-membres en relation avec les performances de mémoire. Les effets du langage et la gestuelle seront comparés via l'étude de différents types de mouvements mais aussi d'individus avec différentes compétences (sport, musique, etc.) et différentes langues (Français vs Allemand). Ce projet prend part au projet ANR-DFG « SALAMMBO » et impliquera une collaboration française et allemande et de courts séjours à Berlin pour se réunir et faire passer des participants allemands.

  • Titre traduit

    Speech-breathing-limb interaction and coordination during the production andthe memorization of verbal information


  • Résumé

    Speech-breathing-limb interaction and coordination during the production and the memorization of verbal information A growing body of behavioral and neurophysiological research shows the implications of limbmovements for cognitive activities. For example, manual gestures facilitate learning abstract knowledge such as mathematical concepts (Cook et al., 2008; Perry et al., 1988; Goldin-Meadow &Wagner, 2005); language understanding involves motor areas in the brain (e.g., Pulvermüller et al.,2005) and motor systems interact with language comprehension (Glenberg & Kaschak, 2002). In the‘grounded' cognition framework, these results are integrated as evidence that most of our cognitive activities are a “reenactment of perceptual, motor, and introspective states acquired during experience with the world, body, and mind” (Barsalou, 2008, p. 618; see also Varela et al., 1993; Clark, 1998).These approaches change the perspectives on cognitive abilities, and language in particular (Lakoff,2012; Glenberg, 2015). To improve our understanding of spoken language, research should embracethe body's motions and the situations in which they occur. In this context, limb motion could be considered as a potential “body-ground” for spoken language. As such, and as suggested by previous work, limb motion may specifically influence online spoken language and may play a significant role in the memorization and recall of verbal information. These mutual influences may occur at least partially through a third body-actor: the respiratory system, an inescapable and strong constraint shared by speech and limb motor systems. This thesis aims at assessing the “body-ground” of spoken language by evaluating the hypothesis that limb movements may improve long-term memory of specific narratives/episodes and the learning of new vocabulary. Speakers should better memorize and recall information provided in a narrative story and its associated new vocabulary when moving during the learning phase: movements may stimulate speech articulation and enrich memory traces, but also change the oxygen level in the brain, which could stimulate memory encoding and recall. This hypothesis will be assessed through empirical studies involving the analysis of speech-breathing-limb coordination, which will be characterized using synchronization analyses, in relation with recall performances. Language vs. body effects will be distinguished via the study of different types of motion but also speakers with different skills (sport,music etc.), and different languages (French vs. German). This project is part of the ANR-DFG project“SALAMMBO” and will involve French-German collaboration and short stays in Berlin for meetings and data acquisition.