Quand la psychanalyse guérit : Psychanalyse en extension, intention curative et rapports à la santé au regard de la réactualisation du structuralisme

par Vanessa Genestier

Projet de thèse en Études psychanalytiques

Sous la direction de Anne Bourgain.

Thèses en préparation à Montpellier 3 , dans le cadre de Langues, Littératures, Cultures, Civilisations , en partenariat avec CRISES - Centre de Recherches Interdisciplinaires en Sciences Humaines et Sociales (laboratoire) depuis le 15-10-2018 .


  • Résumé

    Résumé du projet de thèse La souffrance psychique de l'individu est et doit rester l'objet, et le sujet de préoccupation majeur, de la clinique psychanalytique. Mais comment peut-on, aujourd'hui, considérer qu'elle ne relève que de la psychanalyse ? En effet, cette souffrance est rencontrée, de fait, par de nombreux autres corps de métier, aux prises avec les manifestations de cette souffrance dans le cadre bien spécifique, et parfois cloisonnant, de leur intervention. Le cabinet du médecin est le lieu par excellence où peuvent se manifester ces souffrances. L'aventure freudienne nous l'a d'ailleurs montré à maintes reprises. Et souvent avec les « ratages » sur lesquels Freud a élaboré partie de ces concepts et a étayé son élaboration continue de la théorie psychanalytique. Rappelons-nous le cas Emma/Irma qui a cristallisé à lui seul, et au sein de la relation Freud-Fliess, de nombreuses questions quant aux symptômes hystériques, mais aussi, quant au traitement médical de ceux-ci. Le médical a affaire au psychique constamment, même s'il a choisi de l'ignorer, parfois de le minorer, mais aussi souvent de l'exclure. « Sortez de mon cabinet, symptômes que je ne saurais voir ! » Le médecin généraliste, désigné comme le praticien de « premier recours » par excellence voit se déployer devant lui des effets somatiques et des douleurs psychiques auxquelles il n'entend souvent rien. Et pour cause ! La formation du médecin n'est pas de celle qui lui permette, sans un apport extérieur à son apprentissage académique, de savoir voir, savoir écouter le symptôme tel que la psychanalyse l'a repéré depuis la découverte freudienne. Et pourtant, il est souvent la première adresse du sujet en souffrance. Que peut-il face à cela ? De l'autre côté, il semble que la psychanalyse, la clinique psychanalytique, ne puisse plus seulement et constamment se résumer à la simple enceinte du cabinet, du divan, du fauteuil. Lorsque le psychanalyste est amené à inscrire son approche au sein d'une équipe pluri-professionnel et transdisciplinaire, de nombreuses questions se soulèvent « d'elles-mêmes » pourrait-on dire : comment considérer le « cas », la situation du patient, sous des angles qui semblent parfois nous amener à confronter des paradigmes réputés inconciliables ? Comment se « faire entendre », c'est-à-dire, comment sortir du jargon des spécialités pour se parler et échanger les informations de manière « entendable » par chacun ? Comment donner sa place au psychanalyste qui, au sein du cortège des organicistes, a peu souvent voie au chapitre ? Comment un discours peut-il ne pas prendre le pas sur un autre ? Est-ce seulement possible ? Les institutions qui ont choisi, dans le but d'offrir aux patients un accompagnement le plus adapté et juste possible, une approche transdisciplinaire, semblent devoir avant tout penser les modalités de cette approche qui est loin d'être une évidence : issus de formations et d'obédiences différents, les professionnels qui travaillent ensemble sont parfois menés à se confronter, se trouvant englués dans des conflits paradigmatiques, théoriques, ou des querelles de clocher. Par ailleurs, l'ambition, annoncée par Lacan, d'une psychanalyse « en extension » est-elle restée à l'état d'idée pure ? A-t-on su s'ouvrir à l'autre pour diffuser la psychanalyse au point que celle-ci devienne, au même titre que la psychologie ou même encore la médecine, une « science qui soigne » ? Est-on parvenu à faire entendre aux autres professionnels ce que la psychanalyse « a à dire » et qui peut s'inscrire dans le cadre du soin, dans la prise en charge quotidienne des patients, mais également dans la façon de penser des professionnels ? Aussi, il nous est apparu intéressant de nous concentrer sur un lieu, réunissant des professionnels de l'aide et du soin qui, animés par un esprit commun « hippocratique » (cela sera à préciser), pourrait être un exemple et lieu d'étude de cette mise en œuvre de la psychanalyse en extension. L'Institution Hygie, située à Paray-Vieille-Poste dans l'Essonne, se réclame de cet esprit et de cette mise en œuvre, d'autant plus qu'elle se base sur une théorie bien spécifique : la psychanalyse structurale. Mais de quoi parle-t-on lorsque l'on parle de structuralisme appliqué en psychanalyse aujourd'hui ? Cette théorie a largement servi les réflexions jusque dans les années 1950-60 mais semble être passée de mode aussi bien dans l'enseignement universitaire, que dans les sociétés de psychanalyse ou dans les cabinets de psychanalystes. On parle souvent d'anthropologie et de psychanalyse, certes. Mais l'angle d'appréhension du psychisme par le structuralisme semble avoir été depuis longtemps abandonné. Pourquoi y revenir ? Ce modèle est-il pertinent ? Et surtout, puisque le point nodal est bien là : permet-il de surmonter individuellement et/ou collectivement les problématiques de souffrances psychiques qui se donnent à voir aussi bien sur le divan que dans le cabinet médical ? Enfin, qu'en est-il réellement ? Peut-on parvenir, effectivement, pratiquement, à intégrer le discours psychanalytique au sein d'un collège de professionnels qui « causent » à leur façon, depuis le début de leur formation de médecins jusqu'à leur retraite ? Peut-on subvertir les dysfonctionnements individuels et les résistances collectives dans le but de s'attacher à une approche « centrée patient » quand on évolue encore et toujours dans un univers qui a choisi l'« evidence based medecine » ? Comment, comme l'écrivait Sylvain Missonnier, parvenir à une prise en charge collective qui repose sur le plaisir de la « pulsion épistémophilique partagée » ? Penser sa pratique et pratiquer ce qui est pensé. Est-ce si évident que ça ? N'y a-t-il pas (n'y aura-t-il pas toujours) des résistances inconciliables entre organicistes et psychistes ? C'est à ces questions qui se sont imposées à nous, en tant que membre et salariée de ce collectif, que nous aimerions tenter de répondre. Mais il nous faudra pour cela organiser une investigation d'autres collectifs de professionnels exerçant dans une approche pluridisciplinaire et au sein desquels résident et pratiquent des psychanalystes. Une mise en perspective, une mise en balance, via des outils méthodologiques clairement définis, nous apparaît essentielle à cette étude de la psychanalyse dite « en extension » : est-elle effectivement pratiquée, existe-t-elle seulement ? Et, comment, aujourd'hui, innover grâce à une théorie délaissée à tort ? Le déroulement de notre thèse suivrait donc un ordre logique de recherche archéologique et épistémologique, d'observation clinique, d'étude méthodique des impacts et de restitution de l'étude du fonctionnement de cette institution dite « innovante » prônant cette fameuse « psychanalyse en extension ». Celle-ci nous reste forcément imprécise et devra faire l'objet d'une étude distanciée d'abord, et peut-être interprétative ensuite. Il s'agirait là de situer de manière précise dans quel paradigme nous nous situons vraiment lorsque nous parlons de « psychanalyse en extension ». Qu'est-ce Lacan voulait en dire et que peut-on en dire aujourd'hui ? Le premier objectif de cette thèse sera donc de présenter de manière approfondie et avec un écart que nous souhaitons critique, les apports de la théorie, de la praxis et de la clinique psychanalytiques structurales lorsqu'elles sont appliquées à d'autres champs qu'elles-mêmes (le champ psychique). Il s'agira donc avant tout de pratiquer une forme d'archéo-généalogie de la théorie, dans un souci d'une démarche épistémologique critique, afin de replacer ces élaborations au sein du corpus théorique psychanalytique et de l'histoire de son déploiement. Il s'agira également de faire état de ses concepts tels qu'ils sont destinés à être appliqués dans les champs organiques (avec les médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, etc.) et sociaux (assistante sociale, éducateurs, conseiller en insertion, etc.). Tout ceci dans le but de montrer comment, au sein d'une institution pluridisciplinaire, des professionnels d'horizons divers pourraient parvenir à se saisir de cette psychanalyse et à s'en imprégner au point que cela ait un impact significatif sur leurs pratiques. Si nous pourrons évoquer la psychanalyse « en intention », il s'agira donc plus de se concentrer sur une étude de la mise en œuvre et des effets de la psychanalyse « en extension ». Cette recherche doit s'organiser d'une manière méthodique et quasi « didactique ». En effet, il est important, avant tout, d'établir une épistémologie approfondie, critique et comparative de la théorie psychanalytique structurale et d'en restituer le modèle nosologique applicable à un accompagnement global du sujet, soit psychique, organique et social. Cette notion d'accompagnement correspond à la philosophie de la définition de la Santé émise par l'Organisation Mondiale de la Santé qui estime que « la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité. » Cette définition même doit faire l'objet d'une étude critique, voire d'une remise en question du fait de son aspect pour le moins totalisant. Il sera également nécessaire de faire état de la praxis proposée par la psychanalyse structurale, au vu de sa diffusion dans les pratiques professionnelles de l'aide et du soin. Cela nous mènera à devoir définir le rôle du psychologue clinicien et des entretiens psychothérapeutiques en lien avec la place du psychanalyste dans la prise en charge des souffrances psychiques. C'est à partir de cette distinction psychothérapie/psychanalyse que nous pourrons ensuite présenter une étude de la mise en œuvre de la psychanalyse en extension au sein d'un milieu médical, paramédical et médicosocial : comment une théorie qui fonctionne souvent en vase-clos peut s'inscrire dans le projet freudien de transdisciplinarité et infiltrer d'autres milieux que le sien propre ? C'est seulement après avoir fait état de cette « extension », peut-être possible mais également possiblement mise en pratique, que nous pourrons analyser les liens intersubjectifs et pratico-pratiques qui s'établissent entre ceux qu'on appelle les « organicistes » et les « psychistes », et ce, au sein de l'institution précitée, mais aussi d'autres lieux de soins. Autrement dit : qu'ont à voir les médecins avec les psychanalystes ? Quels effets provoque ce lien sur leur subjectivité et leur pratique quotidienne ? Comment s'organise ce lien, sur quoi s'étaye-t-il ? C'est en tentant de répondre à ces questions que nous étudierons finalement les effets professionnels et subjectifs de l'imprégnation des professionnels par cette théorie. Et ce, quels qu'ils soient : performatifs ou freinants, inquiétants ou étayants, canalisants ou déroutants. Originalité de la recherche • Axe scientifique/psychique : - pertinence du modèle psychanalytique structural au regard de la prise en charge des troubles psychiques (de plus en plus prégnants au regard des données épidémiologiques) - cohérence avec les axes de recherche du CRPMS (Paris)/du CRISES(Montpellier) - originalité du « retour » du structuralisme appliqué à la psychanalyse en intension et en extension • Axe social et professionnel : - adaptation d'un modèle innovant dans le domaine de la santé au sein d'une institution pluriprofessionnelle présentant un fonctionnement entrepreneurial - valeur effective de la clinique psychanalytique structural dans le traitement des troubles psychiques et leur prise en charge globale - étude différentielle des impacts pratiques de la psychanalyse au sein de différentes institutions médico-psycho-sociale • Axe médical et politique : - originalité d'une pratique médicale orientée sur la détection précoce et la prise en charge conjointe des troubles psychiques - réponse apportée aux missions de santé publique (partenariat avec l'ARS et la CPAM, en lien avec la HAS) • Impact attendu : - développement de la psychanalyse en extension au sein de l'institution porteuse mais aussi « hors les murs » (projet de Communauté Pluriprofessionnelle Territoriale de Santé) - apport de cette pratique innovante dans les formations universitaires en psychologie/psychanalyse - développement des partenariats entre laboratoires de recherche et institutions mixtes (financements croisés)

  • Titre traduit

    When psychoanalysis heals: Psychoanalysis in extension, curative intention and relations with health in the light of the reactualization of structuralism


  • Résumé

    Summary of the thesis project The psychic suffering of the individual is and must remain the object, and the subject of major concern, of the psychoanalytical clinic. But how can one nowadays consider that it belongs only to psychoanalysis? Indeed, this suffering is met, in fact, by many other trades, struggling with the manifestations of this suffering in the very specific, and sometimes partitioning, of their intervention. The doctor's office is the place par excellence where this suffering can manifest itself. The Freudian adventure has shown us many times. And often with the 'failures' on which Freud elaborated some of these concepts and supported his continued elaboration of psychoanalytic theory. Let us recall the case of Emma / Irma, which crystallized by itself, and within the Freud-Fliess relationship, many questions as to the hysterical symptoms, but also, as to the medical treatment of these. The medical has to deal with the psychic constantly, even if he has chosen to ignore it, sometimes to reduce it, but also often to exclude it. 'Get out of my office, symptoms that I can not see! 'The general practitioner, designated as the practitioner of' first resort 'par excellence sees unfolding before him somatic effects and psychic pain that he often hears nothing. And for good reason ! The training of the doctor is not that which allows him, without an external contribution to his academic learning, to know how to see, to know how to listen to the symptom as psychoanalysis has spotted it since the Freudian discovery. And yet, it is often the first address of the subject in pain. What can he do to this? On the other hand, it seems that psychoanalysis, the psychoanalytic clinic, can no longer and constantly be reduced to the mere enclosure of the cabinet, the couch, the chair. When the psychoanalyst is led to inscribe his approach within a multi-professional and transdisciplinary team, many questions arise 'of themselves' could we say: how to consider the 'case', the situation of the patient, from angles that sometimes seem to lead us to confront paradigms deemed irreconcilable? How to be 'heard', that is, how to get out of the jargon of the specialties to talk to each other and exchange information in a 'sensible' way by everyone? How to give place to the psychoanalyst who, within the cortege of organicists, has rarely seen the chapter? How can one speech not take precedence over another? Is it only possible? The institutions that have chosen, in order to offer patients the most appropriate and just possible support, a transdisciplinary approach, seem to have to think first and foremost about the modalities of this approach, which is far from obvious: from training and of different persuasions, the professionals who work together are sometimes led to confront each other, being stuck in paradigmatic conflicts, theoretical, or parochial quarrels. Moreover, has the ambition, announced by Lacan, of a psychoanalysis 'in extension' remained in the state of pure idea? Has anyone been able to open up to the other to spread psychoanalysis to the point that it becomes, in the same way as psychology or even medicine, a 'healing science'? Have we managed to make other professionals understand what psychoanalysis 'has to say' and which can be part of the care, in the daily care of patients, but also in the way of thinking of professionals? Also, it seemed interesting to us to concentrate on a place, gathering professionals of the help and the care which, animated by a common spirit 'Hippocratic' (that will be precise), could be an example and place of study of this implementation of psychoanalysis in extension. The Institution Hygie, located at Paray-Vieille-Poste in Essonne, claims this spirit and this implementation, especially since it is based on a very specific theory: structural psychoanalysis. But what are we talking about when we talk about structuralism applied in psychoanalysis today? This theory has largely served as a reflection until the 1950s and 60s, but seems to have gone out of fashion in university teaching as well as in psychoanalytical societies and psychoanalysts' practices. We often talk about anthropology and psychoanalysis, certainly. But the angle of apprehension of the psyche by structuralism seems to have been long abandoned. Why come back? Is this model relevant? And above all, since the nodal point is there: can it overcome individually and / or collectively the problems of psychic suffering that can be seen on the couch as well as in the medical office? Finally, what is it really? Can one really succeed in integrating the psychoanalytic discourse into a college of professionals who 'cause' in their own way, from the beginning of their training of doctors until their retirement? Can individual dysfunctions and collective resistance be subverted in order to focus on a 'patient-centered' approach when we are still evolving in a world that has chosen 'evidence-based medicine'? How, as Sylvain Missonnier wrote, to achieve a collective care that is based on the pleasure of the 'shared epistemophilic drive'? Think about your practice and practice what is thought. Is it so obvious? Are there not (will there not always be) irreconcilable resistances between organicists and psychists? It is to these questions that have come to us, as a member and employee of this collective, that we would like to try to answer. But we will need to organize an investigation of other collectives of professionals exercising in a multidisciplinary approach and in which live and practice psychoanalysts. A perspective, a balancing, via clearly defined methodological tools, appears to us essential to this study of psychoanalysis known as 'in extension': is it actually practiced, does it exist only? And, how, today, to innovate thanks to a theory neglected wrongly? The course of our thesis would follow a logical order of archaeological and epistemological research, clinical observation, methodical study of the impacts and restitution of the study of the functioning of this so-called 'innovative' institution advocating this famous 'psychoanalysis in extension '. This one remains us necessarily imprecise and will have to be the object of a study distanced at first, and perhaps interpretative later. It would be a question of precisely situating in which paradigm we really situate ourselves when we speak of 'psychoanalysis in extension'. What did Lacan want to say and what can we say about it today? The first objective of this thesis will be to present in a thorough way and with a gap that we want critical, the contributions of the theory, praxis and clinical psychoanalytical structural when applied to other fields they themselves (the psychic field). It will therefore first of all be necessary to practice a form of archeo- genealogy of the theory, in a concern of a critical epistemological step, in order to place these elaborations within the psychoanalytic theoretical corpus and the history of its deployment. It will also be necessary to state its concepts as they are intended to be applied in organic fields (with doctors, nurses, physiotherapists, etc.) and social (social worker, educators, integration counselor, etc.). ). All this in order to show how, within a multidisciplinary institution, professionals from different horizons could manage to grasp this psychoanalysis and soak it up to the point that it has a significant impact on their practices. If we can evoke psychoanalysis 'in intention', it will therefore be more to focus on a study of the implementation and the effects of 'extension' psychoanalysis. This research must be organized in a methodical and quasi-didactic way. Indeed, it is important, above all, to establish an in-depth, critical and comparative epistemology of structural psychoanalytic theory and to reconstruct the nosological model applicable to a global accompaniment of the subject, namely psychic, organic and social. This concept of accompaniment corresponds to the philosophy of the World Health Organization's definition of health, which states that 'health is a state of complete physical, mental and social well-being, and not only an absence of illness or infirmity. This definition itself must be the subject of a critical study, even a questioning because of its aspect for the least totalizing. It will also be necessary to mention the praxis proposed by structural psychoanalysis, in view of its diffusion in the professional practices of help and care. This will lead us to define the role of the clinical psychologist and psychotherapeutic interviews in relation to the place of the psychoanalyst in the management of psychic suffering. It is from this distinction psychotherapy / psychoanalysis that we can then present a study of the implementation of psychoanalysis in extension in a medical, paramedical and medico-social: how a theory that often works in a vase-closed can be part of the Freudian project of transdisciplinarity and infiltrate other media than his own? It is only after having mentioned this 'extension', perhaps possible but also possibly put into practice, that we will be able to analyze the intersubjective and practical-practical links that are established between those who are called 'organicists'. and 'psychists', both within the institution and other places of care. In other words: what do doctors have to do with psychoanalysts? What effects does this link have on their subjectivity and daily practice? How is this link organized, what is it on? It is by attempting to answer these questions that we will finally study the professional and subjective effects of the impregnation of professionals by this theory. And this, whatever they are: performative or braking, disturbing or supporting, channeling or confusing. Originality of the research • Scientific / psychic axis: - relevance of the structural psychoanalytic model with regard to the management of mental disorders (increasingly important in the light of epidemiological data) - coherence with the research axes of CRPMS (Paris) / CRISES (Montpellier) - originality of the 'return' of structuralism applied to psychoanalysis in intension and extension • Social and professional axis: - adaptation of an innovative model in the field of health within a multi-professional institution presenting an entrepreneurial functioning - the effective value of the structural psychoanalytic clinic in the treatment of mental disorders and their overall care - differential study of the practical impact of psychoanalysis in different medico-psycho-social institutions • Medical and political axis: - originality of a medical practice focused on early detection and joint management of mental disorders - response to public health missions (partnership with ARS and CPAM, in connection with the HAS) • Expected impact: - development of the psychoanalysis in extension within the carrying institution but also 'outside the walls' (project of Pluriprofessional Community Territorial of Health) - contribution of this innovative practice in university courses in psychology / psychoanalysis - development of partnerships between research laboratories and mixed institutions (cross-financing)