Les représentations de la transe dans les versions et relectures chorégraphiques des ballets issus du XIXe siècle.

par Maëlle Rousselot

Projet de thèse en Théâtre et Arts de la Scène

Sous la direction de Laurence Le diagon-jacquin et de Aurore Despres.

Thèses en préparation à Bourgogne Franche-Comté , dans le cadre de École doctorale Lettres, Communication, Langues, Arts , en partenariat avec ELLIADD - Éditions, Langages, Littératures, Informatique, Arts, Didactiques, Discours (laboratoire) et de Arts et littérature (equipe de recherche) depuis le 01-10-2018 .


  • Résumé

    Au premier abord, l'association entre la transe et les ballets semble incongrue voire impossible. D'un point de vue occidental, la transe se situe généralement dans un « ailleurs » qui s'oppose au monde occidental correspondant au « ici ». La transe qui ferait partie de l'ailleurs a longtemps et est encore associée à des notions dévalorisantes telles que le primitivisme, l'exotisme, le pathologique. Ainsi, les « transeurs » apparaissent encore régulièrement comme ayant un développement cérébral perturbé et des mouvements non maîtrisés, dénués de technique les ramenant à une animalité et donc à une infériorité selon un schéma vertical où l'homme se situe au-dessus de tout. A l'inverse, le ballet classique se place du côté d'une élite occidentale et semble se faire l'un des représentants artistiques. Les danseurs « domptent » leur corps par la technique et transcendent leur humanité. Dès lors, arrive l'image d'une surhumanité bien éloignée de l'animalité de la transe ou du moins pensée comme telle. Cette thèse s'appuie principalement sur des ballets issus du XIXe siècle. Ces ballets qui n'ont cessé d'être repris permettent de voir comment la transe se montre, se découvre et se cache au fil des versions et relectures. Apportant à la fois de nouveaux regards sur les interprétations de ces ballets tout en montrant des répétitions historiques qui prennent forme sous de nouveaux termes. Nos recherches amènent à penser l'omniprésence de la transe dans notre quotidien et qui se reflète au sein des ballets sans même que nous en ayons conscience. Cette thèse se veut une nouvelle affirmation que l' « ailleurs » est partout dans le « ici » et pour reprendre Bruno Latour que nous n'avons jamais été modernes. Ainsi s'opère un décentrement de notre regard aussi bien sur le ballet classique que sur la transe, et par conséquent sur toutes les notions qui leur sont régulièrement accolées.

  • Titre traduit

    The representations of trance in the choreographic versions and rereadings of ballets from the 19th century.


  • Résumé

    At first glance, the association between trance and ballet seems incongruous, even impossible. From a Western point of view, trance is generally situated in an "elsewhere" which is opposed to the Western world corresponding to the "here". The trance that would be part of the elsewhere has long been and still is associated with devaluing notions such as primitivism, exoticism, pathology. Thus, "trancers" still regularly appear as having a disturbed cerebral development and uncontrolled movements, devoid of technique, bringing them back to an animality and therefore to an inferiority according to a vertical schema where man is situated above everything. Conversely, classical ballet places itself on the side of a Western elite and seems to be one of the artistic representatives. The dancers "tame" their bodies through technique and transcend their humanity. From then on, the image of a superhumanity far removed from the animality of trance or at least thought of as such arrives. This thesis is mainly based on ballets from the 19th century. These ballets, which have never ceased to be revived, allow us to see how trance shows itself, discovers itself and hides itself in the course of versions and rereadings. Bringing at the same time new glances on the interpretations of these ballets while showing historical repetitions which take shape under new terms. Our research leads us to think about the omnipresence of trance in our daily lives, which is reflected in the ballets without us even being aware of it. This thesis is a new affirmation that the "elsewhere" is everywhere in the "here" and to quote Bruno Latour that we have never been modern. Thus, we decentralize our gaze on classical ballet as well as on trance, and consequently on all the notions that are regularly associated with them.