La mélancolie dans la matière de Bretagne

par Agnes Rimbert (Rimbert-ducher)

Projet de thèse en Études psychanalytiques

Sous la direction de Marie Blaise.

Thèses en préparation à Montpellier 3 , dans le cadre de Langues, Littératures, Cultures, Civilisations , en partenariat avec CRISES - Centre de Recherches Interdisciplinaires en Sciences Humaines et Sociales (laboratoire) depuis le 01-09-2018 .


  • Résumé

    La mélancolie dans la Matière de Bretagne Que permet de dire cette étude de notre mélancolie contemporaine, notre malaise dans la civilisation ? Comment la psychanalyse vient-elle éclairer cette quête du Graal, somme toute imaginaire ? Comment vient-elle nous enseigner notre réel contemporain grâce à son caractère de légende ? N'est-elle pas le reflet, dans un passé littéraire, de Das Unheimliche, d'une inquiétante étrangeté ou d'un inquiétant familier ? Qu'est-ce qui fait tenir les personnages, tout en les précipitant inéluctablement vers leur fin ? La binarité du corpus arthurien s'inscrit jusque dans sa topologie : la Forêt ou la Table Ronde, mais aussi elle met en regard un « imaginaire » cruel et sanglant sans retenue et une inspiration, voire une aspiration religieuse. Pourrait-on émettre l'hypothèse que cette dualité tourne autour d'un Un central, un ombilic, au sens que Freud lui donne dans la Traumdeutung, représenté par le Saint Graal ? Y a-t-il dans cette quête du Graal un invariant de la défaillance paternelle. Ainsi le personnage de Perceval – Perlevaus – dont le père est absent, ou mort, selon les versions, pourrait-il être l'illustration d'un symptôme actuel, que l'on met au compte du déclin de la fonction paternelle ? Perceval n'a pas de nom. Cette absence de nom du père, à la fois successive et concomitante à une surprotection maternelle mérite une attention toute particulière ? Perceval est-il donc juste sans instruction et naïf ? Présente-t-il d'autres symptômes que la psychanalyse peut nous permettre de tenter d'élucider ? En face de Perceval, Merlin, Arthur et Lancelot semblent présenter des caractéristiques mélancoliques. Il s'agira alors de mettre en regard la mélancolie au sens de la psychanalyse, notamment en partant du texte central de Freud Deuil et mélancolie, d'approfondir l'analyse de notre contemporanéité à la lumière de cette époque « mélancolique » que traversait la matière de Bretagne. L'idée serait alors de repenser le champ du deuil et le champ de la mélancolie en illustrant le comment la psychanalyse vient éclairer l'œuvre, qui elle-même s'inscrit dans une période historique charnière entre l'Antiquité tardive et le Moyen-Âge, et ainsi opérer une réinscription temporelle et spatiale, nécessaire et pourtant mises à mal, et peut-être en dégager une forme d'universalité ?

  • Titre traduit

    Melancholy in the Matter of Britain


  • Résumé

    Melancholy in the Matter of Brittany What does this study of our contemporary melancholy tell us about our discomfort in civilization? How does Psychoanalysis shed light on this quest for the Grail, which seems to be “imaginary”? How does it come to teach us our real contemporary thanks to her legendary character? Is it not the reflection, in a literary past, of Das Unheimliche a disturbing strangeness or a disturbing familiar? What makes the characters stand, while hurling them inevitably towards their end? The binarity of the Arthurian corpus fits into its topology: the Forest or the Round Table, but also it puts in front a cruel and bloody 'imaginary' without restraint and an inspiration, even a religious aspiration. Could we hypothesize that this duality revolves around a central One, an “umbilicus”, in the sense that Freud gave it in the Traumdeutung, and represented by the Holy Grail? Is there in this Quest for the Grail an invariant of paternal failure? So the character of Perceval - Perlevaus - whose father is absent, or dead, according to the versions, could it be the illustration of a current symptom, which one puts at the count of the decline of the paternal function? Perceval has no name. This absence of the father's name, both successive and concomitant with maternal over-protection deserves special attention? Is Perceval just uneducated and naive? Does it present other symptoms that psychoanalysis can allow us to try to elucidate? In front of Perceval, Merlin, Arthur and Lancelot seem to present melancholy characteristics. It will then be a question of comparing melancholy in the sense of psychoanalysis, especially starting from the central text of Freud Mourning and Melancholy, to deepen the analysis of our contemporaneity in the light of this 'melancholy' time that the matter of Brittany. The idea then would be to rethink the field of Mourning and the field of Melancholy by illustrating how psychoanalysis can try to illuminate the work, which itself is part of a pivotal historical period between Late Antiquity and Middle Age ; and thus operate a re-inscription temporal and spatial, necessary and yet undermined, and perhaps to release a form of universality?