La dimension langagière de l'intégration des migrants en France : la place donnée au français dans un espace associatif plurilingue parisien

par Iris Padiou

Projet de thèse en Sciences du langage

Sous la direction de Laurent Perrin.

Thèses en préparation à Paris Est , dans le cadre de CS - Cultures et Sociétés , en partenariat avec Centre d'étude des discours, images, textes, écrits et communications (Créteil) (laboratoire) depuis le 01-10-2018 .


  • Résumé

    Ces dernières décennies, la transformation au niveau mondial des réalités économiques, politiques et climatiques a eu un impact sur les flux migratoires à destination de l'Europe. Ce phénomène invite à repenser les modalités d'intégration des migrants en France. La notion d'intégration renvoie à un processus double : à la fois l'entrée d'un étranger dans une communauté et son accueil par celle-ci. Ce processus d'adaptation réciproque entraine, pour le nouvel arrivant, le développement de savoirs et de savoir-faire nouveaux, en partie langagiers. En effet, il doit acquérir des savoirs sur la communauté d'accueil et une compétence de communication, afin de pouvoir interagir dans les différentes situations du quotidien. Pour les membres de la communauté d'accueil, l'intégration d'un étranger correspond également à une confrontation à l'autre et nécessite une adaptation en retour. Or, l'Etat français mène depuis plusieurs siècles une politique linguistique qui fait du monolinguisme la norme et de la langue française la langue dominante, véhicule des valeurs républicaines, garante de l'unité nationale. Pour être considérés comme intégrés, les étrangers devraient mettre de côté, voire oublier leurs propres langues. Les observations tirées de mon immersion sur le terrain d'une association parisienne ont fait émerger plusieurs questions : dans quelle mesure l'idéal monolingue influence-t-il la perception des langues des migrants par les acteurs du terrain ? En quoi et comment ces langues sont-elles exploitées ou ignorées lors des activités de l'association ? Avec quelles conséquences sur la construction de la place de ces langues dans le processus d'intégration ? Pour y répondre, je m'appuierai sur des éléments issus de la linguistique de l'énonciation et de la sociolinguistique interactionnelle, courants de la linguistique qui abordent le discours en fonction de sa situation d'énonciation et dans sa dimension praxéologique. Leur conjonction me permettra non seulement d'étudier la construction du sens par les sujets en interaction, mais aussi de mettre en lien les actes langagiers avec des processus sociaux plus larges. Je pourrai ainsi apporter un éclairage sur l'élaboration et la négociation interactionnelles des rôles et des légitimités de la langue française et des langues des migrants dans le processus d'intégration, au sein d'une association parisienne.

  • Titre traduit

    The linguistic dimension of immigrants integration in France : the place given to french language inside the plurilingual space of an association in Paris


  • Résumé

    For the last decades, the transformation of climate, economy and politic at a global scale had an impact on immigration toward Europe. This phenomenon invites us to study the means of integration of immigrants in France. The notion of integration implies a double process : the entry of a stranger in a community and his reception by the community. This process implies, for the new arrival, the acquisition of new knowledge, partly linguistic. He has to acquire knowledge about the community and a communication competence, in order to interact in different situations of the everyday life. For the members of the community, the intergration of a stranger equals the confrontation to Auther and requires adaptation. But the French state is leading for several centuries a linguistic politic which makes a norm from monolingualism and which presents french language as the dominant language in French Republic. In order to be considered as integrated, the immigrants should put aside their own language. The observations i made on the field of a volunteer community in Paris rised several questions : How the ideology of monolingualism influences the perception of foreigner languages by the volunteers and the immigrants ? How these languages are used or ignored during volunteer activities ? What are the consequences on the place given to languages in the integration process ? To answer these questions, i will use linguistic of enonciation and sociolinguistic of interaction.