Mettre en scène l'Algérie coloniale. Les préfets d'Alger et le protocole (1936-1961)

par Majid Embarech

Projet de thèse en Histoire et Civilisation des mondes modernes et contemporains

Sous la direction de Xavier Huetz de Lemps.

Thèses en préparation à l'Université Côte d'Azur , dans le cadre de École doctorale Sociétés, humanités, arts et lettres (Nice ; 2016-....) depuis le 30-08-2018 .


  • Résumé

    En situation coloniale comme ailleurs, l’État codifie les règles du jeu, élabore des règles, ritualise la conduite des différents acteurs : il met en place une véritable « politique du protocole » afin d’enraciner, de perpétuer la présence française, et d’influencer certaines parties de l’opinion publique. Le premier axe de notre travail consiste à déterminer comment le protocole permet de mettre en lumière les ajustements techniques et bureaucratiques mobilisés par les administrateurs de l’État en situation coloniale. Les « apparitions publiques » rituelles sont des moments particulièrement fructueux pour explorer les pratiques administratives préfectorales en situation coloniale. Notre second axe articule plus nettement les aspects politiques et symboliques du protocole, afin de démontrer à quel point étaient étroitement liés les conflits sur ses formes symboliques et les querelles autour de la politique coloniale. Dans cette optique les formes de commémoration constituent des pratiques sociales et politiques, à travers lesquelles les différents acteurs développent des stratégies de lutte et de reconnaissance ; le protocole permet ainsi d’examiner les luttes simultanées de différents acteurs autour des structures politiques et des formes de représentation symbolique de la société coloniale. Le troisième axe s’attache à un objectif plus difficile, car plus lacunaire, il s’agit de l'étude des usages que les Algériens ont pu faire, eux-mêmes et par eux-mêmes du protocole en situation coloniale et des réglementations administratives, de façon à rompre avec la vision d'une domination française toute puissante, condamnant ceux qu'elle domine à une totale passivité. Cette perspective semble la plus difficile à mener à bien car les archives sont, par définition, produites par les administrations et ne laissent que difficilement la parole aux « indigènes musulmans ». Néanmoins, nous disposons d'indices et d'éléments parcellaires, portant sur les contestations qui ont pu être portées devant les préfectures, les rapports de surveillance issus des renseignements généraux ou les réactions négatives aux visites officielles ou aux cérémonies relatées dans la presse.

  • Titre traduit

    Staging colonial Algeria. The prefects of Algiers and the protocol (1936-1961)


  • Résumé

    In colonial situations as elsewhere, the State codifies the rules of the game, develops rules, ritualizes the conduct of the different actors: it sets up a real "protocol policy" in order to root and perpetuate the french presence and influence certain parts of public opinion. The first axis of our work consists in determining how the protocol makes it possible to highlight the technical and bureaucratic adjustments mobilized by the administrators of the State in colonial situation. Ritual “public appearances” are particularly fruitful moments to explore prefectural administrative practices in colonial situations. ur second axis articulates more clearly the political and symbolic aspects of the protocol, in order to demonstrate how closely related were the conflicts over its symbolic forms and the quarrels around colonial policy. In this perspective, the forms of commemoration constitute social and political practices, through which the different actors develop strategies of struggle and recognition; the protocol thus makes it possible to examine the simultaneous struggles of different actors around the political structures and forms of symbolic representation of colonial society. The third axis focuses on a more difficult objective, because more incomplete, it is the study of the uses that the Algerians were able to make, themselves and by themselves of the protocol in colonial situation and administrative regulations , so as to break with the vision of an all-powerful French domination, condemning those it dominates to total passivity. This perspective seems to be the most difficult to carry out because the archives are, by definition, produced by the administrations and give hardly any voice to the "Muslim natives". Nevertheless, we have clues and fragmentary elements, relating to disputes that may have been brought before the prefectures, surveillance reports based on general information or negative reactions to official visits or ceremonies reported in the press.


  • Résumé

    En situaciones coloniales como en otros lugares, el Estado codifica las reglas del juego, desarrolla reglas, ritualiza la conducta de los diferentes actores: establece una verdadera "política de protocolo" para arraigar y perpetuar la presencia francesa e influencia ciertas partes de la opinión pública. El primer eje de nuestro trabajo consiste en determinar cómo el protocolo hace posible resaltar los ajustes técnicos y burocráticos movilizados por los administradores del Estado en la situación colonial. Las “apariciones públicas” rituales son momentos particularmente fructíferos para explorar las prácticas administrativas de la prefectura en situaciones coloniales. Nuestro segundo eje articula más claramente los aspectos políticos y simbólicos del protocolo, para demostrar cuán estrechamente relacionados estaban los conflictos sobre sus formas simbólicas y las disputas en torno a la política colonial. Con esto en mente, las formas de conmemoración constituyen prácticas sociales y políticas, a través de las cuales los diversos actores desarrollan estrategias de lucha y reconocimiento; El protocolo permite examinar las luchas simultáneas de diferentes actores en torno a las estructuras políticas y las formas de representación simbólica de la sociedad colonial. El tercer eje se centra en un objetivo más difícil, porque más incompleto, es el estudio de los usos que los argelinos pudieron hacer, ellos mismos y por sí mismos, del protocolo en la situación colonial y las regulaciones administrativas. , para romper con la visión de una dominación francesa todopoderosa, condenando a los que domina a una pasividad total. Esta perspectiva parece ser la más difícil de llevar a cabo porque los archivos son, por definición, producidos por las administraciones y apenas dan voz a los "nativos musulmanes". Sin embargo, tenemos pistas y elementos fragmentarios, relacionados con disputas que pueden haber sido presentadas ante las prefecturas, informes de vigilancia basados en información general o reacciones negativas a visitas oficiales o ceremonias informadas en la prensa.