Du corps perdu au corps retrouvé: les représentations du corps féminin dans la prose féminine contemporaine russe

par Kateryna Tarasiuk

Projet de thèse en Etudes Slaves

Sous la direction de Isabelle Despres.

Thèses en préparation à l'Université Grenoble Alpes , dans le cadre de École doctorale langues, littératures et sciences humaines , en partenariat avec Institut des Langues et des Cultures d'Europe, d'Amérique, d'Afrique, d'Asie et d'Australie (laboratoire) depuis le 01-09-2018 .


  • Résumé

    La prose féminine engagée russe des années 80-90 marque l'actualité littéraire par la mise à nu des processus biologiques et physiologiques du corps féminin qui étaient restés longtemps des sujets tabous dans l'espace culturel et social soviétique. Lorsque l'on montre le corps féminin, il est difficile de ne pas voir la violence faite à celui-ci. Dans sa représentation littéraire, le corps féminin représente une surface sur laquelle sont inscrites plusieurs expériences traumatisantes (avortements, accouchements, fausses couches). Les descriptions des corps souffrants et humiliés des femmes sont présentes chez un grand nombre des femmes écrivaines. Les autrices telles que Marina Paleiï, Olga Tatarinova, Ioulia Voznesenskaya, Marina Arbatova et beaucoup d'autres ont été parmi les premières à décrire le corps féminin en souffrance, placé souvent dans les décors littéraires comme une chambre d'hôpital ou une maternité. Serait-il possible de s'échapper de cet univers débilitant ou deviendrait-il un endroit qui néantise le sujet féminin et son corps? La thèse isole un corpus assez large, constitué majoritairement de récits fictionnels de la prose féminine engagée russe des années 80-90 des écrivaines telles que qu'Olga Tatarinova, Marina Paleï, Svetlana Vasilenko, Natalia Sukhanova, Maria Arbatova et Nina Gorlanova ainsi que du récit fictionnel intitulé le Décaméron des femmes [Ženskij Dekameron] (1986) d' Iolia Voznesenskaya et du roman autobiographique d'Anna Starobinets Regarde-le [Posmotri na nego] (2017). Les deux derniers font exception à la thématique générale en nous faisant nous interroger sur le rôle thérapeutique des œuvres littéraires comme l'une des stratégies primordiales textuelles ayant pour le but d'apaiser et guérir.

  • Titre traduit

    Body lost, body found: representations of the female body in contemporary Russian feminine prose


  • Résumé

    The Russian feminine prose of the 80-90's marks the literary actuality by exposing the biological and physiological processes of the female body which had long remained taboo subjects in the Soviet cultural and social space. When we expose the female body, it is difficult not to see the violence done to it. In its literary representation, the female body represents a surface on which several traumatic experiences (abortions, childbirth, miscarriages) are inscribed. Descriptions of women's suffering and humiliated bodies are present in many women writers. Authors such as Marina Paleiï, Olga Tatarinova, Yulia Voznesenskaya, Marina Arbatova and many others were among the first to write about the suffering female body, often placed in literary decorations such as a hospital room or a maternity ward. Could it be possible to escape from this debilitating universe or would it become a place where the feminine subject and her body are annihilated? The thesis isolates a rather large corpus, consisting mostly of fictional accounts of Russian engaged female prose of the 80-90s by writers such as Olga Tatarinova, Marina Paleï, Svetlana Vasilenko, Natalia Sukhanova, Maria Arbatova and Nina Gorlanova, as well as the fictional narrative entitled The Women's Decameron [Ženskij Dekameron] (1986) by Iolia Voznesenskaya and Anna Starobinets' autobiographical novel Look at Him [Posmotri na nego] (2017). The last two are exceptions to the general theme byquestioning us about the therapeutic role of literary works as one of the primordial textual strategies whose purpose is to appease and heal.