Les interstices entre travail social, économie populaire et mouvement social : quelles potentialités émancipatrices ?

par Clarissa Figueira

Projet de thèse en Sciences de l'éducation - Cergy

Sous la direction de Gilles Monceau.

Thèses en préparation à Cergy-Pontoise , dans le cadre de ED DSH - Droit et Sciences Humaines , en partenariat avec Ecole, mutations, apprentissages (laboratoire) depuis le 01-10-2018 .


  • Résumé

    Associer dans une même problématique travail social, économie populaire et mouvement social ne relève pas de l'évidence. Ils sont aujourd'hui constitués en trois champs autonomes étudiés séparément. Pourtant, Anselm Strauss, concernant les mondes sociaux, souligne cependant le potentiel de transformation sociale des interstices liant ces mondes (Strauss, 1978, 1992). C'est dans cette perspective que s'inscrira cette recherche doctorale portant, au Brésil et en France, sur des groupes sociaux pratiquant des activités économiques dites « de survie » (récupération de matériaux recyclables, petits agriculteurs). Si la dimension d'assistance du travail social s'est construite à partir de ces groupes sociaux, avec pour objectif « la socialisation des personnes en difficulté » (Jaeger, 2017), la massification de la pauvreté lui impose sa limite (Avenel, 2016). Quand le travail social donne une aide à ces « exclus », l'économie populaire amène de nouvelles perspectives en valorisant une richesse de mise en réseaux et de coopération de la part des populations les plus pauvres, pour pouvoir survivre (Lomnitz, 1998). Elle reconnait ainsi les compétences de ces « exclus ». Enfin, les mouvements sociaux, par les « mobilisations des « sans », rendent visible leur organisation collective et leurs revendications (Neveu, 1996). Selon le monde dans lequel on les décrit, ces acteurs peuvent donc être définis (voire stigmatisés) comme des assistés, des entrepreneurs ou des militants. L'objectif de la recherche sera d'étudier les pratiques et discours développés dans les interstices entre ces trois mondes pour comprendre ce qui y est en jeu. On mettra ainsi à l'épreuve l'hypothèse selon laquelle ces interstices constituent des espaces permettant aux acteurs (travailleurs, intervenants sociaux, militants) de s'émanciper des contraintes respectives du travail social, de l'économie populaire et du mouvement social pour inventer de nouvelles pratiques et produire de nouveaux discours.

  • Titre traduit

    Interstices between social work, popular economy and social movement : what emancipatory potential ?


  • Résumé

    Associating social work, popular economy and social movement in the same problematic is not self-evident. They are today made up of three autonomous fields studied separately. However, Anselm Strauss, concerning the social worlds, underlines the potential for social transformation of the interstices linking these worlds (Strauss, 1978, 1992). It is in this perspective that this doctoral research will be carried out in Brazil and France on social groups engaged in so-called "survival" economic activities (whastepickers, small farmers). If the assistance dimension of social work has been built from those social groups, with the objective of "socializing people in difficulty" (Jaeger, 2017), the massification of poverty imposes its limits on it (Avenel, 2016). When social work provides support to these "excluded", the popular economy brings new opportunities by valuing a richness of networking and cooperation on the part of the poorest populations, in order to survive (Lomnitz, 1998). In this way, it recognizes the skills of these "excluded" people. Finally, social movements, through the "mobilization of the without", make their collective organization and demands visible (Neveu, 1996). Depending on the world in which they are described, these actors can therefore be defined (or even stigmatized) as assisted, entrepreneurs or militants. The objective of the research will be to study the practices and discourses developed in the interstices between these three worlds to understand what is at stake there. We will test the hypothesis that these interstices constitute spaces that allow actors (workers, social actors, activists) to free themselves from the respective constraints of social work, popular economy and social movement to invent new practices and produce new discourses.