Construction, déconstruction et reconstruction de récits présidentiels : la présidence de George W. Bush (1999-2013)

par Sonia Perraud

Projet de thèse en Etudes anglophones

Sous la direction de Susanne Berthier-Foglar.

Thèses en préparation à l'Université Grenoble Alpes (ComUE) , dans le cadre de Langues, Littératures et Sciences Humaines , en partenariat avec Institut des Langues et des Cultures d'Europe, d'Amérique, d'Afrique, d'Asie et d'Australie (laboratoire) depuis le 01-09-2018 .


  • Résumé

    En 2005-2006, les Etats-Unis avaient trois présidents : George W. Bush à la Maison Blanche, Matt Santos (Jimmy Stits) dans The West Wing, et Mackenzie Allen (Gena Davis) dans Commander in Chief. Président démocrate d'origine hispanique, Matt Santos a succédé à Josiah "Jed" Bartlet (Martin Sheen), lui aussi démocrate. Mackenzie Allen, vice-présidente sans étiquette d'un président républicain, Teddy Bridges, est devenue présidente suite au décès de ce dernier. Sur son lit de mort, le président moribond demande à sa vice-présidente de renoncer à la présidence en faveur du Speaker of the House, Nathan Templeton (Donald Sutherland), républicain. Mackenzie Allen n'est pas la première présidente fictive des Etats-Unis. Déjà en 1985, ABC avait diffusé une sitcom politique de 7 épisodes de 30 minutes intitulée Hail to the Chief – en référence à l'hymne présidentiel – mettant en scène la présidence de Julia Mansfield (Patty Smith). Respectivement diffusée sur ABC – une chaîne du groupe Disney - entre le 27 septembre 2005 et le 14 juin 2006 et sur NBC entre le 25 septembre 1999 et le 14 mai 2006, Commander in Chief et The West Wing prennent fin en 2006. Le pays perd ses deux présidents fictifs à deux mois d'intervalle, faute d'audience. Lorsque The West Wing est diffusé en septembre 1999, Clinton est un lame-duck president dont l'image est ternie par l'affaire Lewinski et la procédure de destitution dont il fait l'objet – et qui n'aboutira pas. La première saison de la série est alors vue comme l'antidote à la présidence Clinton. Lors de l'élection présidentielle du 7 novembre 2000, George W. Bush est opposé à Al Gore, vice-président de Bill Clinton. Après de nombreux recompte de voix et une décision de la Cour Suprême (Bush vs. Gore), c'est Bush qui remportera l'élection avec 271 grands électeurs ayant voté pour lui. Néanmoins, Bush perd le vote populaire. Paru en 1999 pendant la campagne présidentielle, A Charge to Keep est réédité en 2001 avec le sous-titre My Journey to the White House pour répondre au déficit de légitimité présidentielle dont souffre le nouveau locataire de la Maison Banche suite à sa victoire contestée. Créateur et scénariste d'A la Maison Blanche, Aaron Sorkin, quitte la série à l'issue de la quatrième saison, suite à des divergences d'opinion avec Warner Bros. La série, surnommée The Left Wing, est jugée en décalage avec l'opinion dans une Amérique post-11 septembre qui vient d'envoyer des troupes en Irak. La série survivra trois ans au départ de Sorkin. A l'issue de la cinquième saison, c'est au tour de Martin Sheen de quitter la série. La série survivra deux ans au départ du Président Bartlet. La septième et dernière saison sera concurrencée par Commander in Chief. Si The West Wing a fait l'objet d'études académiques en sciences politiques, Commander in Chief, en revanche, n'a pas connu le succès universitaire de son concurrent. Alors que Bush est un lame-duck president, Oliver Stone réalise un biopic intitulé W. A Life Misunderestimated (W. L'Improbable Président) sur un scénario original de Stanley Weiser. Le film sort le 17 octobre 2008 aux Etats-Unis, soit moins d'un mois avant l'élection présidentielle du 4 novembre 2008 opposant Barack Obama à John McCain. Après avoir autopsié l'assassinat de Kennedy avec JFK (1992) et la carrière politique de Nixon (1995), Stone s'attaque à W. Le titre du film fait référence au deuxième prénom de l'ancien président et donc – implicitement – au fait que George W. Bush est le fils de George H. W. Bush. Le 3ème prénom du père – Walker – est le 2ème prénom du fils. Père et fils ont non seulement le même nom de famille mais également le même prénom. Comment se faire un prénom en politique quand on a le même prénom que son père ? Comment devenir GWB quand on est le fils de GWHB ? Comment être le 43ème président des Etats-Unis quand son père a été le 41ème ? George W. Bush est l'auteur d'une biographie sur son père intitulée 41 : A Portrait of My Father, parue en 2014. Le nombre 41 fait référence au fait que George H. W. Bush a été le 41ème président des Etats-Unis. Représentant du Texas dans les années 60, directeur de la CIA sous Gerald Ford dans les années 70, vice-président de Ronald Reagan dans les années 80, président de 1988 à 1992, Bush senior n'est pas réélu en novembre 1992. Après 8 ans de présidence démocrate, le fils s'inscrit-il dans la continuité présidentielle du père ou bien cherche-t-il à s'en démarquer ? Comment interpréter le néologisme – misunderestimated – qui constitue le sous-titre du film ? Comme ses prédécesseurs avant lui, l'ex-président a publié ses mémoires présidentielles, Decision points, en 2011. Le site officiel de George W. Bush résume le livre ainsi : In gripping, never-before-heard detail, President Bush brings readers inside the Texas Governor's Mansion on the night of the hotly contested 2000 election; aboard Air Force One on 9/11, in the hours after America's most devastating attack since Pearl Harbor; at the head of the table in the Situation Room in the moments before launching the war in Iraq; and behind the Oval Office desk for his most historic and controversial decisions. L'ex-Première Dame a quant à elle publié Spoken from the Heart un an avant. With rare intimacy and candor, Laura Bush writes about joining one of America's most prominent political families. She reveals her public triumphs and personal tribulations and the story of real life inside the White House. Laura Bush's compassion, her sense of humor, her grace, and her uncommon willingness to bare her heart make this story revelatory, beautifully rendered, and unlike any other first lady's memoir ever written. Enfin, le musée consacré à la présidence de George W. Bush a été inauguré le 25 avril 2013 en présence de Jimmy Carter, George H. W. Bush, Bill Clinton, George W. Bush, et Barack Obama. Il s'agit d'une véritable attraction touristique qui fait partie du Dallas City Pass. Outre le Perot Museum of Nature and Science et le Reunion Tower GeO-Deck, celui-ci comprend The Sixth Floor Museum ou le zoo de Dallas, ainsi que le George W. Bush Presidential Library and Museum ou le Dallas Arboretum and Botanical Garden. Se dessine alors une typologie des récits présidentiels. Présidence constitutionnelle : il s'agit de la présidence telle que définie par la Constitution – où l'exécutif vient après le législatif – et ses amendements. Mais aussi la présidence telle qu'elle est absente des Articles of Confederation. Par analogie avec la linguistique énonciative, on dira que la présidence constitutionnelle constitue l'invariant présidentiel, commun à tous les présidents qui ont été élus pour incarner l'institution. Présidence programmatique : le livre publié par le candidat ayant remporté les primaires de son parti dans lequel il expose son Presidential Dream. Présidence historiographique : la présidence telle qu'elle est racontée par les historiens selon un paradigme historiographique (présidence impériale). Présidence autobiographique : les mémoires écrits par l'ancien président mais aussi l'ancienne Première Dame. Ces récits présidentiels autobiographiques ont la particularité d'être écrits plusieurs années après la fin du mandat présidentiel. L'ex-président façonne ainsi l'héritage qu'il souhaite léguer à la postérité. Notons que les différents membres de l'exécutif, au premier chef desquels l'ex-vice-président, publient aussi leurs mémoires. Les mémoires politiques mettent en jeu ce que Philippe Lejeune appelle le pacte autobiographique, c'est-à-dire « l'engagement que prend un auteur de raconter directement sa vie (ou une partie, ou un aspect de sa vie) dans un esprit de vérité » . Présidence diégétique cinématographique et télévisuelle : il s'agit des fictions présidentielles - plus ou moins inspirées de faits réels - et de la présidence fiction comme genre cinématographique qui met en jeu une forte willing suspension of disbelief de la part du (télé)spectateur ainsi qu'une certaine forme d'escapism. Ainsi, The West Wing se déroule dans une Amérique parallèle où les élections présidentielles ont eu lieu en 1998, 2002 et 2006. Dans le cas du biopic présidentiel, le scénariste instaure un pacte biographique avec le spectateur. Dans son documentaire L'exercice du pouvoir (2017), Florence Platarets pose les questions suivantes : comment mettre la politique en fiction au temps des médias omniprésents ? Comment le cinéma peut-il rivaliser avec la vitesse et la réactivité des chaînes d'information ? Présidence muséographique : la présidence telle qu'elle est présentée dans les presidential libraries and museums de Herbert Hoover à Barack Obama, localisés dans l'Etat d'où est originaire l'ancien président. Je me propose d'analyser le processus de narrativisation dans ainsi que l'intertextualité à l'œuvre entre les différents récits présidentiel dont George W. Bush a fait l'objet. J'adopterai une approche intermédiale et intergénérique pour étudier un corpus qui comprend des ouvrages autobiographiques de littérature non romanesque, un musée-bibliothèque, un biopic, et deux séries télévisées qui appartiennent au genre de la présidence fiction. Les récits présidentiels bushistes commencent avant l'élection de 2000 avec A Charge to Keep (1999) et se terminent – si tant est qu'ils aient une fin – après l'élection de 2008 avec l'inauguration du George W. Bush Presidential Library and Museum (2013). Comment, de A Charge to Keep (1999) à Decision Points (2011) en passant par A Charge to Keep : My Journey to the White House (2001) et la publication de We Will Prevail: President George W. Bush on War, Terrorism and Freedom (2003) et George W. Bush on God and Country: The President Speaks Out About Faith, Principle, and Patriotism (2004) George W. Bush – présidentiable, président puis ex-président – a-t-il écrit le récit officiel de sa présidence, celui qui fait autorité car écrit par l'intéressé lui-même, celui qu'il veut léguer à la postérité, celui qu'il veut voir figurer dans les annales du récit national américain ? On n'oubliera pas de prendre en compte la contribution de la Première Dame au récit présidentiel bushiste. Dans quelle mesure le George W. Bush Presidential Library et Museum contribute-t-il à perpétuer le récit présidentiel bushiste ? Parallèlement à ces récits officiels, les trois avatars télévisuels et l'alter-ego cinématographique de George W. Bush véhiculent une autre image du président. Une étude comparative de la présidence de George W. Bush, de W., de Mackenzie Allen et de Jed Bartlet et Matt Santos nous permettra d'apporter des éléments de réponse aux questions suivantes : Dans quelle mesure la réalité dépasse-t-elle la fiction ? Dans quelle mesure la présidence fiction est-elle « inspirée de faits réels », selon la formule consacrée ? Dans quelle mesure peut-on parler d'utopies présidentielles ? de président idéal(iste) ? Dans quelle mesure ces fictions présidentielles se situent dans l'opposition ? Dans quelle mesure le 7ème art peut-il constituer un 6ème pouvoir ? Le cinéma et la télévision utilisant un langage audiovisuel, on analysera non seulement les dialogues mais aussi de tout l'éventail des techniques narratives du cinéma. On mettra en lumière la visual literacv nécessaire à la réception de récits présidentiels cinématographiques et télévisuels.

  • Titre traduit

    Construction, deconstruction and reconstruction of presidential narratives: the presidency of George W. Bush (1999-2013)


  • Résumé

    In 2005-2006, the United States had no less than three presidents: George W. Bush in the White House, Matt Santos (Jimmy Stits) in The West Wing, and Mackenzie Allen (Gena Davis) in Commander in Chief. A Democratic president of Hispanic origin, Matt Santos succeeded Josiah "Jed" Bartlet (Martin Sheen), another Democrat. Mackenzie Allen, the independent vice-president, became president following the death of Teddy Bridges, the Republican president. On his deathbed, the dying president asks his vice-president to renounce the presidency in favour of the Speaker of the House, Nathan Templeton (Donald Sutherland), a Republican. Mackenzie Allen is not the first fictitious president of the United States. In 1985, ABC had broadcast a political sitcom of seven 30-minute episodes entitled Hail to the Chief – a reference to the presidential hymn – recounting the presidency of Julia Mansfield (Patty Smith). Respectively broadcast on ABC – a Disney channel – between September 27, 2005 and June 14, 2006; and on NBC between September 25, 1999 and May 14, 2006, Commander in Chief and The West Wing were both terminated in 2006. The country lost its two fictitious presidents within two months because of poor ratings. When The West Wing premiered in September 1999, Clinton was a lame-duck president whose image was tarnished by the Lewinski affair and the subsequent impeachment procedure he was subjected to. The series' first season was then considered the antidote to the Clinton presidency. In 2000, George W. Bush and Al Gore, Bill Clinton's vice-president, ran for the presidency. After numerous recounts and a Supreme Court Decision (Bush vs. Gore), Bush won with 271 presidential electors voting for him. Nevertheless, the newly-elected president lost the popular vote. Published in 1999 during the presidential campaign, A Charge to Keep was republished in 2001 with the subtitle My Journey to the White House to respond to the lack of presidential legitimacy the new president suffered from following his contested victory. Creator and screenwriter of The West Wing, Aaron Sorkin, resigned at the end of the fourth season, because of divergent opinions with Warner Bros. The series, nicknamed The Left Wing, was deemed at odds with public opinion in a post-9/11 America that had just sent troops in Iraq. The series survived three years after Sorkin left the show. At the end of the fifth season, Martin Sheen too left the show. The series survived two years after President Bartlet left. While the seventh and last season was broadcast on NBC, ABC launched Commander in Chief. Contrary to The West Wing, Commander in Chief has not been extensively studied by scholars. While Bush was a lame-duck president, Oliver Stone directed a biopic entitled W. A Life Misunderestimated based on an original screenplay by Stanley Weiser. The film was released on October 17, 2008 in the United States, less than a month before the November 4 presidential election opposing Barack Obama to John McCain. After dealing with Kennedy's assassination (JFK, 1992) and Nixon's political career (Nixon, 1995), Stone took on Bush, Jr. The title of the movie refers to the president's middle name, and – implicitly – to the fact that George W. Bush is George H. W. Bush's son. The father's third name – Walker – is also the son's second name. Father and son share not only the same family name but also the same first name. How did W. make a name for himself when he shared the same Christian name as his father? How did he become GWB while he was GWHB's son? How to be the 43th president of the United States when one's father was the 41st? In 2014, George W. Bush wrote a biography about his father entitled 41: A Portrait of My Father. The number 41 refers to the fact that George H. W. Bush was the 41th president of the United States. A Texas Representative in the 60s, director of the CIA under Gerald Ford in the 70s, vice-president of Ronald Reagan in the 80s, president from 1988 to 1992, Bush senior was not reelected in November 1992. After 8 years of Democratic presidency, did the son follow in his father's Republican footsteps or did he try to distinguish himself from him? How to interpret the neologism – misunderestimated – that was coined as the subtitle of the movie ? As his predecessors before him, the former president published his presidential memoirs, Decision points, in 2011. The book is summed up as follows on George W. Bush's official website: In gripping, never-before-heard detail, President Bush brings readers inside the Texas Governor's Mansion on the night of the hotly contested 2000 election; aboard Air Force One on 9/11, in the hours after America's most devastating attack since Pearl Harbor; at the head of the table in the Situation Room in the moments before launching the war in Iraq; and behind the Oval Office desk for his most historic and controversial decisions. Likewise, the former First Lady published Spoken from the Heart a year earlier. With rare intimacy and candor, Laura Bush writes about joining one of America's most prominent political families. She reveals her public triumphs and personal tribulations and the story of real life inside the White House. Laura Bush's compassion, her sense of humor, her grace, and her uncommon willingness to bare her heart make this story revelatory, beautifully rendered, and unlike any other first lady's memoir ever written. Finally, the museum dedicated to George W. Bush's presidency was inaugurated on April 25, 2013 in the presence of Jimmy Carter, George H. W. Bush, Bill Clinton, George W. Bush, and Barack Obama. It is a tourist attraction which is part of the Dallas City Pass, along with the Perot Museum of Nature and Science et le Reunion Tower GeO-Deck, The Sixth Floor Museum and the Dallas zoo de Dallas. Tourists can visit either the George W. Bush Presidential Library and Museum or the Dallas Arboretum and Botanical Garden. A typology of presidential narratives can be drawn. The constitutional presidency is the presidency as defined by the Constitution – in which the executive comes after the legislative – and its amendments, but also the presidency as conspicuously absent from the Articles of Confederation. The programmatic presidency refers to a presidential candidate's Presidential Dream, set forth in a book published after winning his party nomination. The historiographic presidency refers to the presidency as told by historians according to a given historiographic paradigm (such as the imperial presidency). The autobiographical presidency refers to the memoirs written by the former president and by the former First Lady, several years after the former's term of office. The former president shapes his legacy for posterity. The vice-president and other members of the executive also publish political memoirs. The diegetic presidency refers to the presidency as depicted in fiction. More or less based on true events, presidency-fiction is a cinematographic genre requiring some willing suspension of disbelief from the viewer and involving a dose of escapism. For instance, The West Wing takes place in a parallel America where presidential elections took place in 1998, 2002 and 2006. In her documentary L'exercice du pouvoir (2017), Florence Platarets asks the following questions: how to fictionalize politics when media are omnipresent? How can cinema compete with the swiftness and reactivity of news channels? The museographic presidency is the presidency as displayed in presidential libraries and museums from Herbert Hoover to Barack Obama, in the former president's home state. I will analyze the storytelling devices in and the intertextuality at work between the different presidential narratives by and about George W. Bush, following an inter-medial and inter-generic approach to study a corpus encompassing nonfiction, a presidential library and museum, a biopic, and two presidency-fiction TV series. Presidential narratives about Bush began before the 2000 election with A Charge to Keep (1999) and end – if indeed they have an end – after the 2008 election with the inauguration of the George W. Bush Presidential Library and Museum (2013). How, from A Charge to Keep (1999) to Decision Points (2011) via A Charge to Keep : My Journey to the White House (2001) and the publication of We Will Prevail: President George W. Bush on War, Terrorism and Freedom (2003) and George W. Bush on God and Country: The President Speaks Out About Faith, Principle, and Patriotism (2004) did George W. Bush – as would-be president, president and ex-president – write the official, authoritative narrative of his presidency for posterity, the one that will go down in the American national narrative ? The First Lady's contribution to this narrative will be taken into account. To what extent does the George W. Bush Presidential Library and Museum contribute to perpetuate the Bushist presidential narrative? In addition to these official narratives, the three TV avatars and the cinematic alter-ego of George W. Bush convey another image of the president. A comparative study of the presidency of George W. Bush, W., Mackenzie Allen, Jed Bartlet and Matt Santos will help answer the following questions : To what extent is reality stranger than fiction ? To what extent is presidency-fiction inspired by true events, as the saying goes? To what extent can we speak of presidential utopias? of ideal(ist) presidents? To what extent are these fictitious presidents in the Opposition? To what extent can the 7th art be the 6th estate? Cinema and television being an audiovisual language, I will analyze dialogues but also the whole range of non-verbal storytelling techniques used by these media to show the visual literacy necessary to understand that type of presidential narratives.