Caractérisation de l'évolution de l'état de biodégradation des massifs de déchets non dangereux en post-exploitation : Application de méthodes géophysiques

par Thomas Jouen

Thèse de doctorat en Sciences de l'environnement

Sous la direction de Laurent Mazeas.

Thèses en préparation à Paris, Institut agronomique, vétérinaire et forestier de France , dans le cadre de École doctorale Agriculture, Alimentation, Biologie, Environnement, Santé (Paris ; 2015-....) , en partenariat avec PROSE - PRocédés biOtechnologiques au Service de l'Environnement - UR IRSTEA Antony (laboratoire) .


  • Résumé

    Le stockage est la méthode de traitement des déchets non dangereux la plus communément utilisée dans le monde entier car elle est un moyen simple et économique pour leur élimination. Malgré une volonté nationale et européenne pour réduire le stockage de déchets biodégradables, une quantité non négligeable est encore enfouie entrainant la mise en place de modes de gestion spécifique. Autrefois exploitées comme de simples fosses de remplissage, les installations de stockage de déchets non dangereux (ISDND) sont aujourd'hui des ouvrages complexes dont l'objectif est de réduire l'impact environnemental et de valoriser énergétiquement le biogaz produit par la biodégradation de la matière organique. Afin d'accélérer les processus de biodégradation un casier de déchets peut être exploité en mode bioréacteur en réinjectant des lixiviats pour augmenter la teneur en eau des déchets. Le défi des années 2000 était de dimensionner et valider les systèmes de réinjection de lixiviat pour garantir une distribution optimale de la teneur en eau dans les massifs de déchets. Aujourd'hui, la question est de de suivre l'évolution de la biodégradation en tous points d'un massif pour notamment comprendre l'effet de ce mode de gestion. Les méthodes géophysiques en plus d'être non-destructives et spatialisantes sont utilisées depuis des années sur les ISDND et pourraient être sensibles à l'évolution de la biodégradation d'un massif de déchets, comme cela a été démontré pour la biodégradation d'autres milieux. Ainsi la problématique de cette thèse est d'évaluer la capacité de certaines méthodes géophysiques pour suivre l'évolution des paramètres bio-physico-chimiques d'un massif de déchets au cours de sa biodégradation. Un premier travail bibliographique a permis d'identifier quatre méthodes électriques parmi les méthodes géophysiques disponibles pour répondre à cette question : • La résistivité électrique • Le potentiel spontané • La polarisation provoquée • La polarisation provoquée spectrale Après cet état de l'art, le travail de thèse a été séparé en trois parties. La première a été consacrée à la mise en place du suivi de ces quatre méthodes à l'échelle du laboratoire dans des conditions contrôlées, la seconde à analyser le suivi géophysique long terme sur le site industriel de la SAS Les Champs Jouault et la dernière a évaluée les observations à ces deux échelles. Enfin, la conclusion présente le potentiel de la méthode de mesure du potentiel provoquée comme la plus pertinente pour suivre l'évolution de la biodégradation d'un déchet non dangereux au cours du temps et aborde son utilisation dans un cadre industriel.

  • Titre traduit

    Characterization of the evolution of waste biodegradation state in municipal solid waste landfill: application of geophysical methods


  • Résumé

    Storage is the most commonly used waste treatment method in the world because it is a simple and economical way to dispose of solid waste. Despite a national and European desire to reduce the storage of biodegradable waste, a significant amount is still buried, leading to the implementation of specific management methods. Formerly exploited as mere filling pits, MSWL are today complex structures whose objective is to reduce the environmental impact and energetically valorize the biogas produced by the biodegradation of organic matter. In order to accelerate biodegradation processes, a waste cell can be operated in bioreactor mode by reinjecting leachates to increase the water content of the waste. The challenge of the 2000s was to size and validate leachate re-injection systems to ensure optimal distribution of water content in the waste mass. Today, the question is to monitor evolution of the biodegradation in all points of a waste mass in particular to understand the effect of this management mode. Geophysical methods in addition to being non-destructive and spatializing have been used for years on MSWLs and could be sensitive to the evolution of a waste mass biodegradation, as has been demonstrated for the biodegradation of others environments. Thus the problematic of this thesis is to evaluate the capacity of certain geophysical methods to monitor the evolution of the bio-physicochemical parameters of a waste mass during its biodegradation. A first bibliographic work identified four electrical methods among the geophysical methods available to answer this question: • Electrical resistivity • Self potential • Time domain induced polarization • Spectral induced polarization After this state of the art, the thesis work was separated into three parts. The first one was devoted to the implementation of the monitoring of these four methods at the laboratory scale under controlled conditions, the second to analyze the long-term geophysical monitoring at the industrial site of SAS Les Champs Jouault and the last one to evaluate the observations at these two scales. Finally, the conclusion presents the potential of time domain induced polarization method as the most relevant to monitor the evolution of a waste mass biodegradation over time and discusses its use in an industrial setting.