Participation et inter-coopération dans l'économie sociale et solidaire

par Cynthia Srnec

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Gilles Hereros et de Mirta Vuotto.

Thèses en préparation à Lyon en cotutelle avec l'Universidad de Buenos Aires , dans le cadre de École doctorale Sciences sociales (Lyon) , en partenariat avec Centro de Estudios de Sociología del Trabajo -IADCOM- FCE-UBA (laboratoire) et de Centre Max Weber umr 5283 (laboratoire) depuis le 26-11-2013 .


  • Résumé

    L'économie sociale et solidaire connaît une forte croissance en Argentine depuis la crise monétaire et budgétaire de 2001. Certaines de ces initiatives ont été promues par des mouvements sociaux et des assemblées de quartier, tandis que d'autres ont émergé de projets productifs liés à l'agriculture familiale ou aux nouvelles entreprises récupérées par leurs travailleurs. La croissance des sociétés coopératives de production et des micro-entreprises associatives s'est traduite depuis 2001 par un saut qualitatif vers leur intégration associative dans de nouvelles fédérations, réseaux et confédérations. Face au développement croissant de ces réseaux au cours des quinze dernières années en Argentine, il semble essentiel de promouvoir le débat sur la démocratie et la participation de ses acteurs. Cette recherche propose, comme objectif général, d’inclure la participation des personnes dans les processus de gouvernance et d’inter-coopération dans les organisations autogestionnaires de l’économie sociale et solidaire ayant émergé après la crise locale 2001. Les questions qui ont guidé ce travail sont les suivantes : Pourquoi les travailleurs et les producteurs autogérés décident-ils de construire ces réseaux ? De quelle manière les espaces de coopération entre les organisations autogérées et les producteurs sont-ils construits ? Quels facteurs sont les promoteurs de la participation des personnes dans ces organisations ? Comment les associés basent-ils leur adhésion aux réseaux ? Comment fondent-ils leur engagement dans leur organisation de base et dans les réseaux ? La contribution des acteurs à ces dimensions et leur renforcement nous ont conduit à mettre en évidence le rôle de la participation dans la gouvernance des organisations. De cette manière, nous avons choisi de revenir à la définition de Zask (2011) sur la participation en tant que pratique sociale composée de trois ressorts d’action : prendre part, contribuer et bénéficier. Cette recherche a été guidée par une approche interactionniste et pragmatique des organisations. Une analyse de la participation a été réalisée en considérant trois niveaux: l'organisationnel-institutionnel, où les formes de régulation du champ sont construites (DiMaggio et Powell 1983, Lawrence 2008, Scott 2013); le niveau groupe-associatif, support de l'action collective et des représentations collectives (Jodelet 2011); et le niveau individuel, dans lequel sont étudiées les différentes formes de participation, en précisant leurs sources de mobilisation et d'engagement dans les espaces de travail. La méthode de l'étude de cas a été choisie. Quatre cas d'organisations basées dans la ville autonome de Buenos Aires ont été sélectionnés. Parmi eux, deux réseaux démarrés en 2006 : l'un, des entreprises récupérées par leurs travailleurs et des sociétés coopératives de production, l'autre, un réseau de commerce équitable. Les cas quatre analysés montrent différentes formes d'engagement dans le travail, l'activité de l'organisation, la gestion et ses valeurs. Dans le cas des réseaux étudiés, la stratification des membres constitue un champ favorable pour la primauté d´un noyau de dirigeants qui disposent de légitimité sociale. Le phénomène de la gouvernance de ces organisations dépasse l'organe officiel qui détient une autorité formelle, sans être non plus compris dans des espaces de discussion informels. Compte tenu des résultats de cette recherche et de la littérature, dans la mesure où ils atteignent un équilibre entre les conditions requises pour l’intégration, les exigences et les possibilités de contribution et de versement de bénéfices à chaque membre, en raison de leur position intermédiaire entre les membres, les réseaux peuvent jouer un rôle clé dans la promotion d'un exercice participatif de la démocratie.

  • Titre traduit

    Participation and inter-cooperation in the social and solidarity economy


  • Résumé

    The aim of this dissertation is to understand the participation of people in the processes of governance and the inter-cooperation within the organizations and networks of the social and solidarity economy that emerged in the city of Buenos Aires after the economic crisis of 2001 in Argentina. The interest on this purpose is supported by the foundation of networks as an adequate strategy to promote the sustainability of social and solidarity economy. These organizations have grown quantitatively and qualitatively since the local crisis of 2001. An interactionist sociological approach is adopted to analyse the participation of members on its own framework of action and under power relations in organizations. Participation is understood in this dissertation as a social practice that is not restricted to the involvement in the governing bodies of the organization. Principally, participation has been analysed, at the individual level, by exploring the motives of action in the organizations of the actors as well as in their work spaces. This dissertation is presented in three sections. In the first part, the conceptual framework that guided the analysis on labour, identity and organizational dimensions around the participation at an individual, group and organizational-institutional level is presented. The relevance of the term of governance for self-managed organizations is discussed and the antecedents of the social and solidarity economy relevant to this topic are outlined. This section justifies the selection of the qualitative approach and choice of a case study of four organizations as well as the technique of participant observation. The second part introduces the two cases of networks of organizations (organizational networks) that emerged in 2006: a network of worker-recovered companies and a fair-trade network composed of artisan self-managed ventures linked to social movements. In the third part, two worker recovered companies -converted to worker cooperatives in 2002- are analysed in order to understand participation in grassroots organizations that constitute their job site. The analysis of these four cases made it possible to compare and contrast the participation practices of the actors, their connection with their productive activity, management and power relations. In relation to the structure of the organizations, the comparative study of the cases has discerned that neither the size nor the type of governance structures are an incentive nor a barrier to the commitment and participation of the members. The actors, both individual and collective, are restricted or promoted to participate according to their status in the cycle of life, their resources and their particular projects. But these conditions of departure do not explain the concrete participation, which will acquire a specific form according to their profile and the web of power relations in force in the organization that results in the stratification of the members. The research carried out has led to the conclusion that the participation of people associated in organizations, networks and cooperatives, is not explained either as an automatic response to ideals or for the benefits. On the contrary, participation is the result of a network of relationships between the conditions of organizations, the particular situations of the actors and their needs in a socio-historical context. The challenges identified around participation and consensus in governance as well as the maintenance and control of management are not the result of scarce resources and an unfavorable political context, but rather of the complex of the internal relations of power and their conditions for the integration of the membership and their participation.

  • Titre traduit

    Participación e inter-cooperación en la economía social y solidaria


  • Résumé

    En esta investigación se propone, como objetivo general, comprender la participación de las personas en los procesos de gobierno e inter-cooperación en las organizaciones y redes de la economía social y solidaria que surgieron en Buenos Aires tras la crisis económica de 2001 en Argentina. El interés por este objeto se justifica en que la conformación de redes de organizaciones constituye una estrategia adecuada para promover la sostenibilidad de la economía social y solidaria que ha crecido cuantitativa y cualitativamente desde el 2001. Para ello se propone un enfoque de la sociología interaccionista sobre la participación de los miembros centrado en el marco de su acción bajo relaciones de poder en diferentes niveles de estas organizaciones. La participación es entendida en este trabajo como una práctica social que no se restringe a la intervención en los órganos de gobierno de la organización. La participación ha sido analizada explorando los móviles de la acción de los actores en las organizaciones y en sus espacios de trabajo. La presentación de este trabajo de investigación se subdivide en tres partes. En la primera parte se expone la discusión de la propuesta conceptual que guio el análisis sobre las dimensiones laborales, identitarias y organizacionales en torno a la participación a un nivel subjetivo, grupal y organizacional-institucional. Se discute la pertinencia del término de gobernanza para las organizaciones autogestionadas y se reseñan los antecedentes de la economía social y solidaria relevantes para este tema. En esta parte se justifica la selección del enfoque cualitativo y la estrategia metodológica que se ha basado en un estudio de caso de cuatro organizaciones y en la técnica de la observación participante. La segunda parte introduce los dos casos de redes de organizaciones que surgieron en 2006: una red de empresas recuperadas y otra red de comercio justo compuesta por emprendimientos autogestionados artesanales vinculados a movimientos sociales. En la tercera parte se analizan dos empresas recuperadas por sus trabajadores y constituidas en cooperativas de trabajo en el 2002 a fin de comprender la participación en organizaciones de base que constituyen la fuente laboral de sus asociados. El análisis de estos cuatro casos ha permitido comparar y contrastar las prácticas de participación de los actores, su vinculación con la actividad productiva, la gestión y las relaciones de poder. En busca de facilitar una mirada transversal se ha elaborado una tipología de cuatro perfiles de participación (participativo, crítico, simpatizante e indiferente) que muestra los diferentes comportamientos de compromiso y contribución a pesar de que varias personas comparten identidades y condiciones personales y organizacionales. En relación con la estructura de las organizaciones, el estudio comparativo de los casos ha permitido discernir que ni el tamaño ni el tipo de gobierno son un aliciente ni tampoco una barrera para el compromiso y la participación de las personas. Los actores, tanto individuales como colectivos, se hallan restringidos o promovidos para participar de acuerdo con su estado en el ciclo de la vida, sus recursos y proyecto particular. Pero estas condiciones de partida no explican la participación concreta, la cual adquirirá una forma específica de acuerdo con su perfil y la trama de relaciones de poder vigente en la organización que se traduce en la estratificación de los miembros. El trabajo realizado ha llevado a concluir que la participación de las personas asociadas a organizaciones, y redes y cooperativas, no se explica ni como una respuesta automática a ideales (no es exclusivamente una acción militante) ni por los beneficios recibidos (no es un simple interés instrumental). Por el contrario, la participación es resultante de un entramado de relaciones entre las condiciones de las organizaciones, de las situaciones particulares de los actores y de sus necesidades en un contexto socio-histórico. Los desafíos identificados en torno a la participación y el consenso en el gobierno y al mantenimiento y control de la gestión no son el resultado de la escasez de recursos y de un contexto político poco favorable sino del complejo entramado de las relaciones internas de poder y de sus condiciones para la integración de la membresía y su participación.