Génération, nature et individuation des corps vivants chez Aristote

par Luca Torrente

Projet de thèse en Philosophie, epistemologie

Sous la direction de Cristina Viano.

Thèses en préparation à Sorbonne université , dans le cadre de École doctorale Concepts et langages (Paris) , en partenariat avec C. Rech. pensée antique (equipe de recherche) depuis le 12-07-2018 .


  • Résumé

    Le projet cherche à analyser les problèmes de la conception aristotélicienne du corps des êtres vivants. Aristote se préoccupe de distinguer sa théorie des êtres animée par celles des ses prédécesseurs précisément pour le soin consacré à l’analyse des spécificités du corps des vivants. Prenant comme point de départ l’être vivant dans son caractère hylémorphique, j’essaierai de concentrer mes recherches sur le corps, ses caractéristiques et son particulier statut ontologique dans l’œuvre aristotélicienne. Dans la première partie de mon étude, j’analyserai le problème de la génération des animaux. Mes questions serons les suivantes : Comment se forme-t-il l’embryon selon Aristote ? Quelles sont les conditions matérielles qui permettent le développement d'un nouvel être vivant ? Quel est le rôle de la cause finale dans la génération, étant donné que cette cause est utilisée par Aristote presque toujours dans les contextes biologiques ? Et enfin, quelle relation existe-t-il entre les théories aristotéliciennes et celles des médecins hippocratiques ? La seconde partie de mes recherches sera consacrée à l’étude de la nature du corps vivant, c’est-à-dire à sa forme et au principe de son mouvement. S'il est vrai que les organismes vivants sont pour Aristote les paradigmes des substances naturelles (Métaph. Z. 7), nous devons chercher à savoir pourquoi. Pourquoi les corps vivants sont des substances ? Quelles sont les caractéristiques matérielles et formelles de l'être vivant ? Quels sont donc les éléments nécessaires à sa vie (comme le dit Aristote dans le De anima 415b13: «vivre est, pour les vivants, leur même être»)? Quelle est la relation entre l'individu vivant et l'environnement? Et quelle est l'importance de l'influence externe sur la qualité de vie de l'être vivant? Je consacrerai la dernière partie de ma recherche au problème de l'unité et de l'individuation du corps vivant. Les substances naturelles sont des individus selon Aristote, mais il y a un processus d’individuation qui forme les substances telles qu'elles sont, c'est-à-dire la génération. Comment ce processus fonctionne-t-il d'un point de vue ontologique ? Il faut que Socrate aie un corps afin d’exister, donc avant du processus d’individuation il n’y a pas la forme individuelle de Socrate (Métaph. Z. 8). Mais comment pouvons-nous expliquer l'unité substantielle de l'individu Socrate?

  • Titre traduit

    Generation, Nature and Individuation of Living Bodies in Aristotle


  • Résumé

    My research project analyses the problems of the Aristotelian conception of the body of living beings. Aristotle is concerned with distinguishing his theory of animate beings from that of his predecessors precisely for the consecrated care in the analysis of the specifics of the living body. Taking as a starting point the living being in its hylomorphic character, I will concentrate my research on the body, its characteristics and its peculiar ontological status in the Aristotelian work. In the first part of my research, I will analyse the problem of animal generation. The questions I will investigate will be the following: How is the embryo formed according to Aristotle? What are the material conditions that allow the development of a new living being? What is the role of the final cause in generation, given that this cause is used by Aristotle almost always in biological contexts? Finally, what is the relationship between Aristotelian theories and those of Hippocratic doctors? The second part of my study will be devoted to the analysis of the nature of the living body, that is of the form and the principle of movement. If it is true that the living organisms are for Aristotle the paradigms of natural substances (Metaphysics Z, 7), one must try to understand why. Why are living bodies substances? What are the material and formal characteristics of the living being? What then are the elements necessary for life (as stated by Aristotle in the De anima, 415b13: "living is, for the living beings, their own being")? What is the relationship between the individual living being and the environment? And what is the importance of external influence on the quality of life of the living being? I will dedicate the last part of my research to the problem of unity and the individuation of the living body. The natural substances are individuals for Aristotle, but there is a process of individuation that forms substances as they are, that is, generation. It is necessary that Socrates has a body to exist, therefore, before the individuation process there is not yet the individual form of Socrates (Metaphysics Z, 8). But how can we explain the substantial unity of the individual Socrates?