L'attractivité perçue des zones hyper-rurales à l'aune du rapport vécu au territoire

par Paul-mathieu Caitucoli

Projet de thèse en Sciences de Gestion

Sous la direction de Valérie Guillard.

Thèses en préparation à Paris Sciences et Lettres , dans le cadre de Ecole doctorale de Dauphine (Paris) , en partenariat avec Dauphine Recherches en management (Paris) (laboratoire) et de Université Paris-Dauphine (établissement de préparation de la thèse) depuis le 31-08-2018 .


  • Résumé

    Apparue pour la première fois dans le rapport parlementaire d'A. Bertrand (2014), la notion d'hyper-ruralité qualifie des espaces « où l'enclavement, la faible densité de population, la faiblesse de certaines infrastructures peuvent constituer de réels freins au développement économique ». Ces territoires irriguent les représentations d'une « France périphérique » (Guilluy, 2014), « d'un rural profond » ou d'une « diagonale du vide » (Depraz, 2018). Cependant, les récentes dynamiques démographiques contredisent cette vision et indiquent une recomposition rapide de ces espaces dans lesquels existent de nouvelles bases économiques attractives. (Depraz, 2016). Dans ce contexte, malgré la prédominance des métropoles dans la concurrence territoriale, certains territoires hyper-ruraux (la Lozère par exemple) se sont lancés dans des démarches de marketing territorial. Ces dernières visent moins à concurrencer les centres urbains qu'à proposer une offre complémentaire (Brun, 2017). Notion centrale des démarches de marketing territorial, l'attractivité de ces territoires mérite d'être étudiée au regard de cette échelle particulière. Au-delà de la prise en compte du contexte territorial, l'attractivité fait appel à des mécanismes de représentations mentales qui, à notre connaissance ne sont pas étudiés par la littérature. Pourtant, l'attractivité territoriale dépend de facteurs individuels, directement issus du lien entretenu par les individus avec leur territoire. En fonction de l'âge, de la catégorie socioprofessionnelle ou des origines familiales, la perception d'un territoire attractif peut différer. Notre recherche souhaite donc analyser l'attractivité territoriale au prisme des relations qu'entretiennent les individus à l'hyper-ruralité. L'originalité de cette recherche serait donc d'appréhender l'attractivité territoriale au niveau individuel. Pour ce faire, nous adopterons une méthodologie hybride, tant qualitative que quantitative. Une phase préliminaire sera consacrée à l'analyse des représentations sociales associées à l'hyper-ruralité. Des entretiens permettront ensuite de comprendre le lien entretenu par les individus à leur territoire de vie. Enfin, une phase quantitative permettra la construction d'un modèle d'attractivité perçue de l'hyper-ruralité. Cette recherche visera à mettre en lumière des mécanismes en mesure d'éclairer les décideurs territoriaux sur les projets de développement territorial menés.

  • Titre traduit

    The perceived attractiveness of hyper-rural areas in the light of the people-place relationship


  • Résumé

    First appeared in A's parliamentary report (Bertrand, 2014), the notion of hyper-rurality qualifies spaces "where isolation, low population density, the weakness of certain infrastructures can constitute real obstacles to economic development". These territories irrigate the representations of a "peripheral France" (Guilluy, 2014), "of a deep rural" or a "diagonal of the void" (Depraz, 2018). However, the recent demographic dynamics contradict this vision and indicate a rapid recomposition of these spaces in which new attractive economic bases exist. (Depraz, 2016). In this context, despite the predominance of metropolises in territorial competition, some hyper-rural territories (the Lozere for example) have embarked on territorial marketing initiatives. The latter aim less to compete with urban centers than to offer a complementary offer (Brun, 2017). As a central concept of territorial marketing approaches, the attractiveness of these territories deserves to be studied with regard to this particular scale. Beyond taking into account the territorial context, attractiveness uses mechanisms of mental representations which, to our knowledge, are not studied by the literature. However, territorial attractiveness depends on individual factors, directly derived from the relationship maintained by individuals with their territory. Depending on age, socio-professional category or family background, the perception of an attractive territory may differ. Our research therefore seeks to analyze the territorial attractiveness of the relationships between individuals and hyper-rurality. The originality of this research would be to understand the territorial attractiveness at the individual level. To do this, we will adopt a hybrid methodology, both qualitative and quantitative. A preliminary phase will be dedicated to the analysis of social representations associated with hyper-rurality. Interviews will then make it possible to understand the link maintained by the individuals to their territory of life. Finally, a quantitative phase will allow the construction of a model of perceived attractiveness of hyper-rurality. This research will seek to highlight mechanisms that can inform territorial decision-makers on territorial development projects.