Les sources védiques de la théorie de la renaissance

par Isabelle Duperon

Projet de thèse en Etudes de l'Extrême-Orient

Sous la direction de Jan e. m. Houben.

Thèses en préparation à Paris Sciences et Lettres , dans le cadre de ED472 (EPHE) , en partenariat avec M2i - Mondes iranien et indien (laboratoire) et de École pratique des hautes études (Paris) (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-09-2014 .


  • Résumé

    Au sein de la tradition brahmanique indienne, la doctrine « classique » de la renaissance (punar-janman), affirmant que les êtres traversent un cycle de morts et de renaissances pour épuiser leur karman, n'apparaît pas avant les Upanishad, qui constituent la couche la plus récente du corpus védique. Deux thèses s'affrontent dans l'indianisme à propos de l'origine de cette doctrine : pour certains auteurs, elle serait issue d'une tradition non-brahmanique voire non-indoeuropéenne qui aurait produit le Jaïnisme et le Bouddhisme, et finalement influencé les milieux brahmaniques. Pour les autres, la doctrine de la renaissance proviendrait d'une évolution interne à la tradition védique, au cours de laquelle des éléments précurseurs auraient été retravaillés. Mon travail de doctorat entend défendre cette deuxième solution, à partir d'un examen détaillé des textes du corpus védique. Il dégage les éléments précurseurs présents dans les Brâhmana tardifs, qui sont les textes védiques immédiatement antérieurs aux Upanishad : l'accomplissement du sacrifice produit des mérites karmiques qui permettent de renaître au ciel, mais ensuite l'épuisement de ces mérites entraîne une « re-mort » (punar-mrtyu) dans le ciel même, à laquelle on peut échapper en obtenant sâyujya (l' « union » avec la Déité suprême). Enfin mon doctorat essaie de montrer que ces conceptions ont des racines encore plus anciennes dans certains textes des Yajurveda Samhitâ et de l'Atharvaveda, elles ne sont donc pas empruntées à une tradition étrangère.

  • Titre traduit

    The Vedic Sources of the Rebirth Theory


  • Résumé

    The classical form of the rebirth (punar-janman) theory, as we find it in the brahmanical tradition of India, states that creatures get through a cycle of death and rebirth in order to exhaust their karman : it is found for the first time only in some texts of the Upanishads, that is to say in the more recent layer of the Vedic corpus. Concerning the origin of this doctrine the Indologists have put forth two opposite theories : some of them think that it originates from a non-brahmanical, or even non-indoeuropean tradition, which has shaped Jainism and Buddhism, and also influenced the brahmanical circles at a relatively late date ; for other indologists, the rebirth theory is the result of an internal development of the Vedic tradition, it has first been prepared by some definite stepping stones, which have then been elaborated afresh. My doctoral dissertation intends to defend the second thesis, by systematically examining the texts of the Vedic corpus. I first identify the stepping stones which are present in the texts of the late Brâhmana period, and thus immediately precede the Upanishads in the chronological development of the Vedic corpus : the performance of Vedic sacrifice generates karmic merits by the power of which the sacrificer is born again in heaven, but when these merits are exhausted he will be subject to a “redeath” (punar-mrtyu) in heaven ; one can escape such a redeath by obtaining sâyujya or union with the supreme Deity. Eventually I try to show that these stepping stones have still older roots in some texts of the Yajurveda-Samhitâs and the Atharvaveda, and so are not borrowed from a foreign tradition.