LES LIEUX DE CULTE CHRETIENS EN TUNISIE A L'EPOQUE COLONIALE (1881/1956)

par Chaima Ben Said

Projet de thèse en Histoire de l'art

Sous la direction de Isabelle Saint-Martin.


  • Résumé

    Ce projet de recherche vise dans un premier temps à inventorier et examiner l'architecture religieuse catholique qui semble avoir été empruntée à différents modèles et transplantée dans un milieu spécifique à Tunis, à travers une étude monographique et analytique, afin de replacer cette vague de constructions dans son contexte artistique et sociopolitique méditerranéen. L'intérêt de cette étude consiste à trouver des parallèles avec d'autres édifices réalisés pendant la colonisation française en Afriques du Nord (comme en Algérie), et au Moyen-Orient (le Liban et la Syrie). Elle se concentre aussi sur l'influence que l'architecture religieuse occidentale a exercée sur l'édification des monuments du culte chrétiens à Tunis, à travers une comparaison avec les grandes œuvres architecturales religieuses en France particulièrement mais aussi plus généralement en Europe. Ce projet cherche ainsi à mettre en perspective ces exemples en les situant dans le contexte des constructions et des travaux de restauration qui se sont succédés depuis la Seconde Guerre mondiale. Dans un second temps, ce projet cherche un modèle ou un prototype de l'architecture méditerranéenne coloniale et religieuse, en termes d'édification et de construction. Ma recherche se concentre sur l'exploitation de quinze études de cas qui offrent des exemples très riches, imprégnés de messages aux dimensions liturgiques et politique, tels que : une cathédrale (dont un premier examen a été réalisé dans le cadre de mon master), des administrations, des salles de lectures, des bibliothèques, des ruines et des espaces abandonnés, etc. Ces études de cas seront examinées à partir de documents d'archives; lettres, photos, cahiers des charges, factures, etc. Cette étude approfondie tant des monuments que des documents d'archives permettra de mettre en lumière ces monuments, leur histoire et le contexte de leur construction. Ma recherche préliminaire sur le sujet dans le cadre de mon master a mis en évidence le dépassement du clivage politique-religion à travers l'étude de la riche iconographie composée par les artistes français, qui se situe à la croisée des codes iconographiques du Moyen-âge, et de ceux exigés par les commanditaires et le contexte particulier de la réalisation. Dans un troisième temps, la recherche s'attachera à l'influence de l'architecture locale et de l'ornementation tunisienne sur la pratique artistique et à l'apport des artistes étrangers souvent recommandés par la Résidence générale. Elle cherche aussi à exposer tout un réseau de relation, en dévoilant les liens entre les commanditaires et le système politique et leur influence sur la pratique artistique. Cette étude sera menée sur deux principaux cadrages temporels. Un premier temps se situe entre la signature du traité de Bardo en 1881 et la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945. Cette période est marquée par une atmosphère coloniale où l'édification suit une logique d'imitation, dans le but de créer plusieurs exemplaires minuscules de la métropole. Un deuxième temps sera déterminé par la fin de la guerre et par l'Indépendance de la Tunisie en 1959. Cette phase est marquée par une restauration qui semble s'apparenter à la vague de modernisation de l'art sacré en Europe et qui touche les nouvelles constructions de l'Après-guerre. A ces deux premiers cadrages temporels succède un troisième temps après l'Indépendance. La pratique religieuse chrétienne a considérablement diminué après les départs successifs de la population européenne. La plupart des paroisses restaient sans aucune activité puisque leur nombre était trop élevé pour la population chrétienne, en outre leurs emplacements ne correspondaient plus à la répartition de cette population. Ces monuments ont été réaffectés progressivement après la signature de l'accord « Le modus vivendi » le 10 juillet 1964, entre le Vatican et la Tunisie. L'accord mentionne le protocole gérant le fait de céder les monuments de culte chrétien construits à Tunis au gouvernement tunisien. Ma recherche sur cette phase se focalise sur la seconde vie de ces monuments et leurs désacralisations, en examinant le système et la logique adoptés dans la réaffectation de ces espaces ainsi que leur état actuel dans le cadre de l'accord. Finalement, le projet en question voudrait constituer une étude de référence de l'architecture religieuse chrétienne à Tunis qui a constitué un élément révélateur déclenchant d'un nouveau modèle de construction. Ce dernier a joué un rôle très important dans la transmission des nouvelles pratiques et méthodes d'architecture. Ce sujet s'attache aussi à la philosophie qui a présidé à la réhabilitation de ces monuments du culte chrétiens dans un pays musulman et à la réintégration de ses espaces marqués par un système colonial dans un milieu culturel local.

  • Titre traduit

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  • Résumé

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