La communauté internationale face à la crise du Kosovo: de l'éclatement de l'ex-Yougoslavie à l'intervention de l'OTAN (1991-1999)

par Arben Rushiti

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Frédéric Turpin.

Thèses en préparation à Grenoble Alpes , dans le cadre de École doctorale sciences de l'homme, du politique et du territoire (Grenoble) , en partenariat avec Langages, Littératures, Sociétés (laboratoire) .


  • Résumé

    De l'éclatement de l'ex-Yougoslavie en 1991 à la montée des tensions à la fin de 1997, la crise du Kosovo a été insuffisamment considérée par la communauté internationale, qui était accaparée par la gestion des conflits ouverts en Croatie et en Bosnie. Mais l'éclatement du conflit armé au début de 1998 poussa la communauté internationale à réagir au Kosovo. Or, cette réaction était à la fois tardive et insuffisante pour permettre de parvenir à une solution diplomatique du conflit. L'une des interrogations de ce travail est donc de déterminer si un règlement politique et pacifique du conflit était possible. Si, avant le conflit armé, tout n'a pas été tenté pour prévenir son éclatement, les chances de trouver une solution politique une fois les hostilités déclenchées, étaient illusoires. Aussi, toutes les initiatives entreprises par la communauté internationale au cours de l'année 1998 et le début de 1999 échouèrent. L'absence d'une solution diplomatique conduisit l'OTAN à intervenir militairement contre l'ex-République fédérale de Yougoslavie, entre mars et juin 1999. Les raisons qui ont motivé cette intervention constituent un autre questionnement important de cette thèse. Dans cette crise, l'OTAN semble avoir subi l'évolution de la situation plus qu'elle ne l'a précédée et anticipée. Selon notre hypothèse, l'Alliance atlantique s'est impliquée dans le conflit en espérant que ses menaces lui éviteraient une intervention militaire qu'elle croyait brève lorsque celle-ci devint inévitable. En entendant mettre fin au conflit par une démonstration de force contre Belgrade, l'OTAN se retrouva donc engagée dans une guerre qu'elle devait mener jusqu'au bout, car il en allait de sa propre crédibilité. Si d'autres facteurs ont également joué un rôle important, l'enjeu de crédibilité nous semble donc constituer l'élément déclencheur de l'intervention de l'OTAN, puis son moteur au fur et à mesure qu'elle se prolongeait et s'intensifiait.

  • Titre traduit

    The International Community and the Kosovo Crisis: from the Breakup of the former Yugoslavia to the NATO Intervention (1991-1999)


  • Résumé

    From the collapse of former Yugoslavia in 1991 to the rising tensions at the end of 1997, the crisis of Kosovo had not been sufficiently considered by the international community, which was preoccupied with the management of open conflicts in Croatia and Bosnia. However, the outbreak of the armed conflict in early 1998 pushed the international community to react in Kosovo. That reaction was both late and insufficient to achieve a diplomatic solution for the conflict. One of the research questions of this work was to determine whether a political and peaceful resolution of the conflict was indeed possible. If, before the armed conflict, everything was not attempted to prevent its outbreak, chances to find a political solution, once the hostilities began, were illusory. Therefore, all of the initiatives undertaken by the international community during 1998, and in early 1999, were to no avail. In absence of any diplomatic solution, NATO intervened militarily against the former Federal Republic of Yugoslavia, from March to June 1999. The reasons behind this intervention constitute another important question of this thesis. In this crisis, NATO seems to have undergone the evolution of the situation rather than precede and anticipate it. According to our hypothesis, the Atlantic Alliance was involved in the conflict hoping that, by its threats, would avoid the need for a military intervention; and when the intervention became inevitable, NATO believed it to be short. Waiting to put an end to the conflict through military force demonstration against Belgrade, NATO found itself engaged in a war that had to be carried to the end, because its own credibility was at stake. While other factors have also played an important role, the issue of credibility seems to us to have been the major element that triggered NATO's intervention, and as such became its driving force as the intervention prolongated and intensified progressively.