Militer à l’intérieur de l’État. Sociologie des intermédiations militantes de l’action publique. Le cas de la gestion des classes et territoires populaires de Caracas, Venezuela.

par Yoletty Coromoto Bracho Padilla

Projet de thèse en Sciences politiques

Sous la direction de David Garibay.


  • Résumé

    Au cœur du processus de construction de l’État vénézuélien contemporain se trouve sa particulière relation avec ses classes et territoires populaires. En effet, sous le discours de la participation et de l’inclusion, se constitue une norme durable qui conditionne l’accès à l’action publique de ces populations par une injonction à leur organisation collective. Les gouvernements chavistes du XXIème siècle ne font pas exception. En effet, la promotion des politiques publiques participatives au Venezuela sous la bannière du « pouvoir populaire » suppose la mise en relation des organisations populaires présentes dans les quartiers (ou barrios) et les institutions publiques dont l’action est censée accompagner la gestion de ces territoires et classes populaires. Ces liens se font grâce à l’intervention d’acteurs dont les carrières en tant que militants de gauche (au sein d’organisations populaires, étudiantes et/ou internationalistes) se transforment en carrières administratives. Ces militants institutionnels, ou militants dans l’État, cherchent à construire « la révolution » depuis les institutions, en traversant la frontière entre l’action collective et l’action publique. Le rôle de ces militants institutionnels est producteur de tensions, et leurs actions rencontrent des contraintes, de l’échelle locale à l’échelle nationale. Ils accomplissent (avec plus au moins de succès) le rôle d’intermédiaires entre le champ politique, le champ administratif, et l’espace des mouvements sociaux, tout en reconduisant le conditionnement de l’accès des classes et territoires populaires à l’action publique. Ce faisant, ils renégocient au quotidien les frontières entre l’action publique et l’action collective.

  • Titre traduit

    Activism inside the State. Sociology of militant intermediations of public action. The case of the government of the popular classes and territories of Caracas, Venezuela.


  • Résumé

    At the heart of the building process of the contemporary Venezuelan State is its special relationship with its popular classes and territories. Indeed, under the discours of participation and inclusion, a lasting norm is established which conditions the access to public action of these populations by an injunction to their collective organization. The Chavista governments of the 21st century are no exception. Indeed, the promotion of participatory public policies in Venezuela under the banner of "popular power" presupposes the linking of the popular organizations present in the neighborhoods (or barrios) and the public institutions whose action is supposed to accompany the management of these territories and popular classes. These links are made through the intervention of actors whose careers as left-wing activists (within popular organizations, student organizations and/or internationalists) turn into administrative careers. These institutional activists, or militants in the State, seek to build "the revolution" from the institutions, crossing the border between the collective action and the public action. The role of these institutional activists is a source of tension, and their actions face constraints, from the local to the national scale. They accomplish (with more or less success) the role of intermediaries between the political field, the administrative field, and the space of social movements, while renewing the conditioning of the access of popular classes and territories to public action. In doing so, they renegotiate the boundaries between public action and collective action on a daily basis.

  • Titre traduit

    Militar dentro del Estado. Sociología de las intermediaciones militantes de la acción pública. El caso de la gestión de las classes y territorios populares de Caracas, Venezuela.


  • Résumé

    En el corazón del proceso de construcción del estado venezolano contemporáneo se encuentra su particular relación con sus clases y territorios populares. Efectivamente, bajo el discurso de participación e inclusión, se establece una norma duradera que condiciona el acceso a la acción pública de estas poblaciones mediante la exigencia de su organización colectiva. Los gobiernos chavistas del siglo XXI no son una excepción. Así, la promoción de políticas públicas participativas en Venezuela bajo la bandera del "poder popular" presupone la vinculación de las organizaciones populares presentes en los barrios y las instituciones públicas cuya acción se supone debe acompañar la gestión de estos territorios y clases populares. Estos vínculos se realizan a través de la intervención de actores cuyas carreras como militantes de izquierda (dentro de organizaciones populares, estudiantes y / o internacionalistas) se convierten en carreras administrativas. Estos militantes institucionales, o militantes en el Estado, buscan construir "la revolución" desde las instituciones, cruzando la frontera entre la acción colectiva y la acción pública. El papel de estos activistas institucionales es una fuente de tensión, y sus acciones enfrentan restricciones, desde la escala local a la nacional. Cumplen (con más o menos éxito) el papel de los intermediarios entre el campo político, el campo administrativo y el espacio de los movimientos sociales, al tiempo que renuevan el condicionamiento del acceso de las clases y los territorios populares a la acción pública. Al hacerlo, renegocian en el día à día los límites entre la acción pública y la acción colectiva.