Les start-ups, le mythe de la libération du capitalisme par le capitalisme ? Modes de création et d'organisation comparés en France et aux Etats-Unis

par Marion Flecher

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Sophie Bernard.

Thèses en préparation à Paris Sciences et Lettres , dans le cadre de SDOSE Sciences de la Décision, des Organisations, de la Société et de l'Echange , en partenariat avec Institut de Recherche Interdisciplinaire en Sciences SOciales (Paris) (laboratoire) et de Université Paris Dauphine-PSL (établissement de préparation de la thèse) depuis le 31-08-2017 .


  • Résumé

    Ce projet vise à questionner l'idéal d'entreprise que les start-ups semblent incarner, pour qui et pour quelles raisons. Derrière la couverture médiatique qui est faite de ces entreprises innovantes, l'approche sociologique et ethnologique que nous adopterons permettra d'apporter un nouvel éclairage sur un modèle d'entreprise méconnu et probablement mythifié. Ce projet s'inscrit donc dans des questionnements généraux de sociologie de la stratification sociale, puisqu'il s'agit de nous demander qui sont ceux qui se lancent dans cette carrière entrepreneuriale, quelles sont leurs caractéristiques sociales, leurs trajectoires et leurs motivations, et dans quelles mesures ces nouvelles formes d'entreprise viennent ouvrir l'accès à l'entrepreneuriat et à la création d'entreprise. Les start-ups seraient-elles le nouvel instrument de l'égalité des chances et de l'idéal méritocratique ? Il s'agit également de questionner ce modèle d'entreprise au prisme des questionnements de la sociologie du travail, de l'emploi et des organisations, en mettant en perspective le rapport au travail et aux statuts d'emploi des fondateurs de startups, avec les conditions concrètes de travail et d'emploi. Derrière l'image véhiculées des start-ups comme des "entreprises libérées" sans hiérarchie ni contrainte, cette recherche reposera sur un travail de terrain qui permettra de décrire la réalité de l'organisation du travail, du temps et du contrôle. Enfin, cette recherche vise à mettre en évidence la manière dont les startups travaillent - et sont travaillées - par les autres modèles d'entreprise. En comparant les dynamiques d'échange et de structuration des écosystèmes parisiens et californiens, nous pourrons alors poursuivre et actualiser les travaux de sociologie économique et de sociologie des réseaux qui ont déjà pu s'intéresser à ces écosystèmes d'innovation, et nous demander dans quelles mesures ces structures viennent bousculer le champ des entreprises ? La comparaison internationale permettra sur chacun de ces questionnements de prendre du recul sur nos catégories de pensée, et de mettre en perspective le discours des fondateurs et des promoteurs de ces startups avec la réalité du terrain, dans deux pays aux contextes historiques, économiques, politiques et sociaux différents.

  • Titre traduit

    Are the start-ups an ideal of liberating business ? A comparative approach of an American business model imported in France.


  • Résumé

    This work aims to study start-ups, which seem to incarnate an ideal of liberating business. This sociologic and ethnological approach may cast a new light on a subject which has mainly been tackled by media and which has probably been mystified. This work will highlight the different profiles of start-up founders regarding their social characteristics and social trajectories. Is it really a business that makes entrepreneurship accessible to everyone ? Or do we still observe social, gender and racial inequalities in access and success of entrepreneurship ? In what extend start-ups can be considered as a new instrument of equal opportunities and meritocratic ideal ? We will also question the way start-up founders perceive employment and working conditions in big business and in start-ups, and how it can explain that they decided to create a start-up instead of working for big business. This fieldwork will enable to describe the concrete organization of work, time and hierarchical relationships, and confront it to the ideal of "freedom-form company" that start-ups are often assimilated to. Then we will highlight how start-ups are changing - and are changed by - the other business models. A part of the fieldwork will consist in a comparison of Californian and Parisian ecosystems in order to continue and actualize the works that have already been carried out in economic sociology. International comparison between France and United States will enable to take a step away from our classifications and our categories and to question start-up founders' representations regarding the two countries' historic, economic, politic and social contexts.