Approches intégrées en écologie de la conservation des oiseaux marins ; cas de l'utilisation d'autovaccins pour la conservation des albatros sur l'île d'Amsterdam

par Jérémy Tornos

Projet de thèse en Ecologie et Biodiversité

Sous la direction de Thierry Boulinier.

Thèses en préparation à Montpellier , dans le cadre de Biodiversité, Agriculture, Alimentation, Environnement, Terre, Eau (Montpellier ; École Doctorale ; 2015-...) , en partenariat avec CEFE - Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (laboratoire) depuis le 01-04-2018 .


  • Résumé

    L'espèce d'albatros la plus rare au monde, l'Albatros d'Amsterdam (Diomedea amsterdamensis), espèce considérée comme gravement menacée d'extinction, est potentiellement impactée par les épizooties récurrentes qui sont responsables de très fortes mortalités chez les poussins d'une espèce localement abondante, l'Albatros à bec jaune (Thalassarche carteri), également menacée (Weimerskirch 2004, Phillips et al. 2016). La bactérie responsable du choléra aviaire, Pasteurella multocida, est suspectée comme étant à l'origine de ces mortalités et l'équipe évalue depuis plusieurs années maintenant l'utilisation d'un autovaccin pour protéger les poussins, via leur vaccination directe, mais aussi celle des femelles reproductrices susceptibles de transmettre des anticorps protecteurs à leur poussin (Boulinier & Staszewski 2008, Garnier et al. 2012). Le vaccin utilisé est un vaccin autologue (autovaccin) spécifiquement développé par Ceva-Biovac contre une souche de la bactérie Pasteurella multocida isolée sur un cadavre d'albatros provenant de l'île d'Amsterdam, souche pour laquelle Ceva-Biovac a aussi mis au point une méthode d'analyse sérologique permettant de quantifier la présence d'anticorps spécifiques dans le sang des oiseaux. Les résultats obtenus sont prometteurs (Boulinier et al. 2016), avec notamment la mise en évidence d'un effet protecteur du vaccin sur les poussins d'albatros une année de forte épizootie (Bourret et al. 2018) et l'exploration des dynamiques sérologiques sur plusieurs années (Gamble et al., en révision). Il reste néanmoins à ajuster le protocole de vaccination et identifier les facteurs responsables de la fréquence et du moment des épizooties. Ceci va notamment reposer sur l'analyse fine du suivi de couples reproducteurs année après année, mais aussi sur l'utilisation de données éco-épidémiologiques expérimentales complémentaires. Des travaux visant à explorer les bénéfices relatifs que l'on peut attendre de différents scénarios de vaccination ainsi que la compréhension des mécanismes de circulation de l'agent pathogène sont aussi nécessaires.

  • Titre traduit

    Integrated approaches in conservation ecology of seabirds; the case of the use of autologous vaccines for the conservation of albatrosses on Amsterdam Island


  • Résumé

    The rarest albatross species in the world, the Amsterdam Albatross (Diomedea amsterdamensis), a species considered critically endangered, is potentially impacted by recurrent epizootics, which are responsible for very high mortality in chicks of a locally abundant species, the Indian yellow-nosed albatross (Thalassarche carteri), also threatened (Weimerskirch 2004, Phillips et al., 2016). The bacterium Pasteurella multocida is suspected to be at the origin of these mortalities and the team has been evaluating for several years now the use of an autogenous vaccine to protect chicks, via direct vaccination, but also of breeding females enable of transmitting protective antibodies to their chicks (Boulinier & Staszewski 2008, Garnier et al., 2012). The vaccine used is an autogenous vaccine developed by Ceva-Biovac against a strain of the bacterium Pasteurella multocida isolated on a corpse of an albatross from Amsterdam Island, Ceva-Biovac also developed a method of serological analysis to quantify the presence of specific antibodies in the blood of birds. The results are promising (Boulinier et al., 2016), with the demonstration of a protective effect of the vaccine on albatross chicks in a year of a strong epizootic event (Bourret et al., 2018) and the study of the serological dynamics over years (Gamble et al., in prep). However, it remains to adjust the vaccination protocol and identify the factors responsible for the frequency and timing of epizootics. This will be based in particular on the detailed analysis of breeding pairs monitoring year after year, but also on the use of complementary experimental eco-epidemiological data. Work to explore the relative benefits that can be expected from different vaccination scenarios as well as the understanding of the pathogen's circulation mechanisms are also needed.