Analyse de la fonction mémoire des lymphocytes T gamma delta dans la réponse immunitaire dirigée contre le cytomégalovirus

par Nathalie Yared

Projet de thèse en Microbiologie -immunologie

Sous la direction de Myriam Capone.

Thèses en préparation à Bordeaux , dans le cadre de Sciences de la Vie et de la Santé , en partenariat avec Immunologie Conceptuelle, Expérimentale et Translationnelle (laboratoire) et de Etude des interactions cellulaires dans la réponse lymphocytaire T (equipe de recherche) depuis le 11-09-2017 .


  • Résumé

    Le Cytomégalovirus (CMV) est un betaherpes virus fréquent, persistant sous forme latente sans conséquence majeure chez les personnes immunocompétentes. Par contre, l'infection à CMV peut être grave voire fatale chez les individus immunodéprimés tels que les receveurs d'allogreffes. Le CMV peut être transmis par le greffon et/ou réactivé chez les patients séropositifs à cause de l'immunosuppression induite pour tolérer la greffe. La réponse immunitaire dirigée contre le CMV implique différents acteurs de l'immunité innée et adaptative. La mémoire immunitaire est une caractéristique de l'immunité adaptative, mais des données récentes suggèrent que les cellules de l'immunité innée pourraient conférer une réponse mémoire. Le groupe de Julie Dechanet Merville a démontré la participation des lymphocytes T gamma delta (LTgd) dans la réponse immunitaire dirigée contre le CMV. Les LTgd sont des cellules non conventionnelles à l'interface entre l'immunité innée et adaptative. De façon intéressante l'incidence de l'infection à CMV est plus faible en cas de réactivation chez des transplantés séropositifs qui présentent un nombre plus important de LTgd dans le sang, comparativement à des transplantés qui reçoivent un greffon CMV+ (primo-infection). Ces résultats suggèrent une fonction mémoire protectrice antivirale des LTgd. Nous proposons d'utiliser le modèle murin de l'infection à CMV pour tester cette hypothèse. Comme première approche nous analyserons les LTgd à différents temps post-infection. Les organes (cibles du CMV) de souris non infectées, infectées depuis 1-2 semaines (primo- infection) ou infectées à long terme (2-3 mois) seront isolés et les cellules immunitaires préparées. La cytométrie en flux sera utilisée pour tester et comparer l'expression de marqueurs mémoires. La technique du nanostring sera utilisée pour analyser leurs fonctions (production de cytokines…), qui seront confirmées in vitro. Enfin, le potentiel protecteur et prolifératif de LTgd CMV-induits ou naïfs seront testés par des expériences de transfert dans des souris immunodéficientes. Une seconde approche pour tester le potentiel mémoire de LTgd amplifiés à long terme pourrait être de réaliser une seconde infection (2-3 mois après la première infection) et tester la capacité des LTgd à éliminer le virus comparativement aux LTgd amplifiés en primo-infection. Une réponse mémoire Tgd pourrait être identifiée par l'expression de marqueurs mémoires spécifiques, une capacité de prolifération plus importante, et une réponse plus rapide et/ou plus importante lors d'un 2ème contact avec le virus. L'identification d'une réponse mémoire anti-CMV pourrait encourager l'utilisation des LTgd CMV-induits en immunothérapie cellulaire antivirale ou anti-tumorale.

  • Titre traduit

    Analysis of the memory function of gamma delta T cells in the immune response against cytomegalovirus


  • Résumé

    Cytomegalovirus (CMV) is a common betaherpes virus, which causes latent persistent infection in immunocompetent host. However, CMV infection can be a major cause of disease and death in immunocompromised patients such as organ transplant recipients. CMV can be reactivated in seropositive recipients due to immunosuppression, and/or transmitted with the graft. The immune response to CMV infection involves players of both innate and adaptive immunity. Immunological memory has been the hallmark of adaptive immunity for a long time, but recent data suggest that innate immune cells also display memory properties. The group of Julie Dechanet Merville has demonstrated the participation of gamma delta T lymphocytes (gd TL) in the immune response against human CMV. gd TL are unconventional T cells that display common features with both innate and adaptive immune cells. Interestingly, the incidence of CMV infection is lower in seropositive transplant recipients who have an increased number of gd T cells in comparison to seronegative patients who received a CMV positive graft. These results suggest that gd TL could have a protective anti-CMV memory function. We propose to use the mouse model of CMV infection to test this hypothesis. As a first approach, we will analyze gd T cells at different time points post-infection with CMV. Organs (targets of CMV) of short-term (1-2 weeks), long-term (2-3 months) of infected and uninfected mice will be collected and immune cells isolated. Flow cytometry will be used to test whether gd T cells express phenotypic markers of memory. The nanostring technology will be used to analyze their functions (cytokine production…), that will be confirmed in vitro. Finally, transfer of long-term CMV-induced versus naïve gd TL in immunodeficient mice will be performed; recipient mice will be infected to test the proliferative and protective potential of gd TL in the host. A second approach could be to perform a secondary infection (after 2-3 months) and test the capacity of long-term CMV-induced gd T cells to eliminate the virus in comparison to short-term gd TL. A memory response could be identified by an increased expression of specific markers, a higher proliferative potential and a more rapid or more efficient secondary response (increased killing activity in vitro, lower viral loads in the host). The identification of a gd TL memory response would encourage the development of immunotherapy based on long-term CMV-induced gd T cells.