L'instrumentalisation du nationalisme à l'ère post-communiste: Serbie et Biélorussie

par Pauline Soulier

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Philippe Claret.

Thèses en préparation à Bordeaux , dans le cadre de DROIT , en partenariat avec INSTITUT DE RECHERCHES MONTESQUIEU (laboratoire) .


  • Résumé

    Au début des années 1990, la Serbie et la Biélorussie n'empruntent pas la voie démocratique. Après une timide amorce de cette transition, les prises de pouvoir par S. Milošević et A. Loukachenka suspendent, pour un temps plus ou moins long, la démocratisation. Outre l'originalité des régimes qu'ils instaurent, ce sont leurs techniques d'accès au pouvoir qui interpellent. Ils ne commettent pas un putsch, mais détournent le processus de démocratisation de la région. Alors que les Etats voisins s'appuient sur le nationalisme et cherchent les origines de la nation pour bâtir des régimes inspirés de l'Occident et débarrassés du communisme, S. Milošević et A. Loukachenka récupèrent cette logique de redéfinition identitaire pour s'opposer à la démocratie avec, au début, le consentement du peuple. Cette recherche vise à comprendre comment ces deux leaders politiques travestissent les idéologies démocratiques et nationalistes, pour mettre en place des régimes anachroniques. Pour cela, nous étudierons d'abord leur définition de la nation et nous chercherons à comprendre, à la lumière de travaux spécialisés, comment est réécrit le roman national (M. Ferro, P. Nora, P. Ricoeur, A.-D. Smith et G.-L. Mosse), et comment sont repensés les fondements protonationaux de la nation (E. Hobsbawm). Nous analyserons ensuite, à l'aide de certains auteurs, la mise en œuvre du mouvement nationaliste (M. Hroch) et la façon dont les deux leaders séduisent le peuple par un discours populiste plus efficace que ceux de leurs concurrents démocrates (P.-A.Taguieff), pour mettre en place, en définitive, les premières démocraties illibérales d'Europe (I. Wallerstein et C. Schmitt).

  • Titre traduit

    The nationalism's intrumentalization in the postcommunist era: Serbia and Belarus


  • Résumé

    In the early nineties, Serbia and Belarus do not take the democratic path. After hesitant beginnings in this transition, S. Milošević and A. Loukachenka suspend the process of democratisation for a certain length of time. Besides the originality of the regimes they instaured, their methods of taking power raise questions. They do not carry out a putsch but redirect the democratisation process of the region. While the neighbouring statesn lean on nationalism and look for the origins of the nation to build regimes inspired by the West and free from communism, S. Milošević and A. Loukachenka seize upon this reasoning of redefining identity to oppose democracy with the initial consent of the people. This research aims to understand how these two political leaders twist the democratic and nationalist ideologies to establish anachronistic regimes. To this end, we will first study their definition of the nation and we will attempt to understand, in the light of specialised litterature, how the national narrative is rewritten (M. Ferro, P. Nora, P. Ricoeur, A.-D. Smith and G.-L. Mosse), and how the nation's protonational foundations are redesigned (E. Hobsbawm). Using certain authors, we will then analyse, the implementation of the nationalist movement(M. Hroch) and the way the two leaders attract people with a populist discourse more effective than those of their democrat competitors (P.-A. Taguieff) to ultimately implement the first illiberal democracies in Europe (I. Wallerstein and C. Schmitt).