Pathogénicité des lymphocytes CD4 dérivés de l'intestin dans les maladies auto-immunes.

par Mélanie Nguyen Ky

Projet de thèse en Biologie Cellulaire et Physiopathologie

Sous la direction de Nathalie Schmitt.

Thèses en préparation à Bordeaux , dans le cadre de Sciences de la Vie et de la Santé , en partenariat avec Immunologie Conceptuelle, Expérimentale et Translationnelle (laboratoire) depuis le 01-01-2017 .


  • Résumé

    Pathogénicité des lymphocytes T CD4+ dérivant de l'intestin dans les maladies auto-immunes : exemple de la sclérose en plaques. Les lymphocytes T CD4 ont un rôle essentiel dans l'orchestration de la réponse immunitaire (type inflammatoire ou régulatrice). Des études ont montré leur implication dans les maladies auto-immunes telles que la sclérodermie systémique, le diabète ou encore la sclérose en plaques. Nous nous sommes particulièrement intéressés aux lymphocytes CD4 présents dans l'intestin, au contact du microbiote intestinal, en interaction permanente avec ce microenvironnement particulier. En effet, de nombreuses études menées sur des modèles animaux de type « souris germ-free » ont montré un rôle du microbiote dans le développement de certaines maladies dont la sclérose en plaques. Les lymphocytes T CD4 provenant de l'intestin sont caractérisés dans la circulation sanguine par leur forte expression de l'intégrine beta7 ce qui nous permet de les identifier dans le sang de sujet sain ou de patient atteint de sclérose en plaques. L'objectif général de ce travail est d'étudier, dans un premier temps, le phénotype et les propriétés fonctionnelles de ces lymphocytes T CD4 dérivants de l'intestin (T CD4 b7+) chez les sujets sains afin de pouvoir les caractériser et identifier les propriétés de ces cellules dans un contexte physiologique. Dans un second temps, il s'agira de caractériser ces lymphocytes T CD4 b7+, et notamment la population des lymphocytes T CD4 folliculaires (TFh) qui sont les lymphocytes T CD4 spécialisés dans l'aide aux lymphocytes B, dans le contexte de l'auto-immunité et plus particulièrement de la sclérose en plaques. Nos résultats suggèrent que les lymphocytes T CD4 dérivés de l'intestin présentent un profil inflammatoire qui pourrait s'expliquer par leur étroite interaction avec le microbiote. Les TFh dérivées de l'intestin ont une capacité réduite d'aide aux lymphocytes B qui pourrait être due à une capacité plus régulatrice de ces cellules. Dans un contexte pathologique, les lymphocytes T CD4 b7+ pourraient acquérir un caractère plus pathogène avec notamment une perte des fonctions régulatrices des TFh. Cette hypothèse est supportée par nos observations montrant que le profil des lymphocytes CD4 T dérivant de l'intestin semble être altéré dans la sclérose en plaques.

  • Titre traduit

    Pathogenicity of gut-derived CD4 T cells in autoimmune diseases


  • Résumé

    Pathogenicity of CD4+ T lymphocytes derived from the intestine in autoimmune diseases: example of multiple sclerosis. CD4 T lymphocytes have an essential role in the orchestration of the immune response (inflammatory or regulatory responses). Studies have shown their involvement in autoimmune diseases such as systemic sclerosis, diabetes and multiple sclerosis. We were particularly interested in CD4 lymphocytes derived from the intestine, in contact with the intestinal microbiota, in permanent interaction with this particular microenvironment. Indeed, studies in germ-free mice model have shown a role of the microbiota in the development of certain diseases, including multiple sclerosis. CD4 T lymphocytes from the intestine are characterized in the blood by their strong expression of the integrin β7 which allows their identification in the blood of healthy donors or multiple sclerosis patients. The general objective of this work is to study, in a first step, the phenotype and functional properties of these CD4 T lymphocytes derived from the intestine (T CD4 β7+) in healthy subjects in order to characterize them and identify the properties of these cells in a physiological context. In a second step, it will be necessary to characterize these CD4 T lymphocytes β7+, and in particular the population of follicular CD4 T lymphocytes (TFh) which are CD4 T lymphocytes specialized in helping B lymphocytes, in the context of autoimmunity and more particularly multiple sclerosis. Our results suggest that CD4 T lymphocytes derived from the intestine have an inflammatory profile that could be explained by their close interaction with the microbiota. The TFh β7+ have a reduced capacity to help B lymphocytes which could be due to a more regulatory capacity of these cells. In a pathological context, CD4 T lymphocytes β7+ could acquire more pathogenic properties such as a loss of the regulatory functions of TFh. This hypothesis is supported by our observations showing that the profile of CD4 T lymphocytes derived from the intestine appears to be altered in multiple sclerosis.