Les mutations politiques en Algérie à travers les transformations subies par les terres agricoles de l'ex domaine colonial

par Mohamed Naili

Projet de thèse en Science politique

Sous la direction de Pierre Blanc.

Thèses en préparation à Bordeaux , dans le cadre de Sociétés, Politique, Santé Publique , en partenariat avec Les Afriques dans le monde (Pessac, Gironde) (laboratoire) depuis le 11-12-2014 .


  • Résumé

    Après 132 ans de colonisation, l'Algérie accède à son indépendance en 1962 à la faveur des Accords d'Evian conclus entre le gouvernement français et le GPRA (gouvernement provisoire de la république algérienne). Outre le cessez-le-feu entre l'armée coloniale et l'armée de libération nationale algérienne, les accords d'Evian portent également des mesures censées garantir la protection des biens matériels et immobiliers des civils Français (Pieds noirs) ayant choisi de rester en Algérie après l'indépendance et balisent le terrain pour les relations futures entre la France et le nouvel Etat algérien. Néanmoins, à l'indépendance du pays, un clan du parti FLN (front de libération nationale), qui a mené la guerre de libération, s'empare de force du pouvoir et en exclut les principaux leaders politiques qui ont mené les négociations d'Evian. En 1963, la nationalisation de 2,7 millions d'hectares de terres agricoles relevant de l'ancien domaine colonial est décrétée, expropriant de fait les Pieds noirs qui en sont propriétaires jusqu'alors. Ces terres subiront par la suite des transformations multiples dans le sillage des différentes réformes politiques que l'Algérie a traversé depuis son indépendance. Toutefois, le lien entre la nature rentière des différents régimes politiques qui se sont succédé depuis l'indépendance et le mode d'attribution de ces terres est étroit. C'est sur ces mutations que le présent travail de recherche se propose de revenir à travers l'analyse du contexte de la nationalisation des terres de l'ancien domaine colonial pour évaluer dans quelle mesure l'évolution foncière qui en est issue reflète-t-elle les changements politiques et les rivalités de pouvoir en Algérie post indépendance.

  • Titre traduit

    The political changes in Algeria through the transformations undergone by the agricultural lands of the former colonial domain


  • Résumé

    After 132 years of colonization, Algeria gained independence in 1962 thanks to the Evian Agreements concluded between the French government and the GPRA (provisional government of the Algerian republic). In addition to the ceasefire between the colonial army and the Algerian National Liberation Army, the Evian agreements also include measures to ensure the protection of the property and property of the French (Black Feet) civilians who chose to remain in Algeria after independence and set the stage for future relations between France and the new Algerian state. Nevertheless, at the independence of the country, a clan of the FLN (National Liberation Front) party, which led the liberation war, seized power and excluded the main political leaders who led the negotiations of Evian. In 1963, the nationalization of 2.7 million hectares of agricultural land belonging to the former colonial estate was decreed, expropriating the Black Feet which had owned it until then. These lands will eventually undergo multiple transformations in the wake of the various political reforms that Algeria has undergone since its independence. However, the link between the rentier nature of the various political regimes that have followed each other since independence and the way in which these lands are allocated is narrow. It is on these changes that the present research proposes to return to the analysis of the context of the nationalization of the lands of the former colonial domain in order to assess the extent to which the land development resulting from it reflects the political changes and the rivalries of power in Algeria post independence.