Dynamiques autoritaires en Tanzanie : le régime au prisme des processus de régulation du pluralisme politique et culturel.

par Cyrielle Maingraud (Maingraud martinaud)

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de René Otayek.

Thèses en préparation à Bordeaux , dans le cadre de Sociétés, Politique, Santé Publique , en partenariat avec Les Afriques dans le monde (Pessac, Gironde) (laboratoire) .


  • Résumé

    Pour comprendre le fonctionnement du régime politique tanzanien, il faut se détacher de sa double image d'Epinal : celle d'une démocratie électorale, en dépit du maintien au pouvoir du Chama Cha Mapinduzi (CCM) ; celle d'une société pacifique qui aurait échappé, grâce à un processus d'intégration nationale inspiré par le père de la nation Julius Nyerere, aux drames qu'ont connu ses voisins. A partir d'une analyse au concret des modes de régulation du pluralisme, resitués dans leur profondeur historique depuis le milieu des années 1950, ma thèse s'attache à comprendre les reconfigurations contemporaines de ce régime depuis le retour au multipartisme en 1992. En retravaillant la notion de « pluralisme limité » élaborée Juan Linz et en croisant les interrogations sur le pluralisme politique et culturel, notamment la question religieuse, il s'agit de mettre au jour les dynamiques autoritaires du régime tanzanien, dans une dialectique entre continuités et changements. A partir d'une enquête qualitative de type ethnographique et d'entretiens semi-directifs menés dans quatre circonscriptions en Tanzanie continentale, ce travail porte sur les modes de légitimation du régime, des processus de mobilisation et de cooptation des élites intermédiaires et des rapports entre gouvernés et gouvernants. A travers l'analyse des relations d'autorité qui travaillent le champ politique tanzanien contemporain et des processus par lesquels le régime tanzanien s'équilibre, il s'agit de comprendre les reconfigurations qui rendent possible, pour l'instant, sa pérennité.

  • Titre traduit

    Authoritarian dynamics in Tanzania. The regime through the processes regulating political and cultural pluralism.


  • Résumé

    In order to understand how Tanzania's political regime works, one needs to move away from its idealised portrait: that of an electoral democracy, despite the continued hold on power of Chama Cha Mapinduzi (CCM); that of a pacific society which would have escaped, thanks to a process of national integration inspired by the Father of the Nation Julius Nyerere, the divisions and conflicts experienced by many of its neighbours. My dissertation is based on a concrete analysis of the different mechanisms regulating pluralism, studied in their deep historic setting from the mid 1950s, and seeks to understand their reconfigurations since the return to a multiparty system in 1992. By reworking the notion of "limited pluralism" elaborated by Juan Linz in 1964, and combining this with approach with a dual approch of both political and cultural pluralism (particularly as regards the religious issue) it's aim is to understand the authoritarian dynamics of the Tanzanian regime as a dialectic between continuities and changes. By means of an ethnographic-type qualitative survey, as well as semi-structured interviews carried out in four districts in mainland Tanzania, the present research addresses the mechanisms of regime legitimation, the processes of mobilisation and co-optation of intermediary elites, and relations between the government and the citizens. Thanks to an analysis of the day-to-day relations of authority in the Tanzanian political field, and the processes through which the Tanzanian regime is established in a precarious balance, the aim is to understand its reconfigurations and how, at least for the present, they ensure its sustainability.