La rationalité de la décision d'investissement dans l'intelligence économique et stratégique: Le cas de l'entreprise familiale et patrimoniale non cotée.

par Thierry Lafon

Thèse de doctorat en Sciences de gestion

Sous la direction de Gérard Hirigoyen.


  • Résumé

    L'étude de la rationalité de la décision d'investissement dans un dispositif d'Intelligence Économique et Stratégique (IES , Conesa (2010), à partir d'un échantillon composé d'entreprises familiales et patrimoniales non cotées innovantes affiliées à la French Tech, fait apparaître différents constats qui confirment plusieurs résultats des études en IE menées par Bournois, Romani et Pierret (2000) et par Larivet (2006). Elle complète aussi leur périmètre en s'intéressant à une catégorie d'entreprises qu'elles n'ont pas spécifiquement traitées, et en étudiant chez leur dirigeant, la perception du retour sur investissement (ROI) des différents apports d'un tel dispositif, grâce à un mode de mesure inédit développé pour le faire, mais aussi à partir de facteurs non-financiers mobilisés en finance comportementale, de facteurs propres à ce type d'entreprises issus de la finance organisationnelle ou spécifiques à cette discipline, décrits en sciences de la communication. Elle confirme que les répondants ont une perception et un comportement très similaire à ceux identifiés précédemment dans des entreprises d'autre types et de taille souvent supérieure en ce qui concerne la sensibilisation, la formation et la mise en œuvre de l'IES dans l'entreprise, que les actions de sensibilisation et de formation sont de bons précurseurs à un tel investissement et que l'image de l'IES dans l'environnement des dirigeants est perçue très majoritairement comme positive. Elle soulève aussi des interrogations sur la parfaite rationalité de la décision d‘investissement dans cette discipline, relativement à un ROI majoritairement anticipé comme positif, quel que soit l'apport de l'IES, alors que le choix de le faire reste la dernière de leur priorité d'investissement. Ils plébiscitent ainsi la « détection des opportunités » et dans une moindre mesure des « menaces commerciales », alors qu'ils estiment pourtant avoir déjà un bon niveau d'information à ce sujet ; ce qui en diminue pourtant l'intérêt, Lesca (2004) et qui accroît d'autant le risque d'une information surnuméraire impossible à assimiler comme le souligne Frion (2009). Ils disent aussi avoir déjà un haut niveau d'information concernant « l'aide à la décision stratégique », alors qu'ils sont peu nombreux à privilégier des outils permettant de « définir des stratégies à plus de 3 ans ». Enfin, ils attribuent à la « protection du patrimoine informationnel » le plus faible ROI qu'ils estiment néanmoins positif car ils lui associent en moyenne un haut niveau de gains, au prix de faibles coûts. La mise en œuvre de l'IES serait enfin partielle chez les répondants car elle se limiterait à « la veille », comme l'a déjà proposé Larivet (2006) ce qui peut inciter à faire évoluer la manière dont elle est enseignée.

  • Titre traduit

    The rationality of the investment decision in competitive intelligence: the case of the Family Business


  • Résumé

    The study of the rationality of the investment decision in an Economic and Strategic Intelligence system - IES, Conesa (2010) -, based on a sample of innovative business family and heritage companies that are innovative and affiliated with French Tech , shows various findings that confirm several results of IE studies conducted by Bournois, Romani and Pierret (2000) and by Larivet (2006). It also completes their scope by looking at a category of companies they do not have specifically addressed, and by studying at their head, the perception of the return on investment (ROI) of the different contributions of such a system, thanks to an unprecedented mode of measurement developed to do so, but also from specific factors to this type of company as they are mobilized in organizational finance or specific to this discipline as well as they are described in the science of communication. This work shows that the respondents behave very similarly to those described above in companies of another type and superior that are often in terms of awareness, training and implementation of the IES in the company, that awareness-raising and training actions are good precursors to such an investment and that the image of the IES in the environment of the leaders is perceived as overwhelmingly positive. It also raises questions about the perfect rationality of the investment decision in such a device; relative to an ROI largely anticipated by respondents as positive, regardless of the contribution of the IES, while this choice remains the last of their investment priority. They thus favor the « detection of opportunities » and, to a lesser extent, « commercial threats », although they consider that they already have a good level of information on this subject, which diminishes their interest Lesca (2004) and who increases the risk of supernumerary information that cannot be assimilated, as Frion (2009) points out. They also say they already have the highest level of information about « strategic decision support » although few of them favor tools to « define strategies over 3 years ». Finally, they attribute to the « protection of informational heritage » the lowest ROI, although they associate on average a high level of earnings and low implementation costs. The implementation of the IES would therefore be partial among the respondents and it would be limited to « environmental scanning », as already proposed by Larivet (2006). We also found that no other parameter retained, including among the heuristics of thought applicable to the head of the unlisted family or patrimonial company yet applicable to the investment decision, allowed us to draw any other conclusion; which opens the way for retaining others or testing them in another way.