L'Etat Malformé en Guinée-Bissau. Marché Politique, Ethnicité et Religion

par Aristides Gomes

Projet de thèse en Science politique

Sous la direction de Michel Cahen.

Thèses en préparation à Bordeaux , dans le cadre de Sociétés, Politique, Santé Publique , en partenariat avec Les Afriques dans le monde (Pessac, Gironde) (laboratoire) depuis le 01-11-2015 .


  • Résumé

    Le présent plan de rédaction ne constitue qu'une première ébauche de structuration de la thèse en fonction des éléments de recherches servant de supports à des idées et conclusions à développer. Pour chaque chapitre il y aura toujours un petit développement pour permettre la compréhension du sens de ce qui est présenté. En ce qui concerne les données basiques déjà recueillies et/ou construites, je m'appuierai sur des statistiques, des entretiens, des observations directes, des biographies d'officiers de la hiérarchie militaire, de la police ainsi que des citations des travaux déjà réalisés. Pour certains aspects, j'ébaucherai des comparaisons avec des situations de pays comme la Guinée-Conakry ou le Togo dont les réalités politiques et historiques ont des points de ressemblance avec la Guinée-Bissau. Il ne s'agit pas ici de mener une vraie étude comparative, dans la mesure où je n'ai pas réalisé d'enquêtes dans les pays en question mais je compte m'appuyer sur des travaux d'autres chercheurs pour poser des questions voire développer des problématiques à ce sujet. D'autres situations marquantes dans le processus de structuration de crises sociopolitiques réelles ou à prévoir sont d'avantages liées à des réactions de certains secteurs de la société à la malformation de l'Etat. Dans cette perspective je traiterais avec attention, le développement de l'ethnicisme comme forme de rupture de la cohésion nationale et sociale. L'objet de l'étude Cette thèse de doctorat vise jeter un éclairage approfondi sur la nature de l'Etat en Guinée-Bissau, qui devient de plus en plus capturé par le développement de « l'ethnicisme », sousdes menaces d'un contexte de l'ntégrisme religieux islamique, qui hante la sous région west africaine. En dépit de cette évolution assez dangereuse, la dinamique du « marché politique » de liberté la concurrence politique instituée depuis les années 1990 laisse des signes encourageants à travers la mort de certains partis politiques de vocation « ethnicistes » (le cas de Uniao Eleitoral, proposant la fulanisation) et l'élargissement d'autres vers l'universalité de leurs sources de mobilisation d'adhérents, comme condition de survie politique, comme c'est le cas du PRS du feu KOUMBA YALA. En effet, cet Etat s'est éfondré sous le poids de facteurs divers, tout en mettant en cause le projet national, laissant ainsi de manière progressive, de la place à l'irruption dans l'espace du politique, de l'ethnicisme ainsi que des tentations à l'instrumentalisation du « champs religieux de l'islam ». Cette mis à genou de l'éntité étatique en Guinée-Bissau se réalise sous des pesanteurs assez structurants tels que : i) son histoire, notamment sa « malformation » à la naissance marquée uniquement par un volontarisme de construire une « nation », eu égard la conjougaison de désirs d'indépendance, face à l'ancienne puissance coloniale. Cette construction étatique ne réposant nullement sur des supports socioeconomiques tenus par des groupes pouvant structurer des interets objectivement établit par la concurrence, à l'interieur d'un « champs économique ». Autrement dit, un Etat émergent d'un tel processus de concurrence économique entre les classes ou factions de classes, disputant « démocratiquement » le contrôle de l'économie, appele la structuration, par des lois et réglements l'objectivité et l'imparcialité de l'Etat, assurés par une couche autonome de fonctionnaires; ii) les erreurs de gestion de l'héritage de la lute de libération nationale, constitué d'anciens combattants, des fonctionnaires dans les anciennes régions libérées et surtout de l'ancienne armée de libération nationale; iii) des coupes budgétaires, des réorientations des crédits, des privatisations ratées, de la nouvelle politique publique, au plan commercial sous les programmes d'ajustement structurels ; iv) l'incapacité de l'Etat à mettre sous son contrôle de larges masses de populations par des modes de structuration inapropriés de saisir ces communautés peu insérées dans l'économie monétarisée. « L'individuation », c'est-à-dire l'absence de séparation chez ces populations entre le lieu de production et celle de la reproduction, très faible dans les « communautés ethniques » paysannes pas ou peu controlées par des structures ététiques locales, laissent ces societés à la derive. Cependant, celles-ci élaborent des solutions propres pour reformuler leurs structures traditionnelles d'exercice du pouvoir et exercer des influences distorsives sur l'organisation et structuration de l'Etat. C'est d'ailleurs de cette situation que les Balantes profiteront, sous les encouragements voire meme de l'instigation des politiques, dans un contexte de crise socio politique, pour s'approprier des strutures de l'armée et reformuler leurs modes de structuration. En effet, moins l'Etat moderne supra « communautaire ethnique nationale » n'arrive à se doter d'une logique gestionnaire de type rationnel, basée sur des modes de structuration claire et néo-wébéreenne, les populations qu'est sensé gouverner l'influence avec sa propre logique orgationnelle, voire meme lui en « impose » une. V) Si les autres groupes ethniques n'ont pas réussi la meme « prouesse » c'est parce qu'ils s'organisent autrement, en leur sein, avec leurs divisions divers, notamment entre « couches ou castes dominantes » et « dominées ». Ce qui ne veut pas dire que ces groupes ou « communautés ethniques nationales Peuhls, Mandjaks, Pepels, Mandingues n'exercent pas d'influences notoires et structurelles sur l'Etat de Guinée-Bissau. Dans ce cas, les chefferies et d'autres couches de ces populations se prédisposent de plus en plus à la gestion de type néo-patrimoniale et clientéliste qui induisent des formes d'organisations à l'encontre des formes de structuration Wébérennes d'un Etat moderne. Ces différents facteurs ont trait à l'inadéquation de la logique institutionnelle et gestionnaire de l'Etat par rapport aux logiques de fonctionnement des différentes populations, organisées en communautés ethniques ou nationales, dans le pays. Sous les effets la fallite de l'Etat, l'inadéquation structurelle des structures étatiques ne font que s'aggraver. Ces logiques en question traduisent également des formes de structuration qui nous renvoient, elles aussi au groupe social ou à des groupes sociaux qui supportent un véritable « Etat Malformé » de Guinée-Bissau, en l'occurrence. Ce cortèje de dégradation qui consacre des fragilités et faiblesses diverses d'un « Etat malformé » auront conduit à un renversement d'un certain ordre social : la crise du projet national laisse s'installer des processus de reformulation de « petits nationalismes locaux ». C'est pourquoi, cette étude devra démontrer ainsi, en s'appuyant sur les stratisques électorales, sur les observations ethnographiques ainsi que sur les offres politiques des acteurs individuels et collectifs, l'irruption de l'ethnicité sur l'espace publique, mobilisée surtout au chevet de ceux qui éprouvent des difficultés à se créer une base électorale universelle à l'echelle du pays tout entier. Toutefois, s'il est vrai que l'Etat malformé évoluant en Guinée-Bissau dans des difficultés économiques, sociales ainsi que dans une instabilité politique crhonique facilite et contribue, de manière forte à canalyser l'éthnicité et dans certains cas à structurer meme l'ethnicisme, comme c'est le cas dans certaines situations encouragées par la hierarchie militaire du pays, dominée par des officiers Balantes, il y a des resultats encourageants, visibles à travers le fonctionnement du « marché politique » dans le pays, sous la democratie plurielle. Si la logique d'intervention des institutions étatiques actuelles du pays s'avère inadéquate ou inconsistente, à l'égard des interets des populations gouvernées, cela ne pouvait, en aucune manière, etre étrangèr au mode d'actions des couches sociales dominantes, vivant de la prédation du dénier publique. Toutefois, le mode de « gouvernance » du bien public, en question, ayant comme instruments le néo-patrimonialisme et le clientélisme ne sont pas le seul responsable. En outre des difficultés propres aux Etats, nés sous l'emprise de l'héritage colonial et des contraintes de l'actuel économie monde, les actuelles difficultés structurelles des institutions étatiques demeurent liées à des traits essentielles propres au processus de formation de l'Etat en question : celui-ci reste marqué par des modes de structurations très diversifiés mais ayant deux points en comun : i) un déficit de liens economiques structurels, historiquement et « sociologiquement » institués avec des larges « zonnes » ou franges de populations sous sa tittelle, laissant celles-ci à la dérive ; ii) une liaison structurelle « ethniciste » avec un groupe ethnique au moins, en l'occurrence les Balantes, par l'armée interposée et sous un clima social de crise. Cette communauté ethnique ou nationale se retrouvant dans ces liens « ethnicistes » envers l'Etat, plus que les autres en vertu de la specificité de sa réaction à la crise et falllite de l'Etat. Les spécificités de ce group ethnique étant lisible dans l'histtoire de la rencontre entre plusieurs facteurs : i) Les spectatives de la societé Balante, de voir son role « revalorisé » au sein de l'Etat de Guinée-Bissau », ont été construites et proposées, par « le mouvement Bafata », un parti politique le « Resistencia Guiné-Bissau- Movimento Bafata », fondé par l'avocat Viriato Pam et reprises par Koumba Yala, fondateur du PRS (Parti de Rénovaçao Social). Ii) ii) ii) L'acceptation de ces spectatives de manière globale par le groupe ethnique Blante ayant été facilité par deux autres facteurs tels que l'amplitude assez large de participation de cette communauté dans la lute de libération nationale, iii) iii) d'un coté et de l'autre par une « homogeneité sociale et politique interne» plus favorable à la recherche et à l'obtention du consensus par rapport aux autres groupes ethniques s'organisant gérés par des structures politiques aristocratiques. D'où le développement des comportements de repli dans un sentiment de victime historique, depuis l'époque colonial d'une population essentiellement animiste qui ne fut pas intégré par la présence coloniale à travers la réligion et qui n'avait pas non plus été touché par l'islamisation. Le plus homogéne de tous les groupes meme du point de vue culturel et religieux. C'est pourquoi, il est l'impératif de detecter et analyser les « disfonctionnements structurels » de l'Etat sur deux plans : i) du « cheneau manquant » entre l'Etat « malformé » et les populations ou encore « les structures traditionnelles d'origine » des différentes « communautés ethniques nationales » par lesquelles s'organisent les populations ; ii) la nature des imbrications de l'Etat, en l'occurrence ethniciste avec un ou plusieurs groupes ethniques, surtout dans des situations de fragilité voire de fallite qui renvoie à des ethnicismes, c'est-à-dire l'irruption des expressions politiques de l'ethnicité qui vient ainsi occuper l'espacce publique, revendicant donc le pouvoir au sein de l'Etat, voire meme des vélleités à s'en accaparer comme a été le cas de certains courents politiques au sein des Balantes, à un moment donné, pendant le régime de Koumba Yala. En effet, la légitimité de l'Etat auprès de ses bases sociales dépend non seulement mais aussi de la réussite des formes et de la nature des imbrications opérées entre celui-ci et les différentes populations, sous son autorité. Ainsi, du seul point de vue de la perspective de la tradition des théoriciens de la « Failed State », à propos de la fallite et fragilité de l'Etat, on ne saurait pas de doter d'instruments conceptuels suffisants pour expliquer les fondements de la nature et crise de l'Etat dans ce pays. Les critères retenus pour caractériser les Etats dans les termes dont il est question ci-haut demeurent ceux du dressage de constats des situations. Ces problèmes de fragilité et fallites étatiques appelent des explications plus approfondies. Et l'explication de telles situations ne pourrait etre comprises sans l'approfondissement des imbrications bien ou mal négociées, entre les couches sociales qui gérent et profitent du système étatique en place d'une part et les populations goouvernées de l'autre. Autrement dit, derrière les fragilités et fallites des Etats on peut retrouver des rapports politiques bien determinés, qui cautionnent des rapports sociaux divers : i) très injustes au plan economique et social : ii) plus ou moins ilégitimes ; iii) plus ou moins négociés. Dans le cas de la Guinée-Bissau, les groupes sociaux, supports de l'Etat moderne, pluriel d'une part et les « chefferies traditionelles » et « notables » locaux, sachant que ces dernières composantes sont le fruit d'un remodelage permanent pour les besoins politiques de chaque régime, entretiennent des relations politiques qui ne favorisent point une « formation » adéquate des institutions de l'Etat. Les formes des imbrications structurelles, harmonieuses requienrent plusieurs conditions : - Que entre les couches sociales qui constituent une espècie de « bloc au pouvoir economique » il y aie des facteurs structurels pouvant imposer les fondamentaux fondeteurs d'Etat regulateur de la concorrence, prélude de l'impartialité et donc un rempart à la gestion néo-patrimoniale et clientéliste. Dans les pays en voie d'industrialisation en Europe au XIX siècle la concurrence economique au sein de la bourgoisie induisa la necessité indispensable d'imposer des regles pour la régulation et l'arbitrage. - Que les conditions de légitimité soyent négociées avec les populations déjà organisées autrement, en termes politiquement traditionnels, c'est-à-dire sous des « chefferies dont l'historicité vient d'autres régimes, en l'occurrence pré-coloniales quoi que parfois en état de délabrement. Ces structures politiques traditionnelles ayant été objet de plusieurs remodelages à travers différentes périodes historiques. Des mauvaises insertions éventuelles de « communautés ethniques » dans l'ensemble gérés par « l'Etat supra » ainsi que des carences de développement economique et social peuvent se manifester, au sein des populations, s'estimant dominées, sous différentes formes : réasctions ethnicistes à travers le vote, revendications linguistiques, religieuses et parfois des vélleités d'autonomie et/ou indépendance. C'est là où « L'Etat supra » intervient avec des élements correcteurs de renforcement d'intégration tels que les services de santé, d'education, de developpemetn economiques à défaut desquels la faillite de l'Etat se déclare. Dans le cas de la Guinée-Bissau, comme ailleurs dans les pays semblables le processus de prédation des déniers publiques, constituent les fondamentaux de l'action de l'Etat actuellment. C'est cet espèce de combinaison sociale et politique en gestation, entre non imbrication de l'Etat avec certaines « communautés ethniques », mauvaises articulation avec d'autres et carences de développement socio economique que l'on peut englober dans une espèce de « faillite du projet national » qui devra etre demontée pour la compréhension à la fois de la nature « malformée » de l'Etat en Guinée-Bissau à travers ses difficultés de gérer la quotidien des populations et des affaires publiques, d'une manière générale. Ils sont nombreux ces facteurs de l'inadéquation en question qui font de cet Etat, une entité « malformée » : i) Les populations locales ne sont presque pas soumis au contrôle de l'Etat : peu de registre de naissances ii) Pas de payement d'impots iii) peu de contacts avec des fonctionnaires de l'Etat iv) pas d'autorités municipales v) faiblesses des services de santé et d'education dans de vastes zonnes vi) pas de polices locales comme les gendarmeries vii) les populations sont obligées à trouver des formules de justice par exemple à travers le recours soit aux chefferies traditionnelles, reiventées ou encore aux « charlatans », aux consultations animistaes pour les cas de vol et d'autres crimes viii) les populations livrées à eux-mêmes Face aux difficultés de développemet, la néo-patrimolnialisme des conséquences sont nombreuses : i) L'état de faillite et fragilité institutionnelle de la république de Guinée-Bissau, absente dans de larges zones du pays ; ii) sa faillite économique et financière ; iii) l'agonie profonde de ses systèmes d'éducation et de santé crédibles ; iv) de justice ; v) « l'éthnisation » du processus de structuration des forces de défense et de la sécurité font que qui faisait la « fierté nationale » des guinéens après la lutte de libération nationale ; vi) le vide institutionnel en ce qui concerne les principes de l'état de droit ; vii) l'impossibilité des évolutions économiques et sociales en en vertu des défauts d'investissements, de créer des couches sociales impliquées, de manière vitale, dans des processus de concurrence économiques qui de par leurs nature les auraient prédisposer à la défense d'un Etat néo-wébérien assez solide ; viii) la faiblesse de l'autonomisation de du « mouvement général de la société civile » dans le pays qui pourrait aider dans l'exercice des contraintes des gouvernants au respect des principes de l'état de droit. C'est-à-dire, structurer le projet en question, sur la base de lois et de règles ainsi que d'un corps de fonctionnaire assez autonome par rapport à la tendance de personnalisation du pouvoir par les politiques au pouvoir. Cet état de choses renvoie à la nécessité d'une remise en cause du « projet national », de par sa faillite politique. Les traces de celle-là étant présentes dans la traçabilité d'un affaiblissement persistant des liens de citoyenneté, entre les guinéens. Ceux-ci se renvoyant, de plus en plus vers un repli sur les sentiments d'appartenance ethnique et religieuse lors qu'il s'agit de prise de position politique, notamment par le vote et pour cause tout ce cortège de malformation reste marquée par un vide profond de l'état de droit.

  • Titre traduit

    Failed State in Guinea-Bissau. Politic Market, Ethnicity and Religion


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