Elaboration de biopesticides dans la lutte contre la cercosporiose noire en Martinique et des biofertilisants promoteurs de croissance

par Doriane Dijon

Projet de thèse en Mécanismes des Interactions parasitaires pathogènes et symbiotiques

Sous la direction de Robin Duponnois.

Thèses en préparation à Montpellier , dans le cadre de GAIA - Biodiversité, Agriculture, Alimentation, Environnement, Terre, Eau , en partenariat avec LSTM - Laboratoire Symbioses Tropicales et Méditerranéennes (laboratoire) depuis le 28-03-2018 .


  • Résumé

    La cercosporiose noire est une maladie provoquée par le champignon Pseudocercospora fijiensis. Cette maladie est connue comme étant la plus importante chez le bananier en termes de dommages sur la plante et de coûts pour les traitements, par rapport aux autres maladies répertoriées. Les symptômes se traduisent par des nécroses foliaires entrainant de sévères pertes de rendement mais également une maturation précoce des fruits qui les rend impropres à la consommation et donc à l'exportation. Aujourd'hui, les bananes sont cultivées dans la plupart des pays tropicaux et subtropicaux dont l'économie dépend de cette culture. La lutte contre cette maladie nécessite généralement de fréquentes applications de fongicides. Toutefois il a été montré que l'agent pathogène développait divers types de résistance aux fongicides entraînant une fréquence plus élevée d'applications et augmentant ainsi l'impact de ces pesticides chimiques sur l'environnement et la santé des travailleurs des bananeraies. Devant cette impasse technique, économique et environnementale, il est urgent d'identifier des alternatives à l'utilisation de ces produits. A notre connaissance, aucune méthode de lutte biologique n'a encore été identifiée dans les plantations commerciales. L'utilisation de la diversité microbienne des sols en tant qu'agents biologiques promoteurs de la croissance des plantes et possédant des propriétés antipathogène a connu ces dernières années un engouement spectaculaire du fait de la prise en compte des impacts délétères des pratiques agricoles sur l'environnement. D'anciens travaux ont mis en évidence la résistance de plusieurs variétés de bananiers sauvages à la cercosporiose noire alors que la variété cultivée, Musa acuminata (sous-groupe Cavendish, AAA, ‘Grande Naine') est sensible à la maladie. La plupart des études visent à identifier les microorganismes issus de la rhizosphère ou des tissus aériens qui seraient impliqués dans ces mécanismes. Cependant les graines sont peu étudiées quant à leur contenu en microorganismes dit endophytes et possédant ces caractéristiques. La diversité bactérienne hébergée dans les graines de bananiers sauvages représente un potentiel significatif à valoriser pour concevoir des biopesticides présentant une activité importante contre P. fijiensis et une innocuité avérée sur les caractéristiques environnementales.

  • Titre traduit

    Development of biopesticides for the control of black Sigatoka in Martinique and growth promoting biofertilizers


  • Résumé

    Black Sigatoka is a disease caused by the fungus Pseudocercospora fijiensis. This disease is known to be more important in banana in terms of damage to the plant and costs for treatment, compared to other listed diseases. The symptoms stated are foliar necrosis resulting in severe yield losses but also an early ripening of the fruits which makes them unfit for consumption and therefore for exportation. Today, bananas are grown in most tropical and subtropical countries whose economy depends on this crop. The fight against this disease requires frequent applications of fungicides. However, it has been shown that the pathogen is developing various types of fungicide resistance leading to a higher frequency of applications and thus increasing the impact of these chemical pesticides on the environment and the health of field workers. Faced with this technical, economic and environmental impasse, it is urgent to identify alternatives to the use of these products. To our knowledge, no biological control method has yet been identified in commercial plantations. The use of microbial diversity of soils as biological agents that promote plant growth and possess antipathogenic properties has in recent years become spectacularly popular because of the fact that the harmful impacts of agricultural practices on the environment are taken into account. Previous work has highlighted the resistance of several wild banana varieties to black Sigatoka, while the cultivated variety, Musa acuminata (Cavendish subgroup, AAA, 'Grande Naine') is susceptible to the disease. Most studies aim to identify microorganisms from the rhizosphere or aerial tissues that would be involved in these mechanisms. However, the seeds are little studied as to their content in so-called endophytic microorganisms and having these characteristics. The bacterial diversity harbored in wild banana seeds represents a significant potential to be exploited to design biopesticides with significant activity against P. fijiensis and a proven safety on environmental characteristics.