La vérité comme cause dans l’expertise de l’enfant

par Catherine Schvan (Virlouvet)

Projet de thèse en Psychologie

Sous la direction de Yohann Trichet.

Thèses en préparation à Rennes 2 , dans le cadre de École doctorale Éducation, langages, interactions, cognition, clinique (Nantes) depuis le 01-09-2017 .


  • Résumé

    L’expertise est cet acte imposé au sujet pour la recherche d’une manifestation de la vérité. Elle fait appel à un savoir spécifique souvent dévolue à un collège de spécialistes. Savoir et vérité sont donc intimement liés et s’articulent autour de la question du sujet, car ni objet de la science, ni objet d’une compréhension trop hâtive ne sauront déterminer une vérité absolue quand à la parole d’un enfant. Comprendre les faits, le sujet, pour mieux le juger et éventuellement, le « punir », est ce que la justice demande. Pour cela, elle doit s’allier à d’autres savoirs, étrangers au droit. Au cours de l’histoire, des experts de champ aussi divers que la psychiatrie, la justice ou l’éducatif se sont positionnés en véritable expert du développement, de la maladie mentale, ou de la rééducabilité des jeunes. De ce discours du maitre préexistant, est apparu lentement dans le milieu des années 1930 une prise de conscience sur le discours de l’enfant. Affublé de menteur, de pervers, une place plus singulière va lui être attribuée à partir de la deuxième moitié du 20ème siècle. L’expertise nait du dessein scientifique de cerner un savoir et une vérité sur l’enfant. Nous ferons ici l’hypothèse que l’enfant a un savoir sur ce qui lui arrive et que la vérité ne peut émaner que de ce qu’il dit. Nous avancerons que l’expertise, pièce vivante de l’instruction, peut se prêter à un questionnement du choix inconscient du sujet. D’une vérité imposée par l’autre nous passerions à une vérité de l’Autre. En cela, nous pourrions avancer l’idée d’une expertise comme objet vivant impliquant d’abord la parole du sujet, l’écouter dans ses ratés d’une trop réelle psychopathologie quotidienne, le suivre dans la manière dont il chemine avec le psy pour cerner au plus près cette vérité par l’aveu de ses coordonnées signifiantes et déterminer avec lui quelle en serait la cause. La vérité comme cause dans l’expertise ainsi menée a t-elle un sens pour la justice?


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