Poésie du deuil de la femme aimée. Son influence sur l’œuvre de quelques poètes contemporains.

par Nadia Salameh (Perret)

Projet de thèse en Littérature française

Sous la direction de Benoît Conort.

Thèses en préparation à Rennes 2 , dans le cadre de École doctorale Arts, Lettres, Langues (Rennes) , en partenariat avec Cellam (laboratoire) depuis le 01-09-2017 .


  • Résumé

    Au XXe siècle, la disparition progressive des rites relatifs au deuil a profondément altéré le rapport de chacun et de la société au deuil, allant souvent jusqu’à l’occulter. La littérature, miroir du monde, en porte évidemment la marque. Pour le poète qui, tel un Orphée contemporain, se retrouve dans la situation de la perte de la femme aimée, se pose alors le problème de dire l’absence et de lui donner un sens. En effet, cet alchimiste du verbe sachant chanter et enchanter le monde, célébrer l’amour et la vie, peut-il exprimer ce qui relève de l’ineffable ? Le poète est-il suffisamment démiurge pour « ineffacer » la fatalité comme le suggère Michel Deguy ? Et pourquoi, lorsque surgit le deuil, la poésie est-elle préférée alors qu’elle n’occupe plus une place de premier plan sur la scène littéraire ? Est-ce par sa propension à restituer un sentiment en peu de mots ou par ses blancs qui figurent si bien l’absence ? Se posant comme une expérience de fin ou un après, le deuil s’inscrit encore comme le prélude d’un nouvel état. Par conséquent, l’écriture du deuil s’assimile parfois à une seconde mort : cette mort conceptuelle, reflétant le travail d’abstraction de l’anéantissement de l’autre vaut effectivement son acceptation. Enfin, accepter d’écrire le deuil, le faire passer de la sphère intime à la sphère publique, influence aussi la représentation du poète par lui-même et son propre rapport à la finitude. Au-delà de la réflexion sur l’écriture-même du deuil, cette thèse s’attachera pareillement à montrer l’influence que ces poèmes et recueils de deuil de la femme aimée ont pu avoir sur l’œuvre de poètes contemporains tels que Pierre Albert-Birot, Paul Éluard, Michel Deguy, Jacques Roubaud, Claude Esteban, André Velter ou Christian Bobin.


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