La gouvernance migratoire au liban : les acteurs internationaux entre enjeux humanitaires et sécuritaires

par Clothilde Facon

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Antoine Pecoud.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Érasme (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis) depuis le 05-03-2018 .


  • Résumé

    L’objet de cette thèse est d’étudier la gouvernance des réfugiés au Liban à partir des politiques mises en œuvre par les acteurs internationaux. Avec plus d’1,5 million de réfugiés sur 4 millions d’habitants, soit la plus grande concentration par habitant dans le monde, le Liban est l’épicentre de la crise syrienne. Il représente un exemple révélateur de paradoxes qui entourent les migrations au Moyen-Orient : confronté à un afflux migratoire sans précédent, sa législation dans ce domaine demeure très lacunaire et l’Etat n’a pas signé les principaux textes internationaux. Le contexte de tensions confessionnelles et le jeu politique pluraliste basé sur l’appartenance communautaire cristallisent tensions et polémiques sur la question migratoire dans un pays qui tient de la véritable mosaïque ethnique. L’obsession sécuritaire et la polarisation entourant l’afflux récent de réfugiés syriens et irakiens confèrent à l’action des organisations internationales et des entités humanitaires une dimension polémique accrue. L’ébauche d’une gouvernance mondiale des migrations mettant en exergue deux tendances - une approche sécuritaire, répressive, axée sur le contrôle des frontières, et une approche basée sur la protection des migrants et des réfugiés - je m'interroge quant à leur articulation dans le contexte libanais. A partir du concept d'"illusion apolitique", j'interroge également le phénomène de politisation de l’aide au Liban, dans un contexte où la question des migrants est objet de conflits - avec un phénomène de transposition du conflit syrien aux dissensions internes au pays. L’enjeu de mon travail est de montrer comment une gouvernance migratoire se construit et se définit à travers l’interaction d’une myriade d’acteurs internationaux et non étatiques. Il s’agit de montrer en quoi, la politique migratoire telle qu’elle existe au Liban est le résultat d’un enchevêtrement d’acteurs venus d’horizons très variés et d’un poids inégal ; et comment leurs interactions provoque la diffusion et l’intégration de certaines normes et politiques qui répondent à deux tendances, sécuritaire et humanitaire.


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