Paiements extérieurs et crises de dette: vers un nouvel ordre monétaire international?

par Adonija Zio

Projet de thèse en Sciences économiques

Sous la direction de Xavier Bradley et de Alvaro Cencini.

Thèses en préparation à Bourgogne Franche-Comté en cotutelle avec l'Université de la Suisse italienne , dans le cadre de École doctorale Droit, Gestion, Economie et Politique , en partenariat avec LEDI - Laboratoire d'Économie de Dijon (laboratoire) depuis le 02-10-2014 .


  • Résumé

    La crise de la dette souveraine constitue l'une des crises les plus récurrentes du système capitaliste. Ces crises apparaissent après une forte accumulation de dette par les pays. Le paiement de cette dette provoque le plus souvent des déséquilibres internes et des instabilités financières. Les études menées sur la question privilégient l'approche microéconomique et expliquent que le comportement imprudent des débiteurs et des créanciers est à l'origine du surendettement des pays et en conséquence des difficultés pour servir la dette. Si cette approche permet de déterminer les causes de l'augmentation de la dette des résidents (dette ordinaire), elle échoue à expliquer l'origine de la dette des pays en tant qu'ensembles souverains. L'objet de ce travail est d'examiner les causes structurelles des difficultés auxquelles les pays font face lors du paiement de leur dette, ceci dans l'optique de proposer une véritable réforme qui permettrait de résoudre de façon durable la question. Pour ce faire, nous partons des théorèmes de la dette extérieure et de l'intérêt développés par Bernard Schmitt pour expliquer l'origine du surendettement. En effet, selon ces théorèmes, en l'absence d'une véritable monnaie internationale, le paiement des déficits extérieurs est double. Ainsi, lorsqu'une économie est importatrice nette, non seulement les résidents paient avec leur revenu national, mais le pays en tant qu'ensemble souverain doit se procurer des devises nécessaires au paiement des exportateurs étrangers. L'endettement du pays pour obtenir le moyen véhiculaire est à l'origine de la dette souveraine et vient de l'absence d'un véritable moyen de paiement international. Il y a donc une malformation de la dette des pays. Ce dysfonctionnement alourdit la charge du déficit extérieur et rend le paiement de la dette insupportable aux pays. Étant donné que cet endettement pathologique manque de contenu réel, il génère des capitaux apatrides sur le marché financier qui profitent à la bulle financière. Pour sortir de cette impasse, et permettre à un pays pris isolément d'empêcher la malformation de la dette, nous proposons une réforme qui consiste à empêcher que la monnaie ne devienne une finalité dans les paiements, en internalisant les dépenses extérieures de revenu national d'une part, et en s'occupant des règlements extérieurs d'autre part. Dans le cas d'une communauté économique, les pays peuvent empêcher la malformation de leur dette en mettant en place une véritable monnaie unique ou une monnaie commune. Toutefois, étant donnés les déséquilibres qui caractérisent les unions économiques actuelles, la monnaie commune semble optimale pour les pays du fait de l'autonomie en matière de politique économique qu'elle offre.

  • Titre traduit

    External payments and debt crises: toward a new international monetary order?


  • Résumé

    The sovereign debt crisis is one of the most recurrent crises of the capitalist system. These crises emerge after a strong accumulation of debt by countries. The payment of this debt most often causes internal distortions and financial instability. Studies related to these issues favour the microeconomic approach and explain that the imprudent behaviour of debtors and creditors is at the basis of the countries' over-indebtedness and consequently of the difficulties in servicing their debt. While this approach helps to determine the causes of the growth of residents' debt (ordinary debt), it fails to explain the origin of the debt affecting countries considered as sets of their residents. The purpose of this work is to examine the structural causes of the difficulties that countries face in paying their debt; this is carried out with the objective of proposing a genuine reform that would provide a lasting solution to the issue. To this end, we work from the external debt and interest theorems developed by Bernard Schmitt to explain the origin of the debt overhang. According to these theorems, in the absence of a valid international money, the payment of external deficits is doubled. Thus, when an economy is a net importer, not only do the residents pay with their national income, but the country as a whole must, as a sovereign entity, obtain the necessary foreign currency to pay foreign exporters. The country's indebtedness that ensues is at the origin of sovereign debts and is due the absence of a real international means of payment. Thus, there is a malformation of the countries' debts. This malfunction increases the burden of the external deficit and makes the payment of the debt unsustainable for the countries. Since this pathological debt lacks real content, it generates stateless capital on the financial market which causes the formation of speculative bubbles. To break this conundrum, and to enable a country to prevent on its own the malformation of debt, we propose a reform that consists in preventing money from becoming a finality in payments, by internalising external expenditure of national income on the one hand, and dealing with external settlements on the other. In the case of an economic community, countries can prevent the malformation of their debt by setting up a full single currency or a common currency. However, given the disequilibrium that currently prevails in economic unions, the common currency seems optimal for countries because of the autonomy in economic policy that it offers.