Les ouvertures pour armes à feux dans les structures médiévales : morphologie, fonction, usage.

par Maxime Messner

Projet de thèse en Archéologie

Sous la direction de Hervé Mouillebouche et de Nicolas Faucherre.

Thèses en préparation à Bourgogne Franche-Comté , dans le cadre de SEPT - Sociétés, Espaces, Pratiques, Temps , en partenariat avec ARTEHIS - ARchéologie, TErre, HIstoire, Sociétés (laboratoire) depuis le 15-10-2016 .


  • Résumé

    A partir de la fin du XIVe siècle, l'arme à feu fait son entrée progressive en France et est adaptée à la fortification médiévale. L'art de la guerre tel qu'il est connu jusqu'alors, s'il n'est pas bouleversé dans ses principes fondamentaux, doit s'adapter à l'apparition de nouvelles technologies et de nouvelles techniques de siège. En effet, avec l'apparition de la sape explosive et l'utilisation d'armes à feu, dont la symbolique psychologique et démonstrative s'avère vive, de nouvelles formules de défenses vont être adoptées. Avec elles, de nouvelles ouvertures de tir sont ainsi créées pour l'utilisation de ces armes « inédites » et viennent peu à peu remplacer les ouvertures plus anciennes comme les archères. Parallèlement à l'évolution rapide des armes, les ouvertures de tir évoluent jusqu'à prendre des formes extrêmement variées, très diverses suivant les zones géographiques et temporelles. Si l'étude de ces ouvertures et de leur évolution progresse timidement ces dernières années , elle est le plus souvent limitée à seul type d'ouverture, un type de fortification ou un type de source. Ici est proposée une étude des ouvertures de tir pour arme à feu dans un cadre plus étendu, à savoir le quart nord-est de la France (Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne et Bourgogne-Franche-Comté). Si ces limites géographiques correspondent à des limites administratives du XXIe siècle, elles ne couvrent pas moins un territoire à l'histoire complexe, qui permettra de déterminer si la construction des canonnières répond à des problématiques d'ordre géographique ou politique. Dans une moindre mesure, pour la Franche-Comté ce point est bien perceptible puisque les châtelains utilisent préférentiellement certains types de canonnières pour montrer leur appartenance au roi de France ou, au contraire, au duc de Bourgogne. Si un tel fait est sensible à une échelle géographique plus large, on pourrait théoriquement être en mesure d'attribuer à certains bâtiments une appartenance politique ou géographique par l'étude de leurs canonnières. A travers ce cadre géographique étendu il serait certes possible de considérer comme réductrice la limitation du sujet au seul XVe siècle. Toutefois, cette période s'avère charnière, même s'il elle ne constitue en aucun cas une rupture dans l'histoire de la fortification. Avant le XVe siècle, les canonnières et archères-canonnières sont rares et relativement peu connues. C'est au cours de ce même siècle, et plus particulièrement à partir de sa seconde moitié, que le nombre d'ouvertures de tir s'accroit véritablement. En définitive, la finalité de cette thèse sera donc la production d'une typologie des ouvertures de tir inhérentes à ces cadres chrono-géographiques ainsi qu'une réflexion sur leur utilisation et leur fonction, probablement par le biais de pratiques expérimentales

  • Titre traduit

    Firearms opening in medieval structures : morphology, fonction, use.


  • Résumé

    From the end of the 14th century, the firearm gradually entered France and was adapted to the medieval fortification. The art of war as it is known until now, if it is not upset in its fundamental principles, must adapt to the emergence of new technologies and new techniques of siege. Indeed, with the appearance of explosive sape and firearms, whose psychological and demonstrative symbolism proves to be lively, new formulas of defenses will be adopted. With them, new shooting openings were thus created for the use of these 'unpublished' weapons and gradually replaced the older openings like the archers. Along with the rapid evolution of weapons, the shooting openings evolve to take very varied forms, very diverse according to the geographical and temporal zones. If the study of these openings and their evolution progresses timidly in recent years, it is most often limited to a single type of opening, a type of fortification or a type of source. Here we propose a study of the firing openings for firearms in a wider framework, namely the northeast quarter of France (Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne and Burgundy-Franche-Comté). While these geographic boundaries correspond to administrative boundaries of the 21st century, they also cover a territory with a complex history that will determine whether the construction of gunboats responds to geographical or political issues. To a lesser extent, for Franche-Comté, this point is very perceptible since the chatelains preferentially use certain types of gunboats to show their belonging to the King of France or, on the contrary, to the Duke of Burgundy. If such a fact is sensitive to a wider geographical scale, one could theoretically be able to attribute to some buildings a political or geographical affiliation by the study of their gunboats. Through this extended geographical framework it would certainly be possible to consider as restrictive the limitation of the subject to the fifteenth century alone. However, this period is pivotal, even if it does not constitute a break in the history of fortification. Before the 15th century, gunboats and gunboats were rare and relatively unknown. It is during this same century, and more particularly from its second half, that the number of shooting openings actually increases. Ultimately, the aim of this thesis will be to produce a typology of the shooting openings inherent in these chrono-geographic frameworks, as well as a reflection on their use and function, probably through experimental practices