« Les relations diplomatiques, politiques, géopolitiques, sociales, économiques et religieuses entre les sanctuaires anatoliens, les cités, les rois, les empereurs et les populations indigènes, aux époques hellénistique et impériale romaine (IVe siècle av. J.-C.-IVe siècle ap. J.-C.) »

par Fret Koudougnon

Projet de thèse en Archéologie

Sous la direction de Hadrien Bru.

Thèses en préparation à Bourgogne Franche-Comté , dans le cadre de SEPT - Sociétés, Espaces, Pratiques, Temps , en partenariat avec ISTA - Institut des Sciences et Techniques de l'Antiquité (laboratoire) depuis le 05-10-2015 .


  • Résumé

    Après la mort d'Alexandre en 323 av J.-C, l'Anatolie se présente comme un immense territoire disputé par ses successeurs, avec la formation des royaumes séleucide, antigonide et attalide, tout en subissant l'influence des Lagides. Cela accéléra l'hellénisation de l'Anatolie continentale par le développement de cités grecques souvent en rapport avec d'anciens sanctuaires hérités de l'époque achéménide. La plupart de ces sanctuaires avaient la forme d'une entité religieuse, économique et sociale jouant souvent un rôle politique, au moins à l'échelle régionale. Ces lieux de culte étaient répandus dans presque toute l'Anatolie et ils bénéficiaient d'un grand prestige et d'une popularité qui pouvaient dépasser les frontières de l'Anatolie, par leur rayonnement religieux comme par leur puissance économique basée sur la possession de terres et d'esclaves sacrés assurant des revenus qui permettaient par exemple de prêter à des cités. Pour ces raisons, les rois, les empereurs, les cités et les populations entretenaient des rapports étroits avec ces sanctuaires, qu'il s'agît de celui d'Asklépios à Pergame, de celui de Cybèle à Pessinonte, de celui de Dionysos à Téos, de celui de Zeus à Aizanoi ou de celui de Mèn Askaènos à Antioche de Pisidie, à titre d'exemples. Cela se fit régulièrement par une correspondance diplomatique connue par des dossiers épigraphiques gravés dans ces sanctuaires, témoignant de privilèges comme l'asylie, y compris après la perte de leur autonomie au profit de Rome, à partir du IIe siècle avant notre ère. À l'époque impériale romaine, les sanctuaires restèrent influents, notamment en rapport avec l'organisation de nombreux concours grecs. Les recherches projetées visent à étudier les modalités des relations entre les sanctuaires anatoliens et les différentes cités, empires, royaumes et populations qui vivaient dans ce vaste territoire de l'Anatolie aux époques hellénistique et impériale romaine. La perspective globale conduit à évaluer l'action sociale, politique, géopolitique, diplomatique et économique des sanctuaires en Asie Mineure. Il s'agit également d'évaluer l'impact de leur présence dans la vie religieuse et économique des populations indigènes. Les sources sériées, analysées et croisées incluent toutes les sources épigraphiques, littéraires, numismatiques, iconographiques et archéologiques disponibles au regard de la documentation actuelle. Cela permettra la création d'un corpus de sources commentées dans le détail, en dégageant les évolutions qui se firent jour dans l'Histoire des sanctuaires anatoliens entre le IVe siècle av. J.-C. et le IVe siècle de notre ère.

  • Titre traduit

    « The diplomatic, geopolitical, social, economic and religious relations between Anatolian sanctuaries, cities, kings, emperors and indigenous populations during the Hellenistic and Roman imperial periods (IVth century B.C.-IVth century A.D.) »


  • Résumé

    After the death of Alexander the Great in 323 B.C., Anatolia was a large territory disputed between the Diodochoi, who have created the Seleucid, Antigonid and Attalid kingdoms, certain regions being under the Ptolemaic influence. This situation has accelerated the hellenization of continental Anatolia thanks to the growing of the Greek cities, often in connection with ancient sanctuaries inherited from the Achaemenid times. Most of those sanctuaries were religious, economic and social entities regularly playing a political role, at least at regional scale. Those cultic places had to be found almost all over Anatolia and were often famous and popular beyond Asia Minor, thanks to their beaming religious influence and also thanks to their economical power based on land and sacred slaves property, which enabled them to lend money to cities. Because of these reasons, kings, emperors, cities and populations have shown close relationships with the Anatolian sanctuaries, for example in connection with Asklepios in Pergamon, with Cybele in Pessinus, with Dionysos in Teos, with Zeus in Aizanoi or with Men Askaenos in Pisidian Antioch. Those relationships are regularly illustrated by a diplomatic correspondence known to us thanks to the epigraphic documentation carved in the sanctuaries, showing the grant of privileges like asylia, including after their loss of autonomy because of the Roman domination from the second century B.C. During the Roman imperial era, the Anatolian sanctuaries remained influent, notably in connection with the organization of numerous Greek games. The proposed researches aim at studying the settings of the relationships between Anatolian sanctuaries and different cities, empires, kingdoms and populations living in the peninsula during Hellenistic and Roman imperial times. The global perspective leads us to estimate the social, political, geopolitical, diplomatic and economical action of the sanctuaries in Asia Minor. It is also essential to estimate their religious and economical impact on indigenous populations. All the available epigraphic, literary, numismatic, iconographical and archaeological sources will be crossed and analyzed. This work will create a corpus of detailed commented sources able to reveal the evolutions of the history concerning the Anatolian sanctuaries between the IVth century B.C. and the IVth century A.D.