Attachement et pertes liées au parcours de vie : vers une compréhension du désir de vivre et de mourir des personnes âgées en établissement d'hébergement

par Aurélie Chopard-Dit-Jean

Projet de thèse en Psychologie

Sous la direction de André Mariage et de Magalie Bonnet.

Thèses en préparation à Bourgogne Franche-Comté en cotutelle avec l'Université de Lausanne , dans le cadre de SEPT - Sociétés, Espaces, Pratiques, Temps , en partenariat avec Laboratoire de Psychologie (laboratoire) depuis le 01-10-2016 .


  • Résumé

    Cette thèse en psychologie adopte une approche intégrative mobilisant des référents de la psychologie sociale et clinique. S'inscrivant dans le champ gérontologique, elle cherche à comprendre le rôle de l'attachement dans l'expérience de l'approche de la mort vécue par les individus accueillis en établissement d'hébergement. Appliquée habituellement à l'enfance, l'adolescence et à l'âge adulte, la théorie de l'attachement le devient à la vieillesse dès les années 1990. Les pertes liées au vieillissement et l'entrée en établissement confrontent les individus à la mort : à leur mort et celle de l'autre. Dans cette thèse, l'expérience de l'approche de la mort vécue par les individus est étudiée dans le contexte de l'établissement d'hébergement, considéré comme la dernière étape du parcours de vie. Appliquer la théorie de l'attachement permet notamment de mettre en évidence le fonctionnement interrelationnel (recherche de soutien social) et émotionnel (expression des émotions) des individus. Selon les modalités d'attachement, définies par la représentation que les individus ont d'eux-mêmes (comme dignes d'amour et de soin) et des autres (comme source fiable de sécurité), ceux-ci abordent différemment les épreuves de la vie et la fin à venir. En quoi les modalités d'attachement influencent-elles l'expérience de l'approche de la mort en établissement d'hébergement ? Cette thèse s'appuie sur une étude empirique menée auprès de trente individus âgés accueillis en établissements d'hébergement en Suisse et en France. Le cadre légal de ces deux pays à propos de la fin de la vie n'est pas le même. En Suisse, le suicide assisté – soit le fait de fournir à une personne le moyen de se tuer – est toléré en l'absence de tout « mobile égoïste » et sous certaines conditions. En France, le suicide assisté est interdit. Une attention particulière est portée à ce contexte légal susceptible d'influencer l'expérience vécue par les individus à l'approche de leur mort. Une série d'entretiens semi-directifs permet aux individus de relater leur histoire de vie au travers de leurs expériences relationnelles, de parler de leur entrée dans l'établissement, de leur vécu actuel, du sens donné à leur existence et de la perception de leur avenir. Plusieurs échelles mesurent la qualité de vie, la dépression, l'anxiété et les modalités d'attachement des répondant-e-s. Des méthodes d'analyse qualitative mettent en lien les modalités d'attachement, l'expérience de l'approche de la mort et le parcours de vie. Ces méthodes d'analyse qualitative investiguent également le vécu de l'entrée et de la vie en établissement, les relations avec les proches et les professionnel-le-s, tout en considérant le genre et l'âge des répondant-e-s. Des méthodes d'analyse quantitative examinent les éventuelles corrélations entre genre, âge, modalités d'attachement, qualité de vie, dépression, anxiété et temps passé dans l'établissement.

  • Titre traduit

    Attachment and losses related to the life span : an understanding of the wish to live and to die of nursing homes' residents


  • Résumé

    Focusing on an integrative approach in social and clinical psychology, and from a Gerontological field, this thesis aims to understand the role of attachment in how old individuals in nursing home experience approaching death. Attachment theory is usually applied to childhood, adolescence, and adulthood. Since 1990, several studies have investigated attachment and aging. Entry to nursing homes and losses linked to aging confront people with death: their own death and the death of the others. In this thesis, the experience of approaching death is studied in the context of nursing homes, and is considered as the last stage of the life span. Attachment theory is useful because it sheds light on the individuals' inter-relational (seeking social support) and emotional (expression of emotions) functioning. According to their attachment patterns, which are determined by the way the individuals see themselves as worthy of love (and care) and how confident they perceive others to be (as a reliable source of security), individuals see the trials of life and the future differently. This begs the question: How do attachment patterns influence old individuals in nursing homes experiences with approaching death? This thesis is based on an empirical study carried out with thirty nursing homes' residents in Switzerland and France. These two countries have different legal contexts regarding the end-of-life. In Switzerland, assisted suicide is tolerated in the absence of any "selfish motives" and under certain conditions. In France, assisted suicide is prohibited. Particular attention is paid to how this legal context is likely to influence the experiences of individuals near their death. This thesis uses in-depth interviews to investigate the participants' life stories through their relationship experiences, the entry in nursing home, their views on their present and their future, and the meaning of their life. Questionnaires are used to evaluate quality of life, depression, anxiety, and attachment patterns. Qualitative analysis methods are used to analyze the relationship between the attachment patterns, the experience of approaching death, and the life span. These methods also investigate the experience of entering and living in a nursing home, and relationships with relatives and professionals, while taking into account the gender and age of the respondents. Quantitative analysis methods are used to examine the possible correlations between gender, age, attachment patterns, quality of life, depression, anxiety, and time spent in the nursing home.