Schneiderville : étude comparée des paternalismes au Creusot 1836-1960

par Céline Bellan

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Xavier Vigna.

Thèses en préparation à Bourgogne Franche-Comté , dans le cadre de SEPT - Sociétés, Espaces, Pratiques, Temps , en partenariat avec Laboratoire Interdisciplinaire de Recherches 'Sociétés, Sensibilités, Soin' (laboratoire) depuis le 01-10-2017 .


  • Résumé

    Ville modèle de l'histoire industrielle dès sa naissance, Le Creusot est intimement liée à la figure des Schneider qui rachètent l'usine en 1836. Jusqu'en 1960, les quatre maitres de forge qui se succèdent vont s'attacher à faire prospérer Schneider & Cie ainsi que la ville où elle est née. La politique sociale conduite par ceux-ci fait souvent figure d'exemple du paternalisme porté à son paroxysme ; "État dans l'État" pour ses adversaires, protection de l'ouvrier "du berceau au tombeau" pour ses admirateurs. Au-delà, il faut distinguer les projets des réalisations, ainsi que les volontés personnelles de chacun des quatre Schneider (Eugène I, Henri, Eugène II, Charles). En effet, leurs intentions s'inscrivent dans des périodes différentes, à mesure que les politiques étatiques se portent sur la question sociale et ouvrière, de la charité publique du XIXème siècle à la naissance de l'État-providence au XXème siècle. Par ailleurs, il est nécessaire de s'interroger sur la réception de ces politiques paternalistes par les principaux intéressés : les creusotins (ouvriers, employés, ingénieurs de l'usine mais également ceux qui n'y sont pas directement rattachés et simples habitants de la ville). Cette longue empreinte sur la ville a façonné son urbanisme ; a-t-elle façonné les esprits ? Comment l'adhésion ou le rejet du système se sont-ils traduits voire répondus ? Enfin, Le Creusot n'a pas été l'unique expérience sociale conduite par les industriels. Il convient donc de l'observer à l'aune de ces autres paternalismes pour en dégager les possibles originalités et les grandes lignes communes qui transcendent les politiques paternalistes.

  • Titre traduit

    Schneiderville : comparative studies of paternalims in Le Creusot 1836-1960


  • Résumé

    Since its foundation Le Creusot has been the epitome of modern industrial History, and its destiny is strongly related to this of the Schneider family, who bought the local factory in 1836. Up until 1960, the four-successive forge-masters have ensured the prosperity of both Schneider & Cie and the city in which it was born. The social policy conducted by the company often stands out as an example of paternalism at its finest. While its detractors called it "a State inside the State", its supporters praised a model that protected the laborer "from the crib to the grave". But beyond the façade, the technical projects and the personal ambitions of the four Schneider (Eugène I, Henri, Eugène II and Charles) must be distinguished. Indeed, their works are contextualized in different periods ranging, as the State payed more and more attention to the issues of the working class, from the public charity of the nineteenth century, to the providential state of the twentieth century. Moreover, the question of how these paternalist policies were received by the stakeholders, the inhabitant of Le Creusot (whether laborers, employees, engineers, or simply townsfolks and people with no direct connection to the factory) must be tackled. The Schneider's name shaped the city physically, but did it also shape the minds of its inhabitants? What reactions, support or opposition, were generated by this system, and how did they translate technically? Besides, Le Creusot was not the only social experiment of the kind conducted by industrials. It is therefore important to analyses it relation to other types of paternalisms in order to single out some possible originalities and the similarities that go beyond paternalist policies.