L'enseignement de la sculpture aux femmes, en France et au Royaume-Uni, 1870-1914

par Eva Belgherbi

Projet de thèse en Histoire de l'art

Sous la direction de Claire Barbillon et de Amélie Simier.

Thèses en préparation à Poitiers , dans le cadre de École doctorale Lettres, pensée, arts et histoire (Poitiers ; 2009-2018) depuis le 01-10-2017 .


  • Résumé

    La question de l’enseignement de la sculpture accessible aux femmes entre 1870 et 1914 est cruciale et déterminante dans la professionnalisation des sculptrices qui, bien que tenues à l’écart des institutions académiques officielles de l’École des Beaux-arts et de la Royal Academy jusqu'au dernier tiers du XIXe siècle, créent, exposent leurs œuvres et reçoivent des commandes publiques. L'analyse des systèmes anglais et français dans le domaine de l’apprentissage de la sculpture permet d’identifier le mécanisme de transmission des savoirs dans les deux pays, sous l’angle des transferts culturels, des flux migratoires et voyages d’artistes. La période qui se situe entre 1870 et 1914 consiste un tournant dans l’histoire générale de l’éducation des femmes, puisque c’est durant ces années décisives qu’est engagée la bataille pour l’accès à un enseignement de qualité pour les jeunes femmes dans les deux pays. L’objectif est ici de réinvestir, par le prisme de la sculpture et du genre, l’histoire des institutions officielles que sont la Royal Academy School de Londres et l’École des Beaux-arts à Paris, dont l’influence est encore déterminante dans la carrière des artistes à cette époque. Si la première s’ouvre timidement aux femmes en 1860, et est succédée en 1897 par la seconde, l’éducation artistique des sculptrices s’est faite ailleurs; dans des structures alternatives au système officiel qui voient le jour dans les deux pays. À Londres, des écoles telles que South Kensington School of Art, la Lambeth School fo Art et la Slade School, ouvrent progressivement des classes de modelage réservés femmes. En France, avant la mise en place aux Beaux-arts d’un atelier exclusivement destiné aux femmes au début du XXe siècle, des écoles privées, les académies Julian et Colarossi notamment, s’ouvrent aux élèves femmes dès les années 1870, et connaissent un succès de fréquentation cosmopolite, avec la présence d’Anglaises, encouragées par leurs professeurs à franchir la Manche, pour compléter leur formation à Paris, représentant après la guerre franco-prussienne et la Commune, la capitale mondiale de l’art pour tout artiste souhaitant embraser une carrière professionnelle. À Paris, les ateliers de sculpteurs reconnus tels qu’Auguste Rodin, Antoine Injalbert, ou Antonin Mercié, sont aussi des lieux d’apprentissage importants, au même titre que celui d’Hélène Bertaux, fondatrice en 1881 de l’Union des Femmes Peintres et Sculpteurs. Cette cartographie des centres névralgiques de transmission en France et au Royaume-Uni permettra de faire apparaître un maillage de connections entre ces sculptrices, de mettre en lumière leurs stratégies, des différences ou concordances de parcours. L’enseignement de la sculpture pour les femmes à la fin du XIXe siècle est un sujet transversal, qui sollicite différentes approches, monographiques et institutionnelles, pour suivre les parcours individuels - comme celui de Lucienne Heuvelmans, la première sculptrice à remporterle Prix de Rome en 1911 -, mais aussi retracer l’histoire des institutions, et mettre à jour les méthodes d’enseignement des sculpteurs professionnels, dont le rôle de passeurs de connaissances et de techniques apparaît en creux.


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