Comment peut-on expliquer l'émergence et la stabilité des « de facto states » dans l'espace post-soviétique ? Une analyse comparative des régions séparatistes et des « de facto states » récents et anciens en Moldavie (Transnistrie, Gagaouzie), en Géorgie (Abkhazie, Ossétie du Sud, Adjarie) en Ukraine (région Donbass : Louhansk, Donetsk) ainsi qu'en Russie (Tchétchénie, Talysh, Ingouchie)

par Anton Eichberger

Projet de thèse en Science politique

Sous la direction de Sabine Saurugger et de Fabien Terpan.

Thèses en préparation à Grenoble Alpes , dans le cadre de École doctorale sciences de l'homme, du politique et du territoire (Grenoble) , en partenariat avec Pacte, Laboratoire des sciences sociales (laboratoire) et de Gouvernance (equipe de recherche) depuis le 01-01-2018 .


  • Résumé

    Projet de recherche d'Anton Eichberger (étudiant allemand) Comment peut-on expliquer l'émergence durable des « de facto states » dans l'espace post-soviétique ? Une analyse comparative des régions séparatistes et des « de facto states » récents et anciens en Moldavie (Transnistrie, Gagaouzie), en Géorgie (Abkhazie, Ossétie du Sud, Adjarie) ainsi qu'en Ukraine (Crimée, Donbass : Louhansk, Donetsk) Table de matière 1. Justification du choix de la question de recherche (research question) et pertinence académique 2. Structure proposée du projet de thèse a) Question de recherche b) Sélection de cas c) Contexte historique d) Cadre théorique i) Justification des théories i) Facteurs externes : Soutien des mouvements sécessionnistes de la part d'un pouvoir externe (russe) ii) Théories politiques : Approches structuralistes (1) Des structures gouvernementales faibles – un indicateur de régime change et de stabilité (durable) des « de facto states » (2) Des structures d'opposition bien organisées – un autre indicateur régime change et de stabilité (durable) des « de facto states » iii) Théories sur l'environnement sociale et économique e) Hypothèses f) Données et variables à testées 1. Justification du choix de la question de recherche (research question) et pertinence académique Depuis l'effondrement de l'Union soviétique et la fin de la Guerre Froide, des changements radicaux dans les sphères de la politique, de l'économie et de la sécurité ont été déclenché dans les anciens Etats de l'Union Soviétique. Plusieurs Etats post-Soviétiques, parmi eux l'Ukraine et la Géorgie, ont essayé de s'orienter à « l'Ouest » et à l'Union européenne (UE), tandis que d'autres ont plutôt promu les relations avec la Russie pour des raisons historiques ou de dépendance économique. Un phénomène commun, qui peut être identifié depuis le début des années 1990 dans plusieurs Etats post-Soviétiques, est la problématique des « de facto states ». Le terme du « de facto state » sera défini selon Pegg étant que « secessionist entity that receives popular support and has achieved sufficient capacity to provide governmental service to a given population in a defined territorial area, over which it maintains effective control for an extended period of time (Pegg 1998 : 1). Les « de facto states » ne sont que reconnu par un nombre d'Etats très limité (Pegg 1998 : 1). Les « de facto states » naissent ainsi des mouvements sécessionnistes, qui ont établi des structures quasi-gouvernementales et qui se considèrent étant qu'entités souverains du pays, dont ils font formellement partie. Les pays, desquels les « de facto states » souhaitent de se séparer seront définis comme « parent states ». Selon Pegg, un « parent state » sera donc « […] an internationally recognized state entity from which a secessionist movement and potentially future de facto state is trying to break away (Pegg 1998 : 1) ». Un autre terme également important est celui du « patron state » qui est selon Pegg « an internationnaly recognized state entity providing security guarantees, political and economic support to the de facto states and their governments (Pegg 1998 : 1).» La Moldavie, la Géorgie ainsi que l'Ukraine sont des exemples pour des « parent states » qui étaient confronté avec des mouvements sécessionniste ou l'émergence des « de facto states ». Les « de facto states » ou régions séparatistes qui seront analysés dans le projet suivant seront : 1. La Gagaouzie (Moldavie), 2. La Transnistrie (Moldavie), 3. L'Abkhazie (Géorgie), 4. L'Ossétie du Sud (Géorgie), 5. L'Adjarie (Géorgie), 6. La Crimée (Ukraine), 7. Le Donbass : Louhansk/Donetsk (Ukraine) Dans les cas sélectionnés le « patron state » est la Fédération Russe. Tandis que quelques « de facto states » comme l'Adjarie ou la Gagaouzie pouvaient être – après un temps de quasi-indépendance totale – réintégré de façon plus ou moins complète dans l'ancien « parent state », d'autres régions séparatistes (l'Ossétie du Sud, l'Abkhazie, la Transnistrie, la Crimée et le Donbass) sont presque complètement perdu pour les anciens « parent states ». Face à ces « outcomes » différents, la thèse de doctorat souhaite donc d'expliquer « l'émergence durable » des de facto states. Le terme d'émergence durable contient deux dimensions (Lichbach 1981 : 51): (1) D'abord un changement révolutionnaire de régime et donc une émergence « simple » d'un « de facto state » au sein d'un « parent state ». (2) Deuxièmement, la création d'un « de facto state » qui est stable aussi dans le futur avec une probabilité très faible d'être réintégré au « parent state ». Pour cette raison, l'auteur de ce projet de recherche a évoqué des cas de succès (« de facto states » stable) et des cas d'échec ou le « de facto state » sera réintégré au « parent state » ; il veut comprendre et expliquer cet outcome différent. Cela aboutira à la question de recherche (research question) suivante : Comment peut-on expliquer l'émergence durable « de facto states » dans l'espace post-soviétique ? Une analyse comparative des régions séparatistes et des « de facto states » récents et anciens en Moldavie (Transnistrie, Gagaouzie), en Géorgie (Abkhazie, Ossétie du Sud, Adjarie) ainsi qu'en Ukraine (Crimée, Donbass : Louhansk, Donetsk) La période d'analyse sera : 1991 (effondrement de l'Union Soviétique) – aujourd'hui. L'effondrement de l'Union Soviétique sera le point de commencement de l'analyse étant donné que après cette chute, des nouvelles dynamiques d'indépendance pouvaient se dévélopper. Pertinence académique : Concernant la pertinence académique du sujet, il faut indiquer les points suivants : Le sujet des « de facto states » post-Soviétiques peut être considérés étant que problématique qui est importante dans les relations internationales depuis plus que 26 ans. En 1991, des tensions entre la Moldavie et le mouvement sécessionniste en Gagaouzie pouvaient être identifiées. Un an plus tard, en 1992, il y avait en effet même une guerre en Moldavie, liée à la deuxième région sécessionniste, la Transnistrie. Cette guerre a déclenché l'émergence du « de facto state » Transnistrie qui a été soutenu par la 14ième armée de la Fédération Russe. Après une attaque transnistrienne contre la dernière station policière contrôlée par la Moldavie dans la ville Tighina/Bender, le président moldave Mircea Snegur a lancé une contre-attaque (Tudoroiu 2012 : 141). Cette contre-attaque a provoqué une réponse militaire russe en faveur du mouvement séparatiste transnistrien qui a conduit à la défaite militaire des troupes moldaves (Tudoroiu 2012 : 141). Ayant infligé une défaite aux militaire moldave, la 14ième armée de la Fédération Russe a occupé Tighina/Bender (Roper 2001 : 108, 109). Etant donné que la Moldavie a réalisé la supériorité des forces russes qui ont forgé une alliance militaire avec la Transnistrie, le régime de Snegur a décidé d'arrêter toute les opérations militaires dans la région ce qui a déclenché l'émergence du « de facto state » Transnistrie (Tudoroiu 2012 : 141). Depuis 1992 des troupes russes sont stationnées en Transnistrie (Roper 2001 : 108, 109, Tudoroiu 2012 : 141). De surcroît, le sujet des « de facto states » post-Soviétiques n'est non seulement un facteur politique en 1992. Le sujet évoqué est au contraire également un thème plus récent. En 2004, un an après la révolution en Géorgie et la fin du gouvernement d'Edouard Chevardnadze, le nouvel gouvernement de Mikhaïl Saakashvili a également réussi à réintégrer la région séparatiste, l'Adjarie, de façon plus ou moins complète en Géorgie. L'Adjarie était surtout pendant 1991 et 2004 un « de facto state » presque complètement isolé de la Géorgie qui a établi des fortes structures quasi-gouvernementales sous le règne d'Aslan Abashidze et son parti politique « Democratic Revival Union (DRU) » (International Crisis Group 2004 : 3, Green 2009 : 2). Les mouvements sécessionnistes plus connus en Géorgie sont l'Abkhazie ainsi que l'Ossétie du Sud. Dans le cadre de la guerre entre la Géorgie et la Russie en 2008, la Géorgie a perdu le contrôle sur les deux régions de manière quasi-totale (Bundeszentrale für politische Bildung 2013). Jusqu'à aujourd'hui des troupes russes sont stationnées dans les deux régions, qui disposent étant que « de facto states » des gouvernements quasi-indépendant de la Géorgie et qui sont isolées de leur « parent state », la Géorgie (Bundeszentrale für politische Bildung 2013). Ce qui est également pertinent concernant les régions séparatistes géorgiennes est le fait que surtout le cas de l'Adjarie n'a pas encore reçu l'attention (médiatique et scientifique) qu'il méritait. Ce projet de thèse pourrait également contribuer à une recherche scientifique plus détaillé de l'Adjarie. Dans le cadre de ma thèse de master, j'ai consulté du matériel académique sur l'Adjarie. L'accessibilité à la littérature scientifique concernant l'Adjarie est donc réalisable. Les exemples les plus récents des mouvements séparatistes et de l'émergence des « de facto states » post-Soviétiques se trouvent en Ukraine. Depuis 2014, les conflits en Crimée et au Donbass se sont militarisés et ont abouti à l'annexion de la Crimée à la Fédération Russe et l'émergence des de facto structures quasi-gouvernementales à Louhansk ainsi qu'à Donetsk qui sont situés dans la région Donbass (Bundeszentrale für politische Bildung 2015). Cela montre que le sujet des « de facto states » est un thème qui est récent de 1991 jusqu'à aujourd'hui. En outre, et cela est énormément important, ce sujet est plutôt « under-researched » : Des ouvrages académiques sur le sujet existent, mais ces recherches doivent encore être approfondies. Des chercheurs et experts du ce champ de recherche comme Dembinska et Campana partagent ce point de vue et l'ont exemplifié dans leurs publications scientifiques (Dembinska, Campana 2017). Le projet de thèse suivant pourrait contribuer à approfondir la recherche académique dans le secteur de « de facto states » post-Soviétiques et contribuer à mieux expliquer pourquoi certains « de facto states » peuvent survivre de manière plus ou moins durable, par contre d'autres sont relativement rapidement réintégrés dans le « parent state ». 2. Structure proposée du projet de thèse La thèse sera structurée de la manière suivante. Après une première introduction générale au sujet, la question de recherche sera définie. Dans un deuxième volet le contexte historique qui a été déjà courtement présenté en introduction, sera analysé de manière plus détaillée. Après avoir présenté ces deux sections, le cadre (framework) théorique sera exemplifié en présentant des différentes théories économiques-sociales, politiques et militaires essayant d'expliquer le changement révolutionnaires et la stabilité (durable) des « de facto states » post-soviétiques. Dans la section suivante, huit hypothèses (voyez en bas) seront formulés ainsi qu'appliqués aux sept unités de recherche (sept régions séparatistes). De surcroît, les données ainsi que les variables empiriques à testées seront expliquées. a) Question de recherche La question de recherche sera formulée de manière suivante : Comment peut-on expliquer l'émergence durable « de facto states » dans l'espace post-soviétique ? Une analyse comparative des régions séparatistes et des « de facto states » récents et anciens en Moldavie (Transnistrie, Gagaouzie), en Géorgie (Abkhazie, Ossétie du Sud, Adjarie) ainsi qu'en Ukraine (Crimée, Donbass : Louhansk, Donetsk) b) Justification de la sélection des cas Concernant la sélection des cas, il faut constater que l'univers des cas et le nombre des unités de recherche est limité étant donné qu'il n'existe que peu de facto states. Concernant le nombre exacte des « de facto states », les points de vue divergent selon les chercheurs (Dembinska, Campana 2017 : 2) : Tandis que Caspersen et Stansfield nomment 21 « de facto states » de 1945 à aujourd'hui, Florea constate que 34 unités de recherche peuvent être considérés étant que « de facto states » pour la période de recherche de 1945 à aujourd'hui. Selon Florea, seulement 18 parmi les 34 « de facto states » sont aujourd'hui encore « vivants » (Florea 2014 : 7, Dembinska, Campana 2017 : 2). Cela implique qu'un nombre des « de facto states » depuis 1945, n'existe plus aujourd'hui. Quelques « des facto states » pouvaient par exemple être réintégrés dans le « parent state ». La sélection des cas en sciences politiques peut parfois être considérée en tant que question compliquée, dans le cadre de laquelle, il faut évaluer entre les avantages ainsi que les inconvénients. L'auteur de ce projet de thèse a décidé de sélectionner les « de facto states » post-soviétiques pour les raisons suivantes. Un des arguments en faveur des « de facto states » post soviétiques est leur actualité et pertinence depuis 1991 jusqu'à aujourd'hui : Les « de facto states » post soviétiques étaient politiquement important depuis plus de 26 ans, en 1991 et 1992 après l'émergence de la Gagaouzie, qui a été réintégrée en Moldavie plus tard, et la guerre Russo-Moldavienne en 1992 qui a abouti à l'existence de la Transnistrie, en 2004 après la réintégration de l'Abkhazie en Géorgie, en 2008 après la guerre Russo-Géorgienne et la « de facto » indépendance de l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, ainsi qu'aujourd'hui dans le cadre des conflits Russo-Ukrainienne en Crimée et dans la région de Donbass (Donetsk, Louhansk). Il est également fortement probable que ces conflits seront encore actuels dans les années suivantes (Dembinska, Campana 2017 : 10). Contrairement à quelques cas africains, les « de facto states » post-soviétiques ne sont pas « trop vieux » ce qui compliquent dans quelques cas africains la recherche de données : Le Katanga (« parent state » Congo (DRC)) a émergé en 1960 et est déjà disparue en 1963 après une réintégration violente au « parent state » (Florea 2014 : 7). Le Biafra (« parent state » Nigéria) est émergé en 1967 et n'est que disparue en 1970, également après une réintégration violente au « parent state » (Florea 2014 : 7). Il y a certes des cas africain plus actuels tels que l'Eritrée ou le Soudan du Sud, mais afin de générer une image plus large sur le continent, il fallait normalement une analyser tous les « de facto states » africains pour éviter une analyse incomplète qui ne serait dans chaque scénario pas souhaitable. Cela est par contre difficile à cause des cas très vieux comme le Katanga et le Biafra avec une situation des données compliqués. Les données des « de facto states » post-soviétiques ne sont pas dans chaque cas facile à acquérir, mais après des expériences personnelles dans le cadre de ma thèse de master sur la Géorgie et une consultation avec des experts comme Prof. Dr. Dembinska, cela est réaliste. Les « de facto states » post-soviétiques sont plus jeunes en existant depuis 1991/1992 ou plus tard. Le continent asiatique a dans quelques cas également le problème des unités de recherche vieux avec une situation de données plus compliquée : Cela est par exemple le cas pour le « Karen State » (émergence 1949, « parent state » Birmanie), le Katchin State (émergence 1961, « parent state » Birmanie) ou le Mindanao (émergence 1973, « parent state » Philippines) (Florea 2014 : 7). L'actualité récente, la pertinence géopolitique depuis 1991 jusqu'à aujourd'hui, la probabilité de pertinence de futur ainsi que l'absence des « vieux cas » difficilement à opérationnalisés sont des arguments en faveur de l'analyse de l'espace post-soviétique et ses « de facto states ». c) Contexte historique Dans les mouvements séparatistes et les « de facto states » qui seront présentés dans les sections suivantes des tendances pro-russes (fortes) peuvent être identifiées (Popescu 2005: 24, Devyakov 2012: 54, Tudoroiu 2012: 141, 142). Cela est par exemple le cas dans les régions séparatistes de la Moldavie (Gagaouzie, Transnistrie), de la Géorgie (Ossétie du Sud, Abkhazie) et de l'Ukraine (Crimée, Donbass). Contrairement aux « de facto states », les « parent states » indiqués (Moldavie, Géorgie, Ukraine) ont montré des tendances pro-européennes et des accords de partenariat et de coopération (Partnership and Cooperation Agreement (PCA)) et des accords d'association ont été offert à ces pays de la part de l'Union européenne (Popescu 2005: 24, Devyakov 2012: 54, Tudoroiu 2012: 141, 142). d) Cadre théorique Afin de répondre à la question de recherche, des théories sur la sphère politique – en analysant les structures gouvernementales et d'opposition dans « de facto states » –, sur la sphère militaire – en analysant l'assistance d'un pouvoir extérieur (russe) en faveur des mouvements sécessionnistes –, et sur la sphère de l'environnement sociale et économique – en analysant les situations économiques et sociales dans les « de facto states », seront appliquées aux régions séparatistes (unités de recherche). J'ai choisi plusieurs secteurs d'analyse (facteurs externes : assistance militaire, facteurs économiques et sociales, structures politiques gouvernementales et d'opposition) afin d'éviter une analyse inéquitable (one-sided). Des analyses tenant compte de seulement un facteur explicatif risquent de produire des fausses causalités (spurious relationships). En analysant seulement un facteur explicatif on risque de produire des résultats qui ne satisfont pas les standards minimaux de recherche. Pour cette raison, un research design avec plusieurs secteurs s'analyse (A. Sécurité-militaire, B. Politique, C. Environnement économique et sociale) a été choisi. i) Justification de la sélection des théories Pour ce projet de thèse, des approches structuralistes et socio-économiques seront sélectionnées, qui seront accompagnées avec une analyse théorique des facteurs externes qui analyseront le rôle potentiel des pouvoirs externes (russe). Un des éléments essentiels de cette thèse est l'analyse et l'explication des « résultats » (régime change et stabilité des « de facto state » oui ou non), tandis l'explication des « motives des acteurs étatiques pour certaines actions » ne joue pas un rôle majeur. Cette configuration influencera le choix des théories. Concernant la sélection des théories, l'auteur avait également des entretiens avec des chercheurs. L'auteur de ce projet de thèse ainsi que ces chercheurspensent que les approches structuralistes et socio-économiques sont certes moins connues que les théories classiques des relations internationales comme le « Réalisme/Néo-Réalisme », l' « Institutionnalisme », le « Libéralisme (Libéralisme Classique, Intergouvernementalisme Libérale) » ou le « Constructivisme ». Néanmoins, les personnes évoquées pensent également que les grandes théories classiques des relations internationales utilisent des concepts très larges et globaux, et ainsi il est parfois difficile de générer des hypothèses précises pour la rédaction d'un texte scientifique bien précis au niveau analytique. Tandis que les grandes théories des relations internationales utilisent des concepts très larges et globaux comme « pouvoir » (Réalisme Classique), « recherche/poursuite de sécurité » (Néo-Réalisme) ou le concept des « valeurs partagés » (Constructivisme/Constructivisme sociale) (Stanford Encyclopedia of Philosophy 2010, 2017), les théories structuralistes et socio-économiques sont spécifiquement pour cette question de recherche plus précises en analysant des concepts moins globales et plus concrets comme les structures spécifiques des gouvernements concernés, les structures spécifiques de l'opposition, une coopération potentielle entre opposition et élites (approches structuralistes), les chiffres liés à la situation sociale ou les configurations économiques (approches socio-économiques) (Stanford Encyclopedia of Philosophy 2010, 2017). Cela permet de mieux analyser le « résultat » : « de facto state » / « regime durable » oui ou non; donc dans quelles condition un « regime change » aboutira à une création d'un « de facto state » durable, ayant la capacité de se stabiliser, peuvent être réalisés. i) Facteurs externes : Soutien des mouvements sécessionnistes de la part d'un pouvoir externe (russe) Selon Adam Przeworski - qui critique plusieurs approches essayant d'expliquer le changement de régime et la stabilisation durable - des facteurs contextuels devraient être inclus dans les analyses scientifiques sur ce sujet (Przeworski 1979). Le projet de thèse montrera que le rôle d'assistance militaire d'un pouvoir extérieur en faveur d'un « de facto state » dans des moments de menaces pourrait compter parmi les facteurs important pour expliquer le changement de régime et la stabilisation durable des « de facto states ». Ce pouvoir militaire sera la Fédération Russe qui a soutenu certains « de facto states » post-Soviétique de manière efficace, tandis que le gouvernement russes était plus défensive en ce qui concerne l'assistance à d'autres « de facto states ». En Géorgie, la Fédération Russe a par exemple effectivement assisté aux deux régions séparatistes Ossétie du Sud et Abkhazie dans le cadre de guerre entre la Russie et la Géorgie en 2008, ce qui a renforcé clairement ces deux « de facto states » qui sont aujourd'hui presque complètement isolé de la Géorgie et qui ont établi des structures quasi-gouvernementales. Par contre, le rôle de la Fédération Russe en Adjarie était différent. La Russie a certes soutenu le régime d'Aslan Abashidze pendant 1991 et le début des années 2000. Par contre, au moment, ou le gouvernement géorgien a réintégré l'Adjarie en Géorgie de manière plus ou moins complète, une assistance Russes n'était presque pas existante. En Moldavie, la Russie a fortement soutenu la Transnistrie dans la guerre de 1992 et a aidé à créer un « de facto state » tandis que la Fédération Russe était assez coopérative face à la deuxième région séparatiste en Moldavie, la Gagaouzie, mais le degré de cette assistance ne peut pas être comparé au cas de la Transnistrie qui a reçu un plus grand soutien. Le rôle militaire de la Fédération Russe au Donbass ainsi qu'en Crimée était très grand. L'objectif de cette section sera d'évaluer le rôle de la Fédération Russe face à l'émergence ainsi que la stabilité des « de facto states » post-Soviétiques. ii) Les théories politiques : les approches structuralistes Les approches de théorie politique qui seront appliquées dans le projet de thèse naissent du structuralisme. Les théoriciens des approches structuralistes soulignent que des régimes politiques changent, s'ils ne sont pas bien structurés (Lichbach 1981 : 51). Les théoriciens distinguent d'une part entre les structures gouvernementales et d'autre part les structures de l'opposition politique. Selon une perspective structuraliste, une combinaison entre des structures gouvernementales faibles et des structures d'opposition politique bien organisées déclenchera des changements révolutionnaires de régime avec une perspective de futur-durabilité du nouveau régime (D'Anieri 2006 : 337, 341, Huntington 1981 : 167, Lichbach 1981 : 50). En effet, les structures d'Etat sont le facteur décisif de succès ou d'échec d'un essaie de changement révolutionnaire durable de régime, par exemple lancé par un mouvementent sécessionniste ayant l'objectif de créer un « de facto state ». Cela implique également qu'un régime politique – par exemple un « parent state » – qui est confronté avec des pertes de réputation, liées par exemple à des crises sociales ou économiques, n'aboutit pas nécessairement à un changement (révolutionnaire) de régime étant donné que ces pertes peuvent être compensées par des structures de gouvernement fortes et des structures d'opposition faibles. Parmi les auteurs cités dans ce travail qui ont publié sur les structures de gouvernement et d'opposition comptent Ted Robert Gurr, Harry Eckstein, Mark Irving Lichbach, Samuel Paul Huntington ainsi que Paul d'Anieri. (1) Des structures gouvernementales faibles – un indicateur de changement (révolutionnaire) de régime avec une perspective de futur-durabilité du nouveau régime Dans les théories structuralistes, le terme de relations de pouvoir politique (power relations) est essentiel. Les auteurs académiques distinguent entre les relations de pouvoir politique cohérentes et des relations de pouvoir politique incohérentes (Gurr 1974, Lichbach 1981 : 54, 55). Selon Gurr, la monopolisation du pouvoir politique peut être considérée étant qu'élément d'un Etat autocratique, tandis que l'existence de plusieurs centres de pouvoir institutionnalisés qui sont ouverts à la participation de citoyens peut être considérée comme élément centrale des systèmes démocratiques (Gurr 1974 : 1487). Des Etats avec des relations de pouvoir politique incohérentes partagent des caractéristiques des systèmes de gouvernement différent et peuvent ainsi disposer par exemple des éléments démocratiques ainsi que des éléments autocratiques (Lichbach 1981 : 56). Ces systèmes pourraient garantir d'un côté la liberté de presse ou permettre au parlement de dissoudre le pouvoir exécutif dans certaines circonstances, mais pourraient d'autre part régulièrement manipuler les élections en faveur d'un groupe politique certain. Des théoriciens comme Ted Robert Gurr pensent que les pays avec des relations de pouvoir incohérentes sont non seulement plus vulnérables pour un changement révolutionnaire de régime mais aussi pour une augmentation de la probabilité de stabilité du nouveau régime (=émergence durable d'un nouveau régime), tandis que les Etats avec des relations de pouvoir cohérentes, comme des Etats complètement autocratique (cohérent) ou des Etats complètement démocratique (cohérent) ne sont pas de victimes de tels processus (Lichbach 1974 : 1496). Cnudde et Neubauer ont argumenté qu'il est difficile pour un Etat de permettre d'une part certaines liberté et de supprimer d'autre part certains droits de liberté dans une période de temps longue (Cnudde et Neubauer 1969 : 511). Les pays avec des relations de pouvoir autocratiques cohérentes seraient clairement plus capables de supprimer efficacement des mouvements sécessionnistes, souhaitant par exemple de fonder un « de facto state » avec des nouvelles structures de gouvernement révolutionnaires (Cnudde et Neubauer 1969 : 511). Les indicateurs empiriques pour déterminer la nature des relations de pouvoir seront (1) le recrutement de l'exécutif, (2) le degré de pouvoir et les restrictions de l'exécutif, (3) les caractéristiques générales de l'exécutif, (4) la possibilité de la participation des citoyens à la politique, (5) la centralisation de pouvoir et (6) le degré de contrôle gouvernementale (Gurr 1974 : 1486, 1487). (2) Des structures d'opposition bien organisées – un autre indicateur de changement (révolutionnaire) de régime avec une perspective de futur-durabilité du nouveau régime Les théoriciens ayant analysé les structures d'oppositions soulignent que la probabilité de changement durable de régime avec une perspective future augmente, si une opposition est bien organisée (D'Anieri 2005 : 335). Ainsi, les forces politiques de l'opposition sont plutôt capables de mobiliser les masses et d'atteindre un « tipping point » (D'Anieri 2005 : 335). Un « tipping point » sera défini étant que moment ou un mouvement séparatiste atteigne une masse critique (D'Anieri 2005 : 335). Le seul fait d'être bien organisé étant que mouvement séparatiste n'est pas encore suffisant. Un autre facteur essentiel peut être l'existence des menaces crédibles (« credible threats ») (D'Anieri 2006 : 337). Par contre, le facteur le plus décisive concernant les structures d'opposition est une coopération potentielle entre les partis d'opposition et les élites de la société qui formeront une vaste alliance sociétale (Huntington 1968 : 302, 303, 304, D'Anieri 2006 : 337). Une telle alliance sera capable d'augmenter efficacement la probabilité de changement de régime avec une perspective de futur-durabilité (Zimmermann 1981 : 167). Les élites du militaire ainsi que les élites intellectuelles et économiques sont indiqués comme des exemples pour les acteurs décisifs dans ce processus (D'Anieri 2006 : 346). iii) Les théories économiques et sociales : les approches fonctionnalistes Dans cette section, il sera testé, si des facteurs économiques et sociales ont contribué aux changements révolutionnaires et à la stabilité durables des « de facto states ». Les approches fonctionnalistes formeront le cadre théorique de cette section. Tandis que les approches structuralistes soulignent que les changements durable de régimes auraient lieu à cause d'une combinaison de mauvaises structures gouvernementales et des structures d'opposition bien organisées, les théoriciens fonctionnalistes maintiennent que les raisons principales pour le changement de régimes sont plutôt des performances des régimes qui sont perçues par les citoyens comme des mauvaises performances (Lichbach 1981 : 58, 59). Des exemples pour des telles performances négatives sont les secteurs de l'économie et du social (Lichbach 1981 : 58, 59, 60). Dans son ouvrage académique, « Political Performance, Political Support and Political Stability : The Globus Framework », Widmaier a construit un framework des indicateurs empiriques de la performance sociale et économique (Widmaier 1982). Les indicateurs de performance politico-sociale seront (1) le degré de paiement publique de transfert, (2) le taux de scolarisation, (3) les conditions générales de santé ainsi que (4) la distribution de revenues et propriété (Widmaier 1982 : 35, 36). En effet, la performance économique sera mesurée par les indicateurs empiriques suivants : (1) le salaire réel par individu, (2) le taux des impôts, (3) le déficit du gouvernement, (4) la croissance économique, (5) le taux de chômage, (6) le taux de pauvreté et (7) le taux d'inflation (Widmaier 1982 : 31, 34). En générale, selon Widmaier, la probabilité de changement de régime augmente dans les pays qui sont économiquement et socialement plus faibles (Widmaier 1982 : 36). e) Hypothèses Afin de garantir une cohérence en termes de méthodologie de recherche correcte (research methodology), pour chaque cas/unité de recherche les mêmes hypothèses seront testées. Il y a sept unités de recherche, étant les « de facto states » ou régions séparatistes suivantes : 1. Gagaouzie (Moldavie), 2. Transnistrie (Moldavie), 3. Abkhazie (Géorgie), 4. Ossétie du Sud (Géorgie), 5. Adjarie (Géorgie), 6. Crimée (Ukraine), 7. Donbass : Louhansk/Donetsk (Ukraine). Il y a huit hypothèses qui seront formulées de manière suivante : A. Hypothèses de la section politique : Structures de gouvernement et d'opposition H1 : Si les relations de puissance politique (power relations) dans un régime politique sont incohérentes, la probabilité de changement révolutionnaire de régime et de la stabilité du « de facto state » (=émergence durable) augmente. H2 : Si les relations de puissance politique (power relations) dans un régime politique sont cohérentes, la probabilité de changement révolutionnaire de régime et de la stabilité du « de facto state » (=émergence durable) diminuera. H3 : La probabilité de changement révolutionnaire de régime et de la stabilité du « de facto state » (=émergence durable) augmente, si des alliances sociétales entre les élites et des groupes d'opposition bien organisés existent. H4 : La probabilité de changement révolutionnaire de régime et de la stabilité du « de facto state » (=émergence durable) diminuera, si une coopération entre les élites et l'opposition n'existe pas. B. Hypothèses de la section sécurité et assistance militaire H5 : La probabilité de changement révolutionnaire de régime et de la stabilité du « de facto state » (=émergence durable) augmente au moment d'assistance militaire d'un pouvoir extérieur (russe) en faveur du mouvement sécessionniste. H6 : En cas de manque d'assistance militaire d'un pouvoir extérieur (russe) en faveur du mouvement sécessionniste, la probabilité de changement révolutionnaire de régime et de la stabilité du « de facto state » (=émergence durable) diminuera. C. Hypothèses de la section environnement économique et sociale H7 : S'il y des bonnes conditions de d'environnement économique et sociale, la probabilité de changement révolutionnaire de régime et de la stabilité du « de facto state » (=émergence durable) diminuera. H8 : S'il y des mauvaises conditions de d'environnement économique et sociale, la probabilité de changement révolutionnaire de régime et de la stabilité du « de facto state » (=émergence durable) augmentera. f) Donnés et variables empiriques à testées Les données et les variables empiriques à testées seront sélectionnées selon les variables d'intérêt des théories utilisées (Théories structuralistes, théories socio-économiques, rôles pouvoirs externes). Les tableaux suivants résumeront les données ainsi que les variables empiriques à testées. Y : Explication de l'émergence durable des « de facto states » post-soviétique J'ai longtemps réfléchi à intégrer des méthodes quantitatives dans le projet de recherche en effectuant des analyses de régression multi-variates que je maîtrise grâce à ses connaissance du programme STATA. Malheureusement, l'utilisation des méthodes quantitative serait dans le cas spécifiques de « de facto states » post-soviétiques scientifiquement risquant à cause d'une taille petit « n » du nombre des cas. Afin d'utiliser des méthodes quantitatives, parmi eux, les analyse de régression, un « n » minimum de 30 cas où encore mieux de 40 cas serait nécessaire. Etant donné que cela n'est pas le cas, ce travail sera plutôt une analyse qualitative qui contient des « case studies » comparatives avec les unités de recherche suivantes : 1. Gagaouzie (Moldavie), 2. Transnistrie (Moldavie), 3. Abkhazie (Géorgie), 4. Ossétie du Sud (Géorgie), 5. Adjarie (Géorgie), 6. Crimée (Ukraine), 7. Donbass : Louhansk/Donetsk (Ukraine). Comme déjà expliqué, les huit hypothèses, générées selon les théories évoquées, seront appliquées à tous les cas. Les données et les variables à testées seront mesurées comme expliquées dans les tableaux en haut (X1, X2, X3, X4). Le Y est l'explication de l'émergence durable des « de facto states » ayant une perspective de futur-stabilité.

  • Titre traduit

    How to explain the emergence and stability of 'de facto states' in the post-Soviet space? A comparative analysis of separatist regions and recent as well as former 'de facto states' in Moldova (Transnistria, Gagaouzia), Georgia (Abkhazia, South Osset


  • Résumé

    Research project Anton Eichberger How to explain the sustainable emergence of “de facto states” in the post-Soviet space? A comparative analysis of recent as well as former “de facto states” in Moldova (Transnistria, Gagauzia), Georgia (Abkhazia, South Ossetia, Adjara) and Ukraine (Crimea, Donbass: Luhansk, Donetsk) Table of contents: 1. Justification of the choice of the research question and academic relevance of the topic 2. Structure of the thesis project a) Research question b) Case selection c) Historical context d) Theoretical framework i) Justification of the choice of the theoretical framework ii) The role of external factors: Support of secessionist movements by an external (Russian) power iii) Political theories: Structuralist approaches (1) Weak government structures – an indicator of regime change and long-term stability of de facto states? (2) Well organized opposition structures – another indicator of regime change and long-term stability of de facto states iv) Theories of the social and economic environment e) Hypotheses f) Data, operationalization and variables to test g) Empirical analysis h) Conclusion 1. Justification of the choice of the research question and academic relevance of the topic Since the breakdown of the Soviet Union and the end of the Cold War, radical changes of the spheres of politics, economy and security have been triggered in the former states of the Soviet Union. Several post-Soviet states, such as Ukraine and Georgia tried to orient their policies on the Western hemisphere and the European Union (EU), whereas others rather maintained their political relations, due to reasons of history and economic dependence, with the Russian Federation. A common phenomenon, which can be discovered in several post-Soviet states since the beginning of 1990s, are the so-called de facto states. According to Pegg, the term of de facto states will be defined as “secessionist entity that receives popular support and has achieved sufficient capacity to provide governmental service to a given population in a defined territorial area, over which it maintains effective control for an extended period of time (Pegg 1998: 1). De facto states tend to be only recognized by a very limited number of states (Pegg 1998: 1). De facto states stem from secessionist movements which have built quasi-governmental structures, and consider themselves as sovereign entities from the country, they formally belong to. The countries, from which the de facto states aim to get separated, will be defined as “parent states”. According to Pegg, a “parent state” will be considered as “[…] an internationally recognized state entity from which a secessionist movement and potentially future de facto state is trying to break away (Pegg 1998: 1).” Another crucial research term will be the so-called “parent states”, which are according to Pegg “ an internationally recognized state entity, providing security guarantees, political and economic support to the de facto states and their governments (Pegg 1998: 1). Moldova, Georgia as well as Ukraine serve as examples of “parent states”, which have faced the problem of secessionist movements and the emergence of de facto states. The de facto states and secessionist movements to be analysed will be: 1. Gagauzia (Moldova), 2. Transnistria (Moldova), 3. Abkhazia (Georgia), 4. South Ossetia (Georgia), 5. Adjara (Georgia), 6. Crimea (Ukraine), 7. Donbass (Luhansk/Donetsk). The Russian Federation can be considered as the patron state of the above-mentioned de facto states and secessionist movements. Whereas particular de facto states, such as Adjara or Gagauzia could be more or less re-integrated in the former “parent state”, other separatist regions (South Ossetia, Abkhazia, Transnistria, Crimea and Donbass) are nearly entirely lost for their (former) parent states. Considering these diametrically opposed outcomes, the following thesis aims at explaining the so-called “durable emergence” of de facto states. The term durable emergence contains two dimensions (Lichbach 1981: 51). (1) First, a revolutionary regime change and the “simple” emergence of a de facto state within a “parent state”. (2) Second, the creation of a de facto state which is also stable in the future with a very weak probability to be re-integrated into the “parent state”. For that reason, the author of this research project mentions cases of success (stable de facto states) as well as cases of failure, in which the de facto state has been re-integrated into the “parent state”. Basically, he aims at understanding and explaining this different outcome in the case of post-Soviet de facto states. This leads to the following research question: How to explain the sustainable emergence of “de facto states” in the post-Soviet space? A comparative analysis of recent as well as former “de facto states” in Moldova (Transnistria, Gagauzia), Georgia (Abkhazia, South Ossetia, Adjara) and Ukraine (Crimea, Donbass: Luhansk, Donetsk) The period of analysis will last from 1991 (breakdown of the Soviet Union) until today. The end of the Soviet Union will be starting point of the analysis, since it allowed new dynamics of independence to be developed. Academic relevance Concerning the academic relevance of the topic, several aspects have to be indicated: The topic of post-Soviet de facto states can be considered as important issue of international relations for more than 26 years. In 1991, tensions between Moldova and the secessionist movement in Gegauzia could be identified. One year later, in 1992, tensions in the second Moldovan secessionist region, Transnistria even caused a civil war between latter separation movement and parent state Moldova. This war triggered the emergence of the new de facto state Transnistria, which has been supported by the 14th Army of the Russian Federation. After a Transnistrian attack against last police station, controlled by Moldovan forces in the city of Tighina/Bender, the Moldovan President Mircea Snegur, initialized a counter attack (Tudoroiu 2012: 141). This counter attack caused a Russian military response in favor of the Transnistrian separatist movement, which lead to the military defeat of Moldovan troupes (Tudoroiu 2012: 141). Having inflicted defeat on Moldovan military forces, Russia, whose forces are stationed in Transnistria since 1992, assisted Transnistria in building quasi-governmental structures (Roper 2001: 108, 109, Tudoroiu 2012: 141). Furthermore, the subject of post-Soviet de facto states was not only a political factor in 1992. On the contrary, it is still a recent topic nowadays. In 2004, one year after the Georgian Revolution and the end of the government of Eduard Shevardnadze, the new government, led by Mikhail Sakashvili also succeeded in re-integrating the Georgian separatist region Adjara in a more or less complete manner in the Georgian parent state. Adjara could be especially between 1991 and 2004 be considered as a de facto state, isolated from Georgia, which established quasi-governmental structures under the reign of Aslan Abashidze and his political party, the “Democratic Revival Union” (International Crisis Group 2004: 3, Green 2009: 2). Whereas Adjara is rather unknown in today's media coverage, Abkhazia and South Ossetia can be considered as the more commonly known Georgian secessionist movements. As a consequence of the Georgian-Russian War in 2008, Georgia lost control over the two regions in a quasi-total manner (Bundeszentral für politische Bildung 2013). Russian troops are stationed until today in the two regions, which have – as so-called de facto states – built quasi-independent government structures, isolated from Georgia, theor parent state (Bundeszentrale für politische Bildung 2013). Concerning the relevance question, it has to be mentioned that the Adjaran case has, as indicated above, not yet received the media-related and scientific attention which it potentially deserves. Therefore, this research project could also contribute to a more detailed scientific research of the Adjaran case. The most recent examples of separatist movements and the emergence of post-Soviet de facto states can be discovered in Ukraine. Since 2014, the conflicts on the Crimean peninsula ant in the Donbass region have been militarized and resulted in the annexation of Crimea to the Russian Federation and the emergence of quasi-governmental structures in Luhansk as well as Donetsk, which are located in the Donbass region (Bundeszentrale für politische Bildung 2015). All this suggests that the topic of de facto states can be considered as recent and relevant subject from 1991 onwards until today. Furthermore, it is of utmost importance that the subject tends to be rather under-researched. Academic literature on the topic exists, but the research has to still room to be intensified. Researchers and experts such as Dembinska and Campana share this point of view in one of their publications (Dembinska, Campana 2017). The thesis project could contribute to extend academic research on the topic of post-Soviet de facto states and try to better explain why certain de facto states are able to survive in a more or less sustainable way, whereas others are relatively fast reintegrated into the “parent state”. 2. Structure of the thesis project The thesis will be structured as follows. After a first general introduction to the topic, the research question will be defined, before the historical context will be elaborated in the following section. Having presented the theoretical framework by presenting the different theories (social-economic theories, political-structural structural theories, theories relating to external factors), which aim at explaining the revolutionary change and the stability of post-Soviet de facto states, the next section will be dedicated to the formulation of eight hypotheses (see following sections).The eight hypotheses will be applied to the seven cases (seven separatist regions). Furthermore, the data as well as the empirical variables will be explained. a) Research question How to explain the sustainable emergence of “de facto states” in the post-Soviet space? A comparative analysis of recent as well as former “de facto states” in Moldova (Transnistria, Gagauzia), Georgia (Abkhazia, South Ossetia, Adjara) and Ukraine (Crimea, Donbass: Luhansk, Donetsk) d) Theoretical framework In order to answer the research question, different theoretical approaches will be applied and tested: Theoretical approaches analyzing governmental and opposition structures of the de facto states, theories describing the role of the assistance of an external (Russian) power in favor of the secessionist movements as well as theoretical approaches on the social and economic environment in the de facto states. I chose several sectors of theoretical analysis (external factors: military assistance, economic and social factors, government and opposition structures) in order to avoid a one-sided analysis. Analyses referring only to one explicative factor tend to produce spurious relationships and do not satisfy the standards of methodological research. Taking this into account, a research design with several sectors of analysis (A. External factors/military assistance, B. Structuralism, C. Economic and social environment) was chosen. i) Justification of the theories For this research project, structuralist and socio-economic approaches have been selected and will be complemented by a theoretical analysis of external factors (potential role external (Russian) powers). One crucial element of this thesis is the analysis is the explanation of results (regime change and stability of de facto states: yes/no), whereas the motives of state actors for certain actions do not play a major role. This configuration will influence the choice of theories. Concerning the selection of the theories, the author hold conversations with researchers. The author and the researchers share the conviction that structuralist and socio-economic approaches are certainly less known than the classical theories international relations, such as “Realism/Neo-Realism”, “Institutionalism”, “Liberalism (Classical Liberalism, Liberal Intergovernementalism)” or “Constructivism”. Nevertheless, the above-mentioned individuals also tend to think that the classical theories of International Relations utilize large and global concepts, which makes it sometimes difficult to generate precise hypotheses on the analytical level. Whereas the classical theories of International relations use large and global concepts such as “power” (Classical Realism), “striving of security” (Neo-Realism) or the concept of “shared values” (Constructivism/Social Constructivism) (Stanford Encyclopedia of Philosophy 2010, 2017), structuralist and socio-economic theories are specifically for this research question more precise by analyzing less global and more concrete concepts like specific government and specific opposition structures, a potential cooperation between opposition and elites (structural approaches), concrete numbers, related to the social situation and the economic configurations (socio-economic approaches) (Stanford Encyclopedia of Philosophy 2010, 2017). This allows to better analyze the “result”: de facto state/stable regime: yes or no, meaning, under which condition regime change will trigger the creation of a durable de facto state, having the capability of stabilizing itself. ii) External factors: Support of secessionist movements by an external (Russian) power According to Adam Przeworski, who criticizes several approaches aiming at explaining regime change and durable regime stabilization, contextual factors shall be included in the scientific analysis of the subject (Przeworski 1979). The following research project will illustrate that the role of military assistance of an external power in favor of the potential de facto state in moments of threat could be one of the crucial factors to explain regime change and the sustainable stabilization of de facto states. The Russian Federation can be considered as this kind of external military power, which has one the one hand effectively supported certain post-Soviet de facto states, whereas it acted more defensively with regard to the assistance of other potential de facto states. Basically, the Russian Federation effectively supported the two separatist regions South Ossetia and Abkhazia by military means during the Georgian-Russian War in 2008, which effectively promoted the existence and stability of of the latter de facto states, which succeeded in building quasi-governmental structures and are today nearly completely isolated from their “parent state” Georgia. Contrary to the latter cases, the role of the Russian Federation in Adjara was different. Russia certainly supported the regime of Aslan Abashidze between 1991 and the beginning of the years 2000. But in a moment of threat, in which the Georgian government tried to re-integrate Adjara into Georgian statehood, Russian assistance was nearly inexistent. In the end Adjara was re-integrated into the Georgian “parent state”. In Moldova, the Russian Federation strongly supported Transnistria during the Moldovan-Transnistrian War of 1992 and helped to successfully create a still existing de facto state, whereas the Russian Federation also somehow assisted the second Moldovan separatist region, Gagauzia, but to clearly lesser extent. As commonly known, the military role of the Russian Federation in the Donbass region as well as on the Crimean peninsula was considerable. The basic aim of that section will be the evaluation of the role of the Russian Federation with regard to the emergence as well as the stability of the post-Soviet de facto states. iii) Political theories: structuralist approaches Representatives of structuralism underscore that political regimes breakdown and change, if they are not structured properly (Lichbach 1981: 51). Hereby, theorists of structuralism distinguish between government structures on the one hand and opposition structures on the other hand. According to a structuralist perspective, a combination between weak government structures and well-organized opposition structures causes revolutionary regime change along with a perspective of future durability of the new regime (D'Anieri 2006: 337, 341, Huntington 1981: 167, Lichbach 1981: 50). Basically, state structures are the decisive factor of success or failure with regard to durable regime change. Furthermore, this implies that a political regime, for example a “parent state”, which is facing losses in reputation, related to a social or economic crisis, does not necessarily fall victim to revolutionary regime, since these losses can be compensated by strong government and weak opposition structures. Among the authors, having published scientific texts and books on government and opposition structures, are Ted Robert Gurr, Harry Eckstein, Mark Irving Lichbach, Samuel Paul Huntington as well as Paul D'Anieri. (1) Weak government structures – an indicator of regime change and long-term stability of de facto states? In general, structuralist theorists consider the term of power relations as crucial element of regime change and stability. Hereby, the academic authors distinguish between consistent and inconsistent political power relations (Gurr 1974, Lichbach 1981: 54, 55). According to Gurr, the monopolization of political power can be considered as an element of an autocratic state, whereas the existence of several centers of institutionalized power can be considered as a central element of a democratic system (Gurr 1974: 1487). States with inconsistent power relations exhibit characteristics of different government systems, containing for example democratic as well as autocratic elements (Lichbach 1981: 56). These systems could guaranty freedom of press or grant a given parliament to dissolve the executive under certain circumstances, but could on the other hand regularly manipulate elections in favor of a certain political group. Theorists, such as Ted Robert Gurr underscore that countries with inconsistent power are not only more vulnerable to revolutionary regime change, they neither can probabilistically prevent the stability of the new (successor) regime (=sustainable emergence of a new regime). Besides, states with consistent power relations, such as consistently autocratic or consistently democratic states do not tend to fall victim to these kinds of processes (Lichbach 1974: 1496). In this regard, Cnudde and Neubauer argue that it is difficult for a government to allow certain liberties on the one hand and to suppress other rights on the other hand over a longer period of time (Cnudde and Neubauer 1969: 511). Therefore, states with consistently autocratic power relations are more capable of effectively undermining secessionist movements than states with a mixture of autocratic and democratic elements (Cnudde and Neubauer 1969: 511). The empirical indicators determining the nature of power relations will be (1) the recruitment of the executive, (2) the degree of power and restrictions of the executive, (3) the basic characteristics of the executive, (4) the possibility of citizens to participate in the political process, (5) the centralization of power and (6) the degree of governmental control (Gurr 1974: 1486, 1487). (2) Well organized opposition structures – another indicator of regime change and long-term stability of de facto states Researchers analyzing opposition structures underscore that the probability of durable regime change (with a perspective of future stability) rises, if an opposition is well-organized (D'Anieri 2005: 335). In this case, political opposition forces are rather capable of mass mobilization and reacing a critical mass, called tipping point (D'Anieri 2005: 335). Nonetheless, it has to be pointed out, that the fact of being solely well-organized is not yet sufficient to attain the above mentioned aim. Taking this into consideration, a potentially essential factor could be the existence of “credible threats” of the opposition against the government (D'Anieri 2006: 337). Furthermore, the most crucial factor with regard to opposition structures is a potential cooperation between the opposition parties and the societal elites, who can establish a broad societal alliance (Huntington 1968: 302, 303, 304, D'Anieri 2006: 337). This kind of alliance will be capable of efficiently increasing the probability of regime change and perspective of future stability of a potential new regime (Zimmermann 1981: 167). Military as well as economic elites are indicated as potential examples in this process (D'Anieri 2006: 346). iv) Socio-economic theories: Functionalist approaches In the following section the potential contribution of economic and social factors to revolutionary regime change the sustainable stability of de facto states will be tested, suggesting that so-called functionalist approaches will be applied. Whereas structuralist approaches underline that durable regime change is rooted in a combination of weak government structures and well-organized opposition structures, representatives of functionalist approaches maintain that the principal reasons of regime change are rather performance-related (Lichbach 1981: 58, 59): Generally speaking this means that regimes, whose performances in the political, economic or social sector are perceived as insufficient by the population, tend fall victim to regime change (Lichbach 1981: 58, 59, 60). In his academic publication, “Political Performance, Political Support and Political Stability: The Globus Framework”, Widmaier has constructed a framework of empirical indicators of social and economic performance (Widmaier 1982: 35, 36). The indicators of social-political performance will be (1) the degree of public payments and transfers, (2) the enrollment rate, (3) general health conditions as well as (4) the distribution of income and property (Widmaier 1982: 35, 36). Furthermore, the economic performance will be operationalized by the following indicators: (1) real wage by individual, (2) tax rate, (3) government deficit, (4) growth rate, (5) unemployment rate, (6) poverty rate as well as (7) the inflation rate (Widmaier 1982: 31, 34). e) Hypotheses In order to guarantee a methodological consistence, the same hypotheses will be tested on any research unity. Eight hypotheses will be tested on the following seven research units: 1. Gagauzia (Moldova), 2. Transnistria (Moldova), 3. Abkhazia (Georgia), 4. South Ossetia (Georgia), 5. Adjara (Georgia), 6. Crimea (Ukraine), 7. Donbass (Luhansk/Donetsk). A. Hypotheses of the political section: Government and opposition structures H1: If the political power relations in a political regime are inconsistent, the probability of revolutionary regime change and the stability of the de facto state (=sustainable emergence) will increase. H2: If the political power relations in a political regime are consistent, the probability of revolutionary regime change and the stability of the de facto state (=sustainable emergence) will decrease. H3: The probability of revolutionary regime change and the stability of the de facto state (=sustainable emergence) will increase, if societal alliances between elites and well-organized opposition groups exist. H4: The probability of revolutionary regime change and the stability of the de facto state (=sustainable emergence) will decrease, if societal alliances between elites and the opposition groups does not exist. B. Hypotheses of the section security and military assistance (external factors) H5: The probability of revolutionary regime change and the stability of the de facto state (=sustainable emergence) will increase in the moment of military assistance by an external (Russian) power in favor of the de facto state. H6: In case of the lack of military assistance by an external (Russian) power in favor of the de facto state, the probability of revolutionary regime change and the stability of the de facto state (=sustainable emergence) will decrease. C. Hypotheses of the section economic and social environment H7: If economic and social conditions are perceived as well established, the probability of revolutionary regime change and the stability of the de facto state (=sustainable emergence) will decrease. H8: If economic and social conditions are perceived as insufficient, the probability of revolutionary regime change and the stability of the de facto state (=sustainable emergence) will increase.