La dynamique masculin/féminin dans la dernière période de la création littéraire de Marguerite Duras (1980-1996) à travers ses romans et récits

par Elahe Aghazamani

Projet de thèse en Littératures française et francophone

Sous la direction de Mireille Calle-Gruber.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Littérature française et comparée (Paris) , en partenariat avec Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (établissement de préparation) et de Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité (Paris) (laboratoire) depuis le 21-11-2009 .


  • Résumé

    Cette thèse est née d’un vide documentaire autour de tout un pan de l’œuvre de Duras : ses ultimes années (1980-1996), année parfois décriées, alors qu’elles nous paraissent sa période la plus aboutie. Duras, dans cette dernière période, a écarté toute velléité psychologisante et a préféré structurer ses récits autour de certains archétypes (comme l’archétype de l’homme idéal incarné par Andréa, le petit frère ou Ernesto) tout en décalage avec les modes et notre temps en général. Ce retour à une littérature archaïque participe à la recherche de Duras d’une « féminologie » plus radicale que chez Antoinette Fouque. Mais qui, comme chez cette dernière, a à voir avec la sorcière de Michelet. Seule, la sorcière est capable de percevoir l’indicible et de le retranscrire, non par la magie du Verbe (schéma tout droit emprunté du logos du Dieu-mâle), mais la force du non-dit. Cette abdication devant la rhétorique, Duras l’a alors faite sienne. Ainsi, l’homme longtemps attendu, Yann Andréa, vient compléter la romancière. Cet archétype, en se faisant chair, insuffle en elle de la recréation littéraire, comme il en allait pour les dames du Moyen-Âge inspirées par leur jeune champion. Notre approche inédite de Duras tente à montrer comment elle a traité de la manière archaïque/anachronique ce que d’autres considèrent comme les problèmes contemporains du couple. Il ressort de ce décalage sciemment cultivé par Duras une dialectique que nous appelons : « dynamique du masculin/ féminin dans la dernière période de la création littéraire de Marguerite Duras (1980-1996) à travers ses romans et récits ».

  • Titre traduit

    The dynamic of masculine/feminine in the last period of literary creativity of M.D. through her novels and narratives.


  • Résumé

    The idea for this thesis arose from a certain documentary void regarding a whole segment of Duras' work : her final years...despite being a period in which she often came in for harsh criticism, seem to us her most fruitful and accomplished, during which she avoided dwelling on the psychology of her protagonists, and opted for a narrative structure based more upon certain archetypes (such as that of the ideal man, epitomised by Andréa, the younger brother, or Ernesto) hence going against modern trends. This return to an archaic style of literature is symptomatic of Duras' quest for an even more radical "feminology" than that of Antoinette Fouque. But is similar in its connection with Michelet's witch. Only the witch/sorcerer is capable of detecting the unspeakable and retranscribing it, not by the magic of the Word (directly borrowed from the male-God logos) but by the force of the unsaid. Thus Duras assumes this abdication in the face of rhetoric. So the long-awaited male, Yann Andrea, finally joins the novelist. This flesh and blood archetype inspires in her a new sense of literary ceativity like certains ladies in the Middle Ages inspired by their champions. Our novel approach to Duras tries to show how she treated in an archaic/anachronistic way what others considered as the couple's contemporary problems. What emerges from this carefully crafted discrepancy is a form of dialectic we'll call "The dynamic of masculine/feminine in the last period of literary creativity of M.D. through her novels and narratives.