L'apport de la neuro-imagerie à l'étude des modèles cognitifs

par Gihane Ait el aouad

Projet de thèse en Philosophie (métaphysique, épistémologie, esthétique)

Sous la direction de Jean gael Barbara.

Thèses en préparation à Paris 7 depuis le 14-04-2010 .


  • Résumé

    La neuro-imagerie est utilisée dans un certain nombre d'études de diverses fonctions cognitives. mais, ces études permettent-elles d'améliorer la construction de nouveaux modèles théoriques des fonctions cognitives ? la neuro-imagerie fonctionnelle permet-elle de révéler les corrélats physiologiques cérébraux de fonctions cognitives et psychophysiologiques? les modèles fonctionnels actuels (ceux établi pour la lecture ou le calcul) réalisés grâce à des techniques d'imagerie cérébrale permettent-ils une meilleure compréhension du fonctionnement du cerveau ? l'utilisation de l'imagerie cérébrale va-t-elle permettre d'affirmer que les circuits neuronaux fonctionnent en parallèle? la neuro-imagerie permet-elle de démontrer l'existence d'une décomposition des régions cérébrales en sous-fonctions ? de plus, à quoi la fonction doit-être associée : à la structure du réseau neuronal ou encore à l'activité hémodynamique. a propos de l'apport de la neuro-imagerie, deux positions peuvent se défendre : d'une part, selon certains scientifiques et épistémologues, les techniques de neuro-imagerie sont des outils fondamentaux bouleversant les sciences cognitives et favorisant les sciences du cerveau. d'autre part, d'autres scientifiques considèrent que la neuro-imagerie englobe un ensemble de techniques très coûteuses, sans aucune portée théorique ayant pour seul objectif de faire obstacle à l'essor dans le domaine, en accaparant l'attention et des budgets financiers de recherche onéreux, pour au final offrir une image ultra- réductionniste loin d'être favorable à des discussions avec d'autres disciplines en sciences. pour avoir moi-même effectué trois stages en laboratoire comprenant une majeure partie sur l'imagerie (dont deux en imagerie cérébrale), je souhaiterai mettre en avant ma position à travers les paragraphes suivants. de mon point de vue, j'estime que la réalisation de modèles cognitifs toujours plus élaborés va servir à représenter des processus spécifiques et préalablement décrits par diverses disciplines constitutives des sciences cognitives. a mon humble avis, la neuro-imagerie permet de visualiser ou d'identifier le fonctionnement cérébral d'une fonction cognitive avec la plus grande précision et justesse possible, tout en prenant le soin de fournir davantage d'informations sur la compréhension des processus analysés en respectant les contraintes. la neuro-imagerie semble jouer le rôle de relais de la réflexion épistémologique. en effet, elle permet de révéler des processus abstraits et d'identifier grâce à une observation en temps réel les régions cérébrales impliqués dans ces mécanismes. l'association entre les modèles cognitifs et l'épistémologie devrait avoir pour objectif la confection de modèles de la cognition remettant constamment en question leurs bases et implications épistémologiques afin d'améliorer et d'affiner les étapes constitutives d'un modèle grâce à la neuro-imagerie. de plus, ce couplage permet de réfléchir à une épistémologie par et pour le développement de nouveaux modèles de plus en plus précis offert par l'imagerie cérébrale. ainsi, je pense qu'il serait judicieux de se demander si l'apport d'une neuro-imagerie développée et forte pourrait changer de manière radicale les sciences cognitives et offrir de nouveaux modèles (beaucoup plus précis) de la cognition. j'estime qu'il ne faut pas s'arrêter sur l'idée préconçue que la neuro-imagerie ne fournirait que des réponses sans interrogations en considérant qu'elle ne constitue qu'un ensemble de techniques offrant des ‘photographies' tout en présentant des faits sans aucune théorie. au contraire, la neuro-imagerie permet de révéler des opérations élémentaires qu'elle relie à un substrat, à des mesures physiologiques en se basant sur la théorie. il faut savoir que le principal problème en sciences est d'insérer des contraintes expérimentales qui permettent la modification des décompositions initiales. ainsi, nous comprenons que la neuro-imagerie permet d'obtenir de nouvelles contraintes et par conséquence, permet d'affiner les résultats pouvant être à l'origine d'une modification des décompositions initiales. les décompositions hypothétiques des processus cognitifs (ou physiologiques) sont à la base d'un raisonnement critique nécessaire à la découverte de modèles mécanistes beaucoup plus appropriés et précis. cette méthode suppose l'association de fonctions à un substrat sous-jacent.


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