La bande dessinée hébraïque entre médium transnational et singularité locale : la représentation de l'Arabe palestinien de 1934 à nos jours

par Léon Halperyn

Thèse de doctorat en Langues, civilisations et sociétés orientales

Sous la direction de Michèle Tauber.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Langage et langues (Paris) , en partenariat avec Centre des Etudes Arabes et Orientales (Paris) depuis le 27-11-2017 .


  • Résumé

    La bande dessinée hébraïque, entre médium transnational et singularité locale : la représentation de l’Arabe palestinien de 1934 à nos jours.La bande dessinée hébraïque émerge au milieu des années trente dans la Palestine mandataire. Les rares artistes travaillant dans ce domaine servent le projet national juif (sioniste) par conviction, notamment le premier bédéiste, Arié Navon et l’auteure de textes pour enfants, la poétesse Léah Goldberg. La bande dessinée locale se réapproprie les codes narratifs du genre, importés d’Europe et des États-Unis, regroupant des composantes graphiques universelles et singulières juives hébraïques. D’un statut marginal avant 1948, elle s’affiche dans la presse israélienne des années soixante-dix et aliment vingt ans plus tard un marché rentable. Jusqu’alors un ou deux artistes - Ouri Fink - vivent de leur art seul sans recourir à des activités annexes (caricature, illustration, enseignement). La bande dessinée s’institutionnalise dans les années 2000 (expositions, festival, prix). Le parcours humain et professionnel de l’artiste impacte directement sur les choix esthétiques et idéologiques privilégiés dans le contenu de sa série. La bande dessinée hébraïque est à l’image de la société où il vit et qui, par ses normes, autorise (ou non) sa diffusion. Y étudier la représentation de l’Arabe, c’est repérer les contours d’un stéréotype visuel. L’Arabe imaginaire résulte d’une transposition graphique de la projection artistique que s’en fait l’artiste. Essentiellement faire-valoir du héros juif israélien, dans un récit où il met le plus souvent en valeur ce dernier, le personnage de l’Arabe est catégorisé positif, neutre, négatif selon les images auxquelles il est associé. La déformation physique est le plus souvent absente, n’excédant pas certaines conventions caricaturales, à l’exception notable de Dry Bones (Ya‘aqov Kirschen) et Tchoutchik ou le secret du château d’Ismaïl El-Badr (Élichéva / Yariv Amatsiah). Dans un contexte de guerre, ce personnage échappe difficilement à une catégorisation négative car il symbolise souvent l’ennemi réel (ou imaginaire) du pays.

  • Titre traduit

    The Hebrew Cartoon between Transnational Medium and Local Singularity : the Representation of the Palestinian Arab from 1934 to the Present Day


  • Résumé

    The Hebrew Cartoon, between Transnational Medium and Local Singularity: the Representation of the Palestinian Arab from 1934 to the Present Day The Hebrew comic strip emerged in the mid-1930s in Mandate Palestine. The few graphic artists who worked in this field serves by conviction the Jewish national project (Zionist). Among them the first cartoonist, Arié Navon and the author of children's texts, the poet Léah Goldberg. The local comic strips follow the genre's narrative codes imported from Europe and from the United States and bring together universal graphical components and singular Jewish-Hebrew ones. Initially considered marginal, criticized before 1948, by comparison with the supposedly noble and beautiful Hebrew letters, the comic strips display in the Israeli press of the seventies and nourishes twenty years later a profitable market. Till then, one or two artists (Ouri Fink) live off their art without having to resort to other side activities (caricature, illustration, teaching). The comic strip becomes institutionalize in the years 2000 (exhibitions, festival, awards). The artist's human and professional career has a direct impact on the aesthetic and ideological choices he puts forward in the content of his series. The Hebrew cartoon reflects the society the authors live in, whose standards authorize (or not) art's dissemination. The imaginary Arab results from a transposition of the artist's artistic projection. Essentially confined to a role of the Israeli Jewish hero's stooge, in the context of a story where its participation aims to highlight the latter, the Arab character is categorized as positive, neutral or negative according to the images associated with it. The physical deformation is mostly absent, other than through the caricatural conventions, with the significant exception of Dry Bones (Ya‘aqov Kirschen) and Chuchik or the secret of the castle of Ismail El-Kaader (Élichéva / Yariv Amatsiah). In a war context, this character avoids the negative categorization because it often symbolizes the real enemy (or an imaginary one) of the country.