Passages de voix : quand les langues du poème créent l'inconnu du langage

par Frédérique Cosnier (Cosnier-Laffage)

Projet de thèse en Littératures française et francophone

Sous la direction de Serge Martin.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Littérature française et comparée (Paris) , en partenariat avec Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité (Paris) (laboratoire) depuis le 28-11-2017 .


  • Résumé

    Le concept de passages de voix s’appuie sur une poétique de la relation où le corps est indissolublement lié au langage. Il permet de sortir des dualismes qui nous empêchent encore trop souvent de penser le continu oral-écrit, corps-écriture, écriture-lecture, par les notions de rythme et d’oralité. En questionnant des textes théoriques faisant de la voix le lieu de la poésie, historicisé, social et culturel (Meschonnic, Martin, Rabaté, Dessons entre autres), et en s’appuyant sur un corpus essentiellement mais non exclusivement contemporain, la thèse se demande si le passage de voix pourrait être l’invention réciproque et infiniment relancée qui fait naître au présent un sujet d’écriture imprévisible et un sujet de lecture jusqu’alors inconnu. Il s’agit d’explorer différents terrains d’observations, celui des lectures performées de poètes actuels, d’enregistrements et de commentaires d’enregistrements de poèmes, mais aussi celui de la didactique et de la traduction, pour envisager les conséquences poétiques, langagières et éthiques du passage, où les œuvres, par leurs circulations de sujet en sujet, remettent perpétuellement en jeu leur propre présent.

  • Titre traduit

    Voice passages : when the languages of the poem create the unknown of language


  • Résumé

    The concept of voice passages is based on the poetics of a relationship wherein the body is inextricably linked to language. It allows us to escape dualisms that all too often prevent us from conceiving the oral-written, body-writing, writing-reading continuum, through the notions of rhythm and orality. By questioning theoretical texts which make the voice the historicalized, social and cultural place of poetry (Meschonnic, Martin, Rabaté, Dessons among others), and by relying on a corpus that is essentially but not exclusively contemporary, this thesis wonders if the voice passage could be the reciprocal and infinitely relaunched invention which gives rise in the present to an unpredictable writing subject, and a hitherto unknown reading subject. It is a question of exploring different fields of observation, that of performative readings of contemporary poets, of recordings and commentaries of poetry recordings, but also of didactics and translation, in order to consider the poetic, linguistic and ethical consequences of the passage, where the works, through their circulations from subject to subject, perpetually bring their own present into play.