Romans (en) wolof : traduction et configuration d'un genre

par Alice Chaudemanche

Thèse de doctorat en Littérature générale et comparée

Sous la direction de Xavier Garnier.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Littérature française et comparée (Paris) , en partenariat avec Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité (Paris) (laboratoire) depuis le 03-10-2017 .


  • Résumé

    À partir d’un corpus plurilingue qui mêle romans écrits en wolof, auto-traductions en français, romans écrits en français et œuvres littéraires traduites en wolof, la thèse questionne le rôle de la traduction dans le développement du roman en wolof et montre comment ce genre s’invente à la croisée des langues. La première partie définit les différentes configurations culturelles qui au cours de l’Histoire ont modelé la relation entre la littérature wolofe et l’étranger par le truchement de la traduction : la mise en forme d’un corpus d’ethnotextes à l’époque coloniale (passé), le développement d’un contre-corpus africophone tourné vers la littérature à venir (futur), l’affirmation de la légitimité des langues africaines au sein de la Bibliothèque mondiale avec la collection Céytu lancée en 2016 (présent). La deuxième partie esquisse les grandes lignes de la poétique du roman en wolof. Elle montre qu’il est conçu comme un Bildungsroman visant à former un citoyen éclairé, éveillé à la diversité et ouvert sur l’altérité, y compris celle de sa propre langue. Plus qu’un genre, le roman apparaît comme un mode de transmission. Le livre n’est qu’un support possible du récit qui se raconte à haute voix. La troisième partie explore la poétique translingue de trois romancier(e)s digraphes qui présentent trois modalités différentes d’intégration de la traduction dans la création romanesque : la traduction-réconciliation chez Mame Younousse Dieng, l’invention d’une nouvelle langue-de-traduction chez Cheik Aliou Ndao, la traduction comme prolongement de la fable chez Boubacar Boris Diop.

  • Titre traduit

    Wolof novels : translation and configuration of a literary genre


  • Résumé

    Based on a multilingual corpus of novels written in Wolof, self-translations into French, novels written in French, and literary works translated into Wolof, this dissertation questions the role of translation in the development of the novel in Wolof and shows how this genre gets invented at the crossroads of languages. The first part defines the different cultural configurations that have historically shaped the relationship between Wolof literature and the foreign through translation: the shaping of a corpus of ethnotexts in the colonial era (past), the development of an African-speaking “counter-corpus” oriented towards future literature (future), and the assertion of the legitimacy of African languages within the World Library with the Céytu collection launched in 2016 (present). The second part outlines the poetics of the novel in Wolof. It shows that it is conceived as a Bildungsroman which aims to form an enlightened citizen, awake to diversity and open to otherness, including that to be found in his own language. More than a genre, the novel appears as a mode of transmission. The book is only one possible support for the story that needs to be told aloud. The third part of the dissertation explores the translingual poetics of three digraphic novelists who illustrate three different modalities through which translation is integrated into the process of novel creation: Mame Younousse Dieng’s translation-reconciliation, Cheik Aliou Ndao’s invention of a new language-of-translation, and translation as an extension of the fable in Boubacar Boris Diop’s work.